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CAC 40

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Cac 40 : D'Elf-Aquitaine à LVMH, 32 années d'évolution du CAC 40 résumées en 2 minutes

mercredi 19 février 2020 à 11h20
D'Elf-Aquitaine à LVMH, 32 années d'évolution du CAC 40 résumées en deux minutes

(BFM Bourse) - France Télécom aux oubliettes, EDF au purgatoire, LVMH au firmament: retour sur l'évolution des plus grosses capitalisations boursières au sein de l'indice phare d'Euronext Paris, depuis sa création en 1988 à aujourd'hui.

Institué sur une base de 1.000 points au 31 décembre 1987 et entré en vigueur le 15 juin 1988, l'indice de référence de la Bourse de Paris regroupe comme son nom l'indique les 40 plus grosses entreprises françaises cotées. Entre stabilité et transformations, notre infographie exclusive vise à mettre en lumière les grandes tendances qui ont modelé le CAC 40 depuis sa création jusqu'en ce mois de février 2020.

La première constatation est celle d'une relative stabilité parmi les plus grosses capitalisations françaises. Sur les dix plus importantes "market caps" à la création, pas moins de quatre (LVMH, BNP Paribas, Total et Air Liquide) sont encore présentes dans le top 10 aujourd'hui. LVMH et Air Liquide y étaient déjà sous leur forme actuelle alors que BNP Paribas est né en 2000 de la fusion de la Banque nationale de Paris et de Paribas (7e du top 10 à la création du CAC). Quant au groupe pétrolier, il s’appelait Total jusqu'en 1999 avant de devenir TotalFina à la suite du rapprochement avec la société belge Petrofina, puis TotalFinaElf après l’acquisition d’Elf Aquitaine en 2000. C’est ce dernier qui jouissait de la valorisation boursière la plus importante en 1988.

Autre preuve de cette stabilité, onze groupes ayant intégré le CAC 40 à sa création et ne l'ont jamais quitté depuis. Il s'agit d'Accor, Air liquide, Carrefour, Danone (ex-BSN), L'Oréal, LVMH Michelin, Saint-Gobain, Sanofi, Société Générale et enfin Vivendi (ex-Compagnie Générale des Eaux).

Au total, seulement huit entreprises ont tour à tour occupé -parfois brièvement- la première place du baromètre parisien. Il s’agit d'Elf-Aquitaine, LVMH, Alcatel-Alsthom, L’Oréal, France Telecom, Total, EDF et Sanofi (citées ici par ordre de leur première accession à cette place).

Il faut également attirer l'attention sur le fait que la référence apparaissant en haut de l’infographie passe de 3 milliards d’euros en 1988 (équivalents à près de 6 milliards d’euros d'aujourd'hui en tenant compte de l’inflation) à 200 milliards d’euros en 2020. En 32 ans, la capitalisation totale du CAC a été multipliée par près de trente, bondissant de 63 milliards à environ 1.860 milliards d’euros.

France Telecom et EDF

Revenons sur deux cas particuliers parmi les huit sociétés à s’être hissées au premier rang des capitalisations tricolores, ceux de France Telecom et EDF. Introduit en Bourse par l’État français en octobre 1997 au prix de 27,7 euros par action, l’opérateur a profité de la bulle Internet qui avait euphorisé le marché en 1999 (+51,1% pour le CAC cette année-là, soit la deuxième meilleure performance annuelle depuis sa création) pour voir sa valorisation multipliée par deux, à plus de 120 euros par titre contre 67 euros au 30 décembre 1998. Le titre France Télécom ne s’arrêtait pas en si bon chemin et allait encore bondir sur les trois premiers mois de l’année 2000 pour toucher un sommet historique à 219 euros début mars, atteignant une capitalisation de 244 milliards d'euros (aucun groupe français n’a dépassé cette valorisation depuis).

Mais, 18 mois plus tard, l'action s’échangeait à moins de 30 euros au terme d’une chute vertigineuse. Entre-temps, le groupe avait racheté un opérateur britannique baptisé Orange, pour la somme faramineuse de 40 milliards d'euros, avant de le fusionner avec ses activités mobiles (Itinéris, OLA et Mobicarte) puis de prendre son nom à partir du 1er juillet 2013. L’opérateur, toujours présent au sein du CAC 40, vaut désormais 34 milliards d’euros (vingtième capitalisation de l’indice phare).

L’autre cas, celui d’EDF, n’est pas moins emblématique de la cote parisienne. Après être passé du statut d’établissement public à caractère industriel et commercial à celui de société anonyme en août 2004, l’entreprise introduisit 15% de son capital (5 millions de petits porteurs ont participé à l’opération) à la Bourse de Paris en novembre 2005, au prix de 32 euros par action, avant d’intégrer le CAC un mois plus tard. Le cours de l’action EDF s’est ensuite envolé de près de 160% en moins de deux ans pour toucher un sommet historique à 85,2 euros début novembre 2007, correspondant à une valorisation d’environ 155 milliards d’euros. Le titre EDF est retiré de l'indice en décembre 2015 en raison d'un flottant trop faible (l'État détient 84,5 % du capital) et de la forte baisse du cours, le titre se négociant alors à environ 13 euros. Parmi les éléments qui justifient ce repli, on peut citer pèle-mêle le rachat risqué d’Areva, la construction erratique de l’EPR de Flamanville (déjà), le vieillissement de ses centrales nucléaires ou une concurrence accrue incarnée notamment par Engie.

La croissance externe, stratégie privilégiée

Autre élément qui ressort assez nettement: les mouvements de consolidation. La majorité des plus grandes capitalisations boursières actuelles n’ont pas multiplié leur valorisation par 30, 40 ou 50 à la seule force de leur croissance organique mais à grands coups de rachats et de fusions-acquisitions. C'est par exemple le cas de LVMH. Avant le récent rachat de Tiffany pour près de 15 milliards d'euros, plusieurs acquisitions avaient façonné le géant du luxe (Sephora en 1997, Tag Heuer, Guerlain et Fendi en 1999, Hublot en 2008, Bulgari et Berluti en 2011 ou encore la maison de couture Christian Dior en 2017).

Expliquant ses changements successifs de nom, le "supermajor" pétrolier Total est issu d'une série de rapprochement au cours des trois dernières décennies. Total est en réalité le nom historique du groupe, devenu TotalFina en juin 1999 après la fusion avec la Compagnie financière belge des pétroles Petrofina, puis TotalFinaElf après l'acquisition d'Elf Aquitaine par offre publique d'échange dans la foulée. À noter que c'est Elf-Aquitaine qui s'apprêtait à lancer une OPA sur Total avant de subir les contrecoups boursiers produits par l'enquête de la juge d'instruction Eva Joly qui avait mis au jour un impressionnant réseau de corruption, mettant en cause des hommes politiques et des grands patrons, pour des détournements totalisant 500 millions d'euros.

Quant au géant pharmaceutique Sanofi, il est issu de la fusion avec Synthélabo en 1999 qui a donné naissance au premier groupe français du secteur. Cinq ans plus tard, Sanofi-Synthélabo a mis la main sur pour 55 milliards d'euros Aventis, groupe agrochimique et pharmaceutique lui-même né de la fusion de l'allemand Hoechst, du français Rhône-Poulenc, du britannique Fisons et des américains Rorer et Marion.

Il en va de même pour les autres pensionnaires du top 10, L'Oréal, Kering (ex-PPR) ont procédé à de nombreuses acquisitions sur les trente dernières années -Hermès de façon beaucoup plus ponctuelle- alors que BNP Paribas est né de la fusion de la Banque nationale de Paris avec Paribas, comme EssilorLuxottica est issu d'un mariage entre le français Essilor et l'italien Luxottica.

Les valeurs technologiques (trop) loin du peloton de tête

Enfin, on relève que, contrairement à la plupart des autres principaux indices boursiers mondiaux (le Dow Jones, le Dax 30 ou encore le Nikkei), le CAC 40 ne compte pas, parmi ses champions, de géant technologique. Microsoft (1er) et Apple (2e) dominent le baromètre du marché new-yorkais, le géant allemand du logiciel SAP est (de loin) le groupe le mieux valorisé à Francfort tandis que NTT Docomo (2e), Sony (3e) et Softbank (4e) figurent en très bonne place dans le classement des plus grosses "market cap" à la Bourse de Tokyo. En France, le premier groupe technologique, Dassault Systemes, se classe seulement 18e.

Point méthodologie : Quelques précisions sur la manière dont les données ont été recueillies et traitées. Celles-ci proviennent de plusieurs sources, notamment de David Le Bris, professeur de finance à Toulouse Business School, que nous remercions ici, et d’Euronext, complétées par les soins de BFM Bourse. Pour plus de clarté, nous avons décidé de convertir l’ensemble des capitalisations boursières en euros courants, sans prendre en compte l’inflation. Si les valeurs absolues peuvent donc parfois être approximatives, ce format exprime clairement les valeurs relatives. Les mentions "ex" et "futur" entre parenthèses ont été ajoutés pour les groupes dont l’entité dont ils sont issus a déjà été parmi les dix plus grosses valorisations (exemple : Alcatel-Alsthom (dans le top 10 à partir de 1991) et CGE (dans le top 10 entre 1988 et 1991, avant le changement de nom). Enfin, les évolutions des capitalisations boursières sont lissées entre deux années -alors qu’en réalité celles-ci ont évidemment fluctué au cours de chaque exercice- car, pour la majorité des années, seule une "photographie" (à un instant t) du CAC était disponible.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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