(BFM Bourse) - Lesté par le nouvel accès de tensions diplomatiques entre Pékin et Washington, ainsi que par le brusque revirement des indices new-yorkais lundi après-midi sur fond de crise sanitaire et d'annonces d'un dirigeant de la Fed, le marché parisien se replie mardi, dans un marché peu animé.
"La fête serait-elle (presque) finie?", c'est la question que se pose le responsable des investissements chez Mirabaud John Plassard au lendemain des propos du président de la Fed de Dallas, Robert Kaplan, "qui a déclaré lundi que les facilités de prêt d'urgence lancées par la banque centrale étaient nécessaires pour soutenir le fonctionnement du marché mais ne seront pas maintenues indéfiniment". Une manière aussi, peut-être, de mettre le hola alors que le S&P était à son tour (re)passé dans le vert depuis le début de l’année et que le Nasdaq continuait de voler de sommet en sommet.
Ces déclarations, couplées à celle du gouverneur californien qui a annoncé la fermeture des bars, des gymnases et des restaurants (à l’intérieur) à cause d’une nouvelle explosion des nouveaux cas de coronavirus, ont provoqué un vif retournement des indices new-yorkais. Le Nasdaq a notamment lâché plus de 4% intraday, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2008 à l'exception du krach du 20 mars dernier. Conséquence directe: au lendemain d'un gain de 1,73%, notamment sur fond d'avancées en vue d'un traitement contre le Covid-19, le CAC rétrocède 1,61% à 4.974,65 points vers 12h10, dans un volume de transactions peu nourri, 14 juillet oblige, de 730 millions d'euros.
Pour ne rien arranger, "les tensions grandissantes entre les États-Unis et la Chine en lien avec les revendications territoriales de Pékin en mer de Chine méridionale pèsent sur le moral", souligne David Madden, un analyste de CMC Markets. La Chine a accusé mardi les États-Unis de "saboter la paix et la stabilité régionales", après des déclarations du chef de la diplomatie Mike Pompeo considérant les revendications de Pékin comme "illégales". Le secrétaire d'État des États-Unis a rappelé qu'un tribunal de la cour permanente d'arbitrage de La Haye avait jugé en 2016 que la Chine n'avait pas de base légale pour revendiquer des "droits historiques " sur cette zone où elle convoite des ressources offshore (pêche et hydrocarbures notamment).
En début d'après-midi, les investisseurs surveilleront le coup d'envoi de la saison des résultats aux États-Unis avec une série de poids lourds, en particulier les banques Citigroup, Wells Fargo et JPMorgan Chase ainsi que ceux de la compagnie aérienne Delta Air Lines.
En termes d'indicateurs, la production industrielle est repartie à la hausse au mois de mai (+12,4%) en zone euro grâce à l'allègement des mesures de confinement, après avoir enregistré une chute historique (-18,4%) en avril, a indiqué mardi Eurostat. Les plus fortes hausses en mai comparé à avril ont été enregistrées en Italie (42,1%) et en France (20%).
La "tech" en souffrance à Paris
Le recul de plusieurs grandes valeurs technologiques la veille à Wall Street (-3% pour Amazon, Microsoft ou encore Tesla, qui avait pourtant pris jusqu'à 17% dans la matinée) se fait clairement sentir: STMicro chute de 4,8%, Worldline de 4,1% et Dassault Systèmes de 3,5%. Le compartiment du luxe est également à la peine avec des replis de 3,6% pour Hermès 2,6% pour Kering et 2,4% pour LVMH.Parmi les rares hausses du CAC, on note celles de Carrefour (+2,4%) et Orange (+2,3%), alors que Jefferies a réitéré sa recommandation à l'achat et confirmé sa cible à 14 euros quand le titre s'échange actuellement sous les 11 euros.
La dégringolade continuait pour Ubisoft (-2,3% vers 12h10) deux jours après une présentation de nouveaux jeux jugée décevante par le marché, alors que l'éditeur est empêtré dans un scandale de harcèlement sexuel.
Les cours pétroliers cèdent du terrain dans la crainte que la mise en place de nouvelles mesures de confinement dans certains Etats américains ne menace la reprise naissante de la demande. Le baril de Brent recule de 0,66% à 42,44 dollars et celui de WTI lâche 0,87% à 39,75 dollars.
La monnaie unique continue de s'apprécier face au billet vert (+0,13% à 1,1365 dollar), se rapprochant du seuil des 1,14 dollar qui n'a pas été franchi depuis fin mars dernier.