(BFM Bourse) - L'action Credit Suisse chute de près de 10% lundi matin à un plus bas historique, après une poussée des contrats d'échange sur risque de crédit la semaine passée. Selon le Financial Times, la banque aurait passé le week-end à essayer de rassurer ses clients et investisseurs sur sa santé financière.
L'action Credit Suisse a débuté la séance en baisse de près de 10% face à la nervosité des investisseurs qui alimente les rumeurs de presse et de marché quant aux projets de son directeur général pour redresser la banque.
D'après le Financial Times, la banque a passé le week-end à essayer de rassurer ses clients et investisseurs alors que les contrats d'échange sur risque de crédit, ou credit default swaps (CDS), ont grimpé la semaine passée, a affirmé le quotidien financier britannique dans son édition de dimanche. La banque a également envoyé vendredi une nouvelle note interne à ses employés, consultée par l'AFP, leur assurant que la banque dispose d'une "solide base de capitaux et de liquidités".
Une action au plus bas historique
En chute libre, l'action Credit Suisse a enfoncé un nouveau plus bas historique en début de séance, à 3,58 francs suisses avant de rattraper une partie de ses pertes. A 7H54 GMT, le titre s'échangeait à 3,67 francs suisses, en baisse de 7,70%.
Les Bourses européennes chutent également. Vers 10h40, le CAC 40 est en repli de 1,46%, le DAX allemand de 1,28% et le Footsie 100 de 1,04%.
Depuis mars 2021, l'action Credit Suisse a perdu plus de 70% de sa valeur. La faillite de la société financière britannique Greensill puis l'implosion du fonds américain Archegos en mars 2021 avaient marqué le début des déboires de la banque, depuis secouée par des scandales à répétition.
Elle doit faire le point le 27 octobre lors de ses résultats trimestriels sur la revue stratégique menée par son nouveau directeur général, Ulrich Körner, pour redresser l'établissement.
"Monter tel le phœnix"
Dans sa note aux employés, le directeur général a expliqué ne pas pouvoir leur donner davantage de détails avant cette date mais a promis de faire le point avec eux "régulièrement" en attendant cette échéance. Le patron s'est dit conscient des incertitudes et bruits de marché, ne doutant pas qu'il y en aura d'autres d'ici fin octobre.
Mais il a aussi évoqué une récente conférence dans la gestion de fortune dont le thème était "Monter tel le phœnix", ce qui est selon lui "une bonne métaphore pour ce que nous voulons accomplir", a écrit M Körner à ses employés.
Des rumeurs d'augmentation de capital
La semaine passée, le Financial Times avait affirmé que la banque envisageait de scinder sa banque d'investissement en trois, notamment pour mettre sur pied une unité de défaisance regroupant des activités qui pourraient être vendues.
La banque chercherait ainsi à s'épargner une dommageable augmentation de capital, avait rapporté le quotidien financier britannique, citant des sources proches du dossier sans les nommer.
D'autres rumeurs avaient au contraire suggéré que la banque pourrait procéder à une augmentation de capital mais aussi éventuellement envisager une option plus drastique consistant à largement se retirer du marché américain, ce que la banque avait fermement réfuté.
(Avec AFP)