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Les marchés d’actions ont prolongé leur reprise de part et d’autre de l’Atlantique, dans un environnement redevenu plus favorable aux actifs risqués à la faveur d’un reflux du pétrole et d’un regain d’optimisme sur le front géopolitique. En Europe, le CAC 40 a progressé de 1,12 % à 8 327 points, tandis que les contrats à terme suggèrent une ouverture globalement stable ce matin.
À Wall Street, la dynamique est restée très soutenue, en particulier sur les grandes valeurs de croissance. Le Nasdaq 100 a signé une dixième séance consécutive de hausse avec un gain de 1,81 % à 25 842 points, revenant à proximité immédiate de ses records historiques, tandis que le S&P 500 a avancé de 1,18 % à 6 967 points, lui aussi proche de ses sommets.
Le principal soutien macroéconomique de la séance est venu de la publication des prix à la production aux États-Unis. En mars, le PPI a progressé de 0,5 % sur un mois, soit un niveau nettement inférieur au consensus de 1,1 %, alors que la hausse annuelle s’est établie à 4 % contre 4,6 % attendu par le marché. Le signal est important car il indique que la pression inflationniste en amont de la chaîne de production a été moins forte qu’anticipé, même si elle reste élevée en rythme annuel et en accélération par rapport aux 3,4 % observés en février.
Dans le détail, cette progression a été largement tirée par l’énergie, dont les prix ont bondi de 8,5 %, sous l’effet de la flambée des carburants provoquée par les tensions géopolitiques récentes. Autrement dit, la surprise favorable sur le PPI ne traduit pas une disparition des tensions inflationnistes, mais plutôt une intensité moins sévère que prévu par le consensus. Ce point est essentiel pour le marché, car il permet de réduire à court terme la crainte d’un emballement plus marqué de l’inflation importée via le choc pétrolier, même si la remontée des coûts énergétiques continue de peser sur la visibilité des prochains mois.
Cette lecture macroéconomique a contribué à renforcer l’idée que l’économie américaine encaisse pour l’instant mieux que prévu le choc géopolitique et énergétique. Le marché a ainsi choisi de retenir la modération relative du PPI plutôt que la dégradation de certaines perspectives globales, dans un contexte où les rendements obligataires se sont seulement légèrement détendus. Cela montre que les investisseurs restent constructifs sur les actions, mais sans pour autant considérer que le risque inflationniste a disparu.
Sur le front microéconomique américain, les grandes banques ont ouvert la saison des résultats sur une tonalité globalement solide. Citigroup a publié un début d’année très robuste, avec un bénéfice net en hausse de 42 % et des revenus en progression de 14 %, ce qui a soutenu le titre. JPMorgan Chase a également dépassé les attentes avec un bénéfice net de 14,49 milliards de dollars au premier trimestre et un bénéfice par action de 5,94 dollars, soit un niveau supérieur de plus de 8 % au consensus. Wells Fargo a pour sa part annoncé un bénéfice net de 5,25 milliards de dollars et un BPA de 1,60 dollar, conforme aux attentes, mais la réaction boursière a été négative, signe que le marché attendait davantage qu’une simple publication sans surprise.
En Europe, l’attention s’est concentrée sur le luxe, avec des publications qui ont confirmé un environnement plus contrasté pour le secteur. Kering a annoncé un chiffre d’affaires de 3,57 milliards d’euros au premier trimestre, en baisse de 6 % en données publiées mais stable en comparable. Derrière cette stabilisation apparente, la situation de Gucci continue de peser lourdement, avec des ventes de 1,3 milliard d’euros en recul de 14 % en données publiées et de 8 % en comparable. Le groupe a toutefois mis en avant une amélioration séquentielle, une bonne tenue de l’Amérique du Nord et une montée en puissance progressive des nouvelles collections, tout en maintenant son objectif de retour à la croissance et d’amélioration des marges en 2026.
Le contraste est venu des autres métiers du groupe, qui ont apporté des points d’appui plus solides. La joaillerie a enregistré une croissance de 22 % en comparable, confirmant son rôle de moteur de croissance au sein du portefeuille, tandis que l’activité Eyewear a progressé de 7 % en comparable avec un chiffre d’affaires record de 489 millions d’euros. Le marché reste néanmoins focalisé sur la capacité de Gucci à redresser durablement sa trajectoire, en particulier en Chine, où la marque demeure plus en difficulté que plusieurs concurrents.
Hermès a également publié des chiffres de bonne qualité, mais légèrement inférieurs aux attentes du marché. Les ventes ont progressé de 6 % à taux de change constants, contre 7,1 % attendu par le consensus, tandis que le chiffre d’affaires publié a reculé de 1 % à 4,07 milliards d’euros sous l’effet défavorable des changes, pour un impact de 290 millions d’euros. Le groupe a surtout été pénalisé par la baisse des flux touristiques liée au conflit au Moyen-Orient, avec un recul de 6 % des ventes dans cette région à 160 millions d’euros. Même si la croissance reste solide au regard du contexte, le marché a retenu le léger manque par rapport aux attentes, ce qui explique une réaction plus prudente.
À Paris, Eurofins Scientific s’est distingué parmi les hausses après l’annonce d’un accord de cession de Met Labs à UL Solutions. Le titre a progressé de 5,52 %, le marché saluant une opération qui renforce la discipline dans la gestion du portefeuille d’activités et alimente une lecture plus favorable de la création de valeur.
La séance du jour s’annonce encore dense sur le plan macroéconomique et microéconomique. En zone euro, les investisseurs surveilleront à 11h00 la production industrielle de février, attendue en hausse de 0,3 % sur un mois mais en repli de 1 % sur un an, un indicateur utile pour évaluer l’état de la dynamique manufacturière européenne. Aux États-Unis, l’indice manufacturier Empire State de la Fed de New York sera publié à 14h30 avec un consensus à 0,30, puis le Livre Beige de la Réserve fédérale à 20h00 apportera un éclairage plus qualitatif sur l’évolution de l’activité, des tensions sur les prix et des conditions de demande selon les différentes régions américaines.
Côté entreprises, la séquence des résultats bancaires se poursuivra avec les publications de Bank of America et Morgan Stanley aux États-Unis, qui permettront d’affiner la lecture du trimestre sur les métiers de banque de détail, de banque d’investissement et de marché. En Europe, les investisseurs suivront Hermès International, Kaufman & Broad et Exail Technologies, dans une séance où la capacité des entreprises à préserver leurs marges et leur dynamique commerciale dans un contexte encore instable restera au centre de l’attention.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Techniquement, l’indice parisien a inscrit un chandelier acheteur de qualité avec une réintégration du gap baissier, signalisant une dynamique de reprise à court terme. L’objectif immédiat reste la poursuite du comblement de ce gap, avec des replis intraday sous les 8 300 points constituant une première zone d’achat tactique.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est positif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario haussier est valable tant que l’indice CAC 40 cote au dessus du support à 7940.00 points.
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