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Cac 40 : Accablée par les menaces de Trump, la Bourse de Paris dévisse largement

lundi 6 mai 2019 à 12h57
La Bourse de Paris reflue nettement lundi matin après les menaces de Trump

(BFM Bourse) - Les places boursières mondiales s'effondrent lundi matin en réaction aux nouveaux tweets de Donald Trump, qui a menacé d'augmenter les taxes douanières sur 200 milliards d'importations chinoises à compter de vendredi. Le CAC abandonne plus de 2% à la mi-séance.

Coup de semonce. Alors que les représentants américains et chinois ne cessaient de vanter les progrès des négociations -le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin parlait encore d''entretiens fructueux" mercredi dernier- supposées aboutir à un vaste accord commercial entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales, le brusque revirement de Donald Trump prend les investisseurs -et les Bourses mondiales- à contre-pied. Les négociations n'avançant finalement pas assez vite à son goût. Et le président américain a annoncé, dimanche, que 200 milliards de dollars de produits chinois jusque-là soumis à des droits de douane de 10% à leur entrée sur le territoire américain allaient désormais être taxés à hauteur de 25%. Et ce, à compter de ce vendredi.

Initialement programmée pour le 1er mars, cette hausse des taxes douanières avait été reportée à plusieurs reprises, au motif de la bonne volonté manifestée par le camp asiatique. Sa mise en application quasi-immédiate témoigne donc d'un regain de tensions, alors qu'un énième round de négociations devait se tenir à Washington cette semaine. "Devait" car les menaces de Donald Trump auraient sensiblement refroidi Pékin, la presse locale estimant désormais peu probable que Liu He -vice-Premier ministre chinois et négociateur en chef- se rende dans la capitale américaine mercredi, même si le rendez-vous ne semble pas formellement annulé.

"La violence de la décision perturbe"

"S’il s’agit probablement d’un bluff de négociation, le mal est déjà en partie fait sur les marchés et la tendance est très préoccupante" pour Stéphane Déo, stratégiste à La Banque Postale Asset Management. Celui-ci développe : "Cette hausse est-elle un simple coup de bluff pour négocier? C’est tout à fait possible, voire probable, connaissant Donald Trump. Il n’en demeure pas moins que la violence de la décision perturbe. Il faut rappeler que cette décision est négative pour l’économie américaine comme pour l’économie chinoise, et que les deux partis ont intérêt à s’entendre".

D’autre part, et c'est peut-être le plus important, "plus de 90% des biens taxés actuellement étaient des biens intermédiaires, donc des taxes qui n’avaient pas un effet direct sur les prix payés par les consommateurs qui se trouvent aussi être les électeurs (de Donald Trump, NDLR). Étendre les tarifs au reste des importations c’est courir le risque que la taxe à la consommation deviennent plus évidente (un tarif douanier est toujours, à terme, répercuté in fine sur le consommateur final)" conclut Stéphane Déo.

Les Bourses mondiales prises de court

Donald Trump a donc -au moins provisoirement- déterré la hache de guerre après six mois de trêve, provoquant un mouvement général d'aversion pour les actifs risqués. Prises de court par l'annonce surprise du président américain, les Bourses asiatiques ont largement dévissé lundi matin, la Bourse de Shanghai abandonnant 5,58% en clôture, quand celle de Shenzhen lâchait pas moins de 7,38%. Fermée jusqu'à mardi pour cause de jours fériés, les futures sur les indices de la Bourse de Tokyo perdent également 2,3%. L'onde de choc s'est propagé aux Bourses européennes, le Dax allemand perdant 2,05% vers 12h25, une variation identique à celle du CAC 40 à la même heure. Suffisamment rare pour être souligné, aucune valeur de l'indice phare de la cote parisienne n'évolue en territoire positif à la mi-séance.

Les secteurs les plus exposées à la Chine massacrés

Ce sont logiquement les valeurs les plus exposées à la Chine qui tirent les indices à la baisse, luxe et automobile en tête.

Ainsi, dès les premiers échanges, le valeurs automobiles chutaient lourdement sur les places boursières européennes, l'indice STOXX du compartiment abandonnant 3,25%, sa plus forte baisse depuis le 7 février dernier. Peu avant 12h30, les valeurs françaises du secteur évoluent toutes en net recul, constructeurs (-3,6% pour Peugeot et Renault) comme les équipementiers (-5,1% pour Valeo, plus forte baisse du CAC, -5,7% pour Faurecia et -5,8% pour Plastic Omnium tandis que Michelin reculait de 2,5%). Un plongeon collectif qui s'explique par le fait que le marché automobile chinois constitue le premier marché mondial. De plus les investisseurs craignent que le durcissement de ton de Donald Trump ne s'applique également aux négociations entre les États-Unis et l'Union européenne à venir.

Les valeurs du luxe se retrouvent pareillement en première ligne, le marché chinois étant là aussi devenu le principal débouché des leaders tricolores. Les géants du luxe que sont LVMH (-3,4%), Kering (-3%), Hermès (-1,5%) ou encore L'Oréal (-1,2%) reculent ainsi nettement.

Même constat pour le secteur des semi-conducteurs, avec des plongeons de 4,3% pour STMicroelectronics et de 3,1% pour Soitec.

Rares sont les valeurs qui échappent à la purge quasi-généralisée sur la cote parisienne lundi matin. Parmi celles-ci, on retrouve néanmoins Safe Orthopaedics, une petite société du Val d'Oise qui vend des implants pour la chirurgie de la colonne vertébrale et s'adjuge 7,3% après la confirmation du conseil d'achat de GreenSome Finance.

L'or noir suit le mouvement

Enfin, les cours du pétrole suivent le mouvement général et les deux contrats à terme de référence sur le brut (Brent et WTI) ayant reculé de près de 2% lundi matin, avant d'effacer une partie de leurs pertes matinales pour afficher respectivement des replis de 0,8% à 70,20 dollars pour le Brent et de 1,2% à 61,18 dollars pour le WTI vers 12h35. Les deux références ont touché leur plus bas depuis un mois au cours de la matinée, le baril de Brent européen de mer du Nord repassant ainsi sous le seuil des 70 dollars, quand celui de WTI texan est nettement redescendu sous les 61 dollars.

Par ricochet, les valeurs pétrolières et parapétrolières de la cote parisienne subissent des baisses prononcées, à commencer par le "supermajor" Total (-2,5%). Les parapétrolières ne sont pas en reste puisque TechnipFMC signe l'une des pires performances de la matinée avec une chute de 3,6%, tout comme ArcelorMittal dont le titre abandonne 4,1%. CGG (-1,2%), Schlumberger (-2,9%), ou encore Maurel et Prom (-2%) sont également entraînés dans le rouge par le recul du baril lié au regain de tensions commerciales.

Enfin, la parité eurodollar s'affiche quasi-stable vers 13h, à 1,1198 dollar (+0,1%).

Quentin Soubranne - ©2019 BFM Bourse
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