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Sous une pluie battante de résultats trimestriels de très grosses capitalisation, Paris qui avait ouvert jeudi en forte hausse, aura vu ses gains s'éroder en seconde partie de séance, cédant à la lourdeur de Wall Street, alors que la lisibilité de la trajectoire des taux est brouillée par la publication, hier, d'un rapport fédéral sur l'emploi particulièrement bon.
Rapport qui a agréablement surpris, dans le sens où il a infirmé les récents signes de détérioration du marché de l'emploi. Les salaires horaires moyens ont progressé de 0,4% (0,3% pour le consensus) et le taux de chômage s'est contracté à 4,3% de la population active, contre une stabilisation à 4,4% attendu. Enfin, les créations de postes dans le secteur privé sont ressorties à 130 000, le double de ce que laissaient augurer les attentes médianes des analystes.
"Les investisseurs ont repoussé de juin à juillet la première baisse de taux anticipée dans les contrats à terme sur les Fed Funds, la publication du jour suggérant un moindre besoin d'assouplissement monétaire supplémentaire pour soutenir l'emploi", analyse Jeff Schulze, responsable de la stratégie économique et de marché chez ClearBridge Investments (filiale de Franklin Templeton).
"Le rapport sur l’emploi de janvier fait état d'un marché du travail en net rebond, qui a retrouvé son équilibre après les fragilités observées au second semestre de l’année dernière. Les données sont solides sur l’ensemble des indicateurs, avec un nouveau recul du taux de chômage à 4,3 % et la plus forte progression des créations d’emplois dans le secteur privé depuis la fin de l’année 2024"
"Ce rapport sur l’emploi plutôt satisfaisant pour janvier contraste donc avec les chiffres décevants de la consommation en décembre…et n’offre pas, pour l’instant, d’argument supplémentaire à la Fed pour procéder à de nouvelles baisses de taux", abonde Alexandre Baradez (IG France), avant la publication demain d'un autre repère essentiel pour la Fed, à savoir les prix à la consommation (CPI).
"C’est pour ça que les chiffres d’inflation publiés demain seront importants : même s’il ne s’agit que des chiffres « CPI » (alors que la Fed est surtout focalisée sur l’inflation « PCE »), ils donneront tout de même un sentiment par rapport au degré de pression qui s’exerce toujours sur les prix…et donc sur les consommateurs."
Les prix sont attendus en hausse annualisée de 2,5%, contre 2,7% il y a un mois.
Côté valeurs, 'Hermès a gagné 2,55% après avoir dégagé une croissance de près de 10% au quatrième trimestre, dépassant les attentes logées à 8%. Essilorluxottica, autre valeur de poids en termes de capitalisation boursière, a grimpé de 4,2% après >avoir publié une croissance impressionnante au quatrième trimestre, de plus de 18% hors changes. Michelin a pris 4,9% après avoir signé un "très bon" quatrième trimestre. Legrand a gagné 3% après avoir livré des perspectives pour 2026 "meilleures que ce que beaucoup (nous inclus) redoutaient", dixit Citi. En revanche, Sanofi a perdu 4,2% après avoir annoncé l'éviction de son directeur général, Paul Hudson, qui sera remplacé en avril par Belén Garijo, actuellement directrice générale de Merck KGaA.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé la séance de jeudi dans le rouge vif, à l'image du Dow Jones (-1,34%) et du Nasdaq Composite (-2,03%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 1,57% à 6 832 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1850$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 64,30$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,18%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 60 points de base.
> Quant au VIX, il valait 17,36 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce vendredi, les prix à la consommation aux Etats-Unis à 14h30.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le niveau technique des 8 260 points - niveau clef - avait été franchi sur gap vendredi 09 janvier. Il aura été réintégré rapidement (19 janvier), sur gap encore plus ample, ce qui n'est pas une bonne nouvelle. En une séance seulement, l'indice a effacé tous les gains enregistrés depuis le début de l'année. Jeudi 22 janvier, la vapeur s'est brutalement inversée, avec la formation d'un gap haussier qui brouille les signaux techniques sur indicateurs oscillatoires. L'indice retrouve progressivement une sorte d'équilibre au cœur de son range automnal, au-dessus du seuil symbolique des 8 000 points.
La volatilité historique s'intensifie, provoquant un élargissement notable des bandes de Bollinger, comme nous l'avions connu au tournant du mois d'octobre. L'indice a repris contact avec la borne haute jeudi 12, avant d'inverser la vapeur en séance.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8500.00 points.
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