(BFM Bourse) - L’Institut pour les œuvres de religion a travaillé avec Morningstar pour développer deux nouveaux indices de référence en conformité avec les principes moraux de l''Église catholique. La banque du Saint-Siège ne fait pas l'impasse sur la modernité, puisqu'elle privilégie des valeurs exposées aux tendances porteuses de l'électrification, des infrastructures ou de l'intelligence artificielle.
Le Vatican vient de faire estampiller deux indices boursiers conformes aux valeurs de l’Église catholique, auprès de Morningstar, un géant de l'analyse financière.
L'Institut pour les œuvres de religion, (IOR), plus connu sous le nom de "Banque du Vatican" a en effet récemment lancé deux nouveaux indices boursiers : le Morningstar IOR Eurozone Catholic Principles et le Morningstar IOR US Catholic Principles.
Strict respect des principes de la doctrine sociale de l'Église
Ces deux nouveaux indices boursiers vont servir de repères aux investisseurs particuliers et institutionnels souhaitant placer leurs deniers sans compromettre leurs convictions.
"Ces deux indices de référence développés en collaboration avec Morningstar, l'un des principaux fournisseurs d'analyses indépendantes en matière d'investissement et de solutions indiciaires, sont élaborés conformément aux meilleures pratiques du marché et aux critères éthiques catholiques. Ils sont conçus pour servir de référence aux investissements catholiques dans le monde entier", explique l'IOR.
Chaque indice est composé de 50 entreprises de moyenne et grande capitalisation sélectionnées après l’application de filtres éthiques stricts, conformes aux lignes directrices indiquées par le Pape Benoît XVI et le Pape François dans certaines de leurs encycliques et exhortations les plus significatives.
"Le fait de disposer d'indices de référence élaborés selon des critères éthiques catholiques reconnus nous permet de rendre nos processus d'évaluation et de reporting encore plus rigoureux et transparents", explique aussi l'IOR.
Dans ce cadre, les entreprises qui promeuvent des activités contraires aux valeurs catholiques (avortement, armes, détérioration de la qualité de la vie humaine,...) sont bannis de ces indices.
La Banque du Vatican, qui fournit des services bancaires traditionnels et supervise les investissements des institutions liées à l'Église, insiste sur la transparence et la rigueur dans ses investissements, tant elle a été éclaboussée par le passé par des scandales financiers.
Elle s'efforce, depuis, de se défaire de cette réputation sulfureuse, et s'est donc associée à un gestionnaire d'indices qui a pignon sur rue pour se reconstituer une meilleure image auprès du monde financier.
La première capitalisation européenne ASML, SAP, Vinci ou Hermès dans le Top 10 de l'indice européen
La Banque du Saint-Siège est bien au fait des dernières tendances en Bourse, intelligence artificielle en tête. En Europe, le champion est tout trouvé puisqu’il s'agit de la première capitalisation européenne, le néérlandais ASML, spécialiste de la photolithographie, une technologie clef pour la conception de semi-conducteurs. Les grands clients de l'entreprise néerlandaise restent les fondeurs de puces, c'est-à-dire le taïwanais TSMC, l'américain Intel ou encore le coréen Samsung. Or ces derniers voient leur activité exploser en raison de l'essor de l'intelligence artificielle, ce qui les pousse à produire davantage.
La troisième plus forte hausse de l'indice européen Eurostoxx 600 (+36%) depuis le début de l'année est aussi la première pondération de l'indice (6,16%) au 31 janvier 2026.
Le géant batave des semi-conducteurs est talonné par le grand groupe allemand des télécoms Deustche Telekom (5,07%) suivi du spécialiste des logiciels SAP, lui aussi originaire d'outre-Rhin, qui représente 3,96% de l'indice.
Les actions françaises ne sont pas en reste. Le géant du luxe français Hermès International figure à la cinquième place de cet indice avec une pondération de 3,8%. Un choix qui s'avère pour l'heure judicieux, puisque le groupe dirigé par Axel Dumas a été auteur d'un exercice 2025 convaincant, et a délivré des messages encourageants pour la Chine au titre de l'année en cours.
Vinci est l'autre groupe français s'invitant dans ce top 10 des principales convictions de cet indice respectueux des valeurs catholiques. Le géant tricolore du BTP qui pèse pour 3,45% dans le Morningstar IOR Eurozone Catholic Principles gagne près de 15% depuis le début de l'année et découvre de nouveaux territoires boursiers inconnus.
Le groupe de BTP et de concessions a dévoilé début février des comptes supérieurs aux attentes en 2025 et a généré un cash record pour la quatrième année consécutive. Vinci a aussi livré des perspectives jugées "optimistes" par les analystes.
La Banque du Vatican croît aussi beaucoup au potentiel des banques européennes, qui ont été impériales en Bourse en 2025. Banco Santander qui a gagné plus de 125% l'an passé, figure par exemple, à la cinquième place des convictions de cet indice.
Les géants de la tech dans le Top 10 de l'indice américain
La banque du Saint-Siège ne fait pas l'impasse sur la modernité, puisque les géants de la tech sont archi dominateurs dans le pendant américain de l'index européen.
Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Tesla et Nvidia, occupent une place non négligeable dans l'indice Morningstar IOR US Catholic Principles. Seul Microsoft est le seul des "Sept Magnifiques", - une expression qui renvoie au sept méga-capitalisations de la tech américaine - a ne pas avoir eu le blanc-seing de la banque du Saint-Siège.
Les premières lignes de cet indice ressemblent donc peu ou prou à celles figurant dans l'indice MSCI USA IMI à la différence près que dans la version conforme par le Saint-Siège, Microsoft est remplacé par Visa, et le groupe de semi-conducteurs Micron Technology occupe la place de l'une des deux classes d'actions d'Alphabet.
D'autres sociétés impliquées dans les investissements éthiques font totalement l'impasse sur les "Sept Magnifiques" de Wall Street. C'est l'option prise par la société de gestion Inspire Insight, qui offre avec son ETF (un fonds indiciel coté) BIBL "une option bibliquement responsable dans le secteur des grandes capitalisations américaines, sans exposition aux actions des géants de la technologie comme Meta, Apple, Amazon, Netflix ou Google".
Le premier constructeur au monde d'équipements de construction Caterpillar est la première ligne de ce fonds indiciel suivi de KLA Corporation, une entreprise spécialisée dans la conception et fabrication d'équipements de production de semi-conducteurs, et d'Amphenol Corporation un fabricant américain de connecteurs, de câbles et de systèmes d'interconnexion.
