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CAC 40

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Cac 40 : Face au reconfinement, la Bourse de Paris reste sonnée

jeudi 29 octobre 2020 à 13h48
La Bourse de Paris est incapable de rebondir

(BFM Bourse) - Après plusieurs changements de direction au cours de la matinée, le CAC repart à la baisse, dans un marché qui digère à la fois les nouvelles mesures de confinement annoncées mercredi soir et de nouvelles publications trimestrielles. La BCE est attendue au tournant cet après-midi.

Indécis en début de matinée, le CAC a fait plusieurs allers-retours en territoire positif puis négatif, avant de s'établir dans le rouge à la mi-journée. Le marché parisien a pourtant bien tenté d'ouvrir en hausse ce matin "dans le sillage d’un rebond technique suite aux lourdes pertes de ces dernières séances" mais "les annonces de (semi) confinement en Allemagne et surtout en France restent dans l’esprit de tous les investisseurs, tout comme les élections américaines de mardi prochain et la publication des résultats des GAFAs ce soir" relevait le directeur des investissements John Plassard dans sa note matinale. Le rebond aura donc tourné court puisque l'échantillon principal affiche de nouveau une perte de 0,55% à 4.546 points peu après 12h30, dans un volume de transactions moins fourni que la veille (1,05 milliard d'euros à ce stade).

La seconde vague qui frappe l’Europe a accéléré la réaction des gouvernements notamment en France et en Allemagne où de nouvelles mesures de confinement ont été décidées. "En anticipation de ces nouvelles annonces le CAC 40 a chuté à son plus bas niveau depuis le 25 mai" et l'indice allemand (le Dax) a connu la même sanction, constate Alexandre Baradez, responsable des analyses marchés d'IG France. "Par rapport à son point haut de lundi, l’indice français a cédé près de 8% en l’espace de trois jours. Ce repli est désormais de 13% par rapport au point haut de juin" note également l'expert, qui souligne qu'il n'y a "toutefois pas eu de surréaction sur les "Futures CAC40" au moment de l’annonce officielle" d'Emmanuel Macron, ce qui s'explique selon lui par "le fait que ce confinement, même s’il aura un impact économique évident, est toutefois plus "souple" que celui du printemps avec une revue au bout de 15 jours pour en mesurer l’efficacité. Différence majeure par rapport au confinement du printemps, les crèches, écoles, collèges et lycées vont cette fois rester ouverts, tandis que l'activité se poursuivra dans les services publics, les usines et le BTP,

Le mouvement actuel sur les marchés apparaît donc, selon Alexandre Baradez, "comme une réplique après l'épicentre du stress en février-mars mais son ampleur devrait être beaucoup plus limitée" avance-t-il.

La pression sur la BCE

Il n'en reste pas moins que face au stress subi par les marchés au cours des trois derniers jours, la BCE est encore plus attendue au tournant. "Confrontée à des pressions déflationnistes durables et à un désancrage des anticipations d'inflation, la BCE doit aussi faire face au risque de récession en zone euro en fin d’année. Bien qu’il est probable qu'elle attende (...) décembre pour agir, il est évident que la BCE devra adopter un ton suffisamment accommodant cet après-midi pour convaincre les marchés qu’elle se tient prête à intervenir. Christine Lagarde [la présidente de la BCE] va devoir ouvrir la porte à une augmentation du programme de rachats d’actifs, ce qui paraît le scénario le plus probable", ont déclaré les analystes de Saxo Banque. Pour rappel, les dernières décisions de l'autorité monétaire datent de juin, lorsque la BCE avait ajouté une rallonge de 600 milliards d'euros au programme d'urgence de 750 milliards d'achat de dettes annoncé en mars. Les annonces de l'institution sont prévues à 13h45 heure de Paris, avant une conférence de presse de la patronne de l'institution à partir de 15h.

Solides publications de Sanofi, Orange, Worldline et Nexity

Dans l'attente des annonces de la BCE, les opérateurs sont encore occupés à faire le tri dans une nouvelle salve de publications trimestrielles plutôt convaincantes. Sans oublier d'autres actualités plus surprenantes, comme le nouvel accord trouvé par LVMH et le joaillier américain en vue d'un mariage, sur la base d'un prix revu à la baisse, de 135 à 131,5 euros par action. Le titre du n°1 mondial du luxe cède 0,2%.

Les résultats trimestriels traduisent globalement un net rebond de l'activité des fleurons de la cote tricolore par rapport au deuxième trimestre. Le géant pharmaceutique Sanofi a publié un chiffre d'affaires de 9,5 milliards d'euros, en hausse de 5,7% à taux de changes constants pour le troisième trimestre. Il a dans la foulée de nouveau relevé ses objectifs pour son bénéfice net, qu'il anticipe désormais en croissance de 7 à 8% pour 2020, alors qu'il prévoyait auparavant une progression comprise entre 6 et 7%. Son titre lâche toutefois 2,1%. Les groupes de paiements électroniques Worldline et Ingenico, dont la fusion doit permettre de créer le numéro 4 mondial du secteur, ont publié des résultats en ligne ave leurs attentes (CA respectivement en repli de 11 et 14%) et confirmé leurs objectifs annuels globalement conformes à ceux de 2019. Worldline prend 3,3% et Ingenico grappille 0,4%. C'est toutefois l'opérateur télécoms Orange qui domine le palmarès de l'indice phare à 13h10 avec un gain de 5,6% en réaction à des résultats meilleurs qu'attendu, le groupe étant parvenu à renouer avec la croissance.

Au sein du SBF 120, Nexity prend 4,6% à l'annonce d'un repli très limité de son activité sur les neuf premiers mois (-2%) et de l'anticipation d'un rebond de 10% en 2021, confinement ou pas. TF1 a fait état mercredi d'une hausse de 7,5% de ses revenues publicitaires en raison d'un retour progressif des investissements pendant la levée du confinement cet été, ce qui a permis au groupe de médias de tripler son bénéfice net à près de 60 millions d'euros. Le titre flambe (+10,4%). Quant au géant de la restauration collective Sodexo, il a vu son résultat net (part du groupe) s'effondrer sur l'exercice annuel 2019-2020 clos fin août en raison de l'épidémie de Covid-19, passant d'un bénéfice de 665 millions d'euros l'année précédente à une perte de 315 millions d'euros. Le groupe, qui traverse "la plus importante crise de son histoire" selon son directeur général Denis Machuel, s'attend à une chute de 20 à 25% de ses revenus en 2020-2021, mais son titre grignote 1%.

Le pétrole au plus bas depuis mi-juin

Déjà en forte baisse au cours des derniers jours, les cours des références mondiales de pétrole poursuivent leur chute et touchent un plus bas depuis le 15 juin, alors que la propagation rapide du Covid-19 entraîne en Europe des mesures drastiques limitant la consommation de brut. Les investisseurs craignent désormais un déséquilibre du marché alors que l'offre libyenne augmente également plus vite que prévu. À 13h20, le baril de Brent lâche 4,54% à 37,84 dollars quand celui de WTI dévisse de 5,08% à 35,47 dollars.

La monnaie unique continue de lâcher du lest face à un billet vert qui profite une nouvelle fois de son statut de valeur refuge, et cède 0,45% à 1,1697 dollar.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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