(BFM Bourse) - Jeudi à la mi-séance, l'indice phare CAC 40 évolue dans le rouge, pour la troisième séance d'affilée, dans l'attente du verdict de la BCE en début d'après-midi, qui constitue le point fort de cette semaine pour les marchés.
La tendance plutôt baissière des dernières séances n'évolue guère, sans surprise, ce jeudi à peu de temps de l'annonce des dernières décisions de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Vers 12h20 le CAC 40 pointe à 6.652,04 points, un repli supplémentaire de -0,25%. Les volumes d'échanges s'inscrivent à 820 millions d'euros.
La "quiet period" qui s'impose en principe aux gouverneurs peu de temps avant une décision officielle a été troublée mercredi par Robert Holzmann (visiblement pas dissuadé par le rappel à l'ordre qu'il s'était attiré l'an dernier pour les mêmes faits). L'Autrichien a indiqué que la BCE serait peut être en mesure de normaliser sa politique monétaire plus tôt que prévu, nouvelle illustration du ton qui monte du côté des "faucons" de l'institution.
Il y a de quoi être surpris par les positions très ouvertes et fortes exprimées par de nombreux gouverneurs et la capitulation des "colombes", avec une absence totale de réaction à cette accumulation de déclarations évoquant une réduction du soutien, pointe Erick Muller, directeur produits et Stratégie d'investissement chez Muzinich & Co. "Il semble qu'il y ait plus qu'un simple ajustement marginal en jeu, avec une décision possible d'un cadre pour mettre fin aux programmes d'urgence dans les deux prochains trimestres", estime le spécialiste, s'attendant à l'annonce d'une baisse du PEPP (programme de rachats d'obligations), de 80 milliards d'euros par mois à 60 milliards d'euros, tandis que l'autre programme d'achat d'actifs (APP) resterait inchangé à 20 milliards d'euros par mois pour le moment. Cependant "étant donné que l'offre nette d'obligations d'État en euros devrait diminuer au quatrième trimestre de 2021 et compte tenu des ajustements de prix des obligations d'État en euros déjà observés au cours des deux dernières semaines, nous ne pensons pas que la confirmation d'un tel ajustement du PEPP pousserait isolément les rendements des obligations d'État en euros beaucoup plus haut", conclut Erick Muller.
Le palmarès des 40 titres de l'indice phare ne fait pas apparaître de variation particulièrement marquée, en dehors d'un rebond technique de Safran (+2%) après cinq séances consécutives dans le rouge qui ont envoyé le titre à un plus bas depuis novembre 2020, et d'une baisse de 1,4% de Renault qui envisage la fin de son partenariat avec Brilliance dans les utilitaires en Chine.
Chargeurs au sommet
Le reste de la cote parisienne une nouvelle fois se montre relativement animé. Chargeurs revient sur ses sommets annuels vers 25 euros, gagnant près de 10% après des résultats semestriels largement supérieurs aux attentes - le bénéfice de la période dépassant même les estimations du consensus pour l'ensemble de l'exercice. Interparfums reprend 3,4%, effaçant une bonne partie de ses pertes de la veille sur une publication de résultats pas si alarmante qu'il n'y paraît (comme souvent). Le savoyard spécialiste mondial des volets roulants, Somfy, profite également d'une belle publication (comme souvent là aussi), à un énième record historique de 173 euros (+2,6%).
Côté biotechs, le démarrage de la dernière phase des essais cliniques pour la molécule d'Inventiva contre la NASH s'accompagne d'une hausse prudente (+1,7%).
Les cours pétroliers repartent vaguement de l'avant, à 72,84 dollars le baril de Brent (+0,24%) au après l'annonce d'une diminution moindre qu'attendu des stocks de brut, selon l'API.
À 1,1834 dollar, l'euro de son côté se montre plutôt ferme avant la BCE, gagnant 0,14%.