(BFM Bourse) - Le sellier-maroquinier a publié ce jeudi 12 février des résultats supérieurs aux attentes, ce qui vient faire oublier une publication du troisième trimestre qui avait alors été fraîchement accueillie par les marchés.
La Bourse commence à avoir un net aperçu des performances financières 2025 des spécialistes du luxe. Le bal des publications avait commencé le mois dernier sur une note plutôt mitigée. Le suisse Richemont, par exemple, avait vu son titre reculer après avoir livré une activité pourtant robuste, quand LVMH a crispé les marchés en raison d'une contre-performance de la "mode et maroquinerie".
Kering s'est clairement illustré mardi 10 février, gagnant près de 11%. Le groupe de luxe désormais piloté par Luca De Meo a servi au marché à peu près tout ce qu'il voulait avec un engagement de revenir à la croissance et de délivrer des marges en hausse dès cette année.
Une performance plus que satisfaisante
Parmi les groupes de luxe cotés à la Bourse de Paris, il ne restait plus qu'Hermès qui, traditionnellement, clôt le bal des publications de ce secteur en France. La publication du sellier-maroquinier était très attendue dans la mesure où, malgré une croissance robuste de près de 10%, il avait grandement déçu au troisième trimestre en raison d'un léger manqué dans la "maroquinerie-sellerie", sa division phare.
Ce jeudi 12 février, Hermès a cette fois-ci repris ses bonnes habitudes, en délivrant une performance plus satisfaisante au titre de l'année 2025. L'action du groupe prend encore 1,8%, après avoir gagné 3,6% dans les premiers échanges. Cette copie appréciée du marché a permis au CAC 40 de dépasser pour la première fois de son histoire le seuil des 8.400 points dès l'ouverture des marchés.
Le groupe a fini l'année sur une bonne note, réalisant ainsi un sans-faute. Sur l'ensemble de la période allant d'octobre à fin décembre, la deuxième plus forte capitalisation boursière de la place de Paris a dégagé des revenus de 4,1 milliards d'euros, en hausse de 3,1% en données publiées sur un an et de 9,8% hors effets de devises.
Selon un consensus cité par Citi, les analystes ne tablaient en moyenne que sur une progression de 8% au quatrième trimestre hors effets de changes. Cette progression de 9,8% en données comparables marque par ailleurs une toute petite accélération par rapport au troisième trimestre (9,6%).
"Toutes les régions affichent une croissance solide par rapport à une base de comparaison particulièrement élevée. L’Europe, le Japon, l’Amérique et le Moyen-Orient sont en hausse à deux chiffres", explique Hermès.
La "maroquinerie-sellerie" surprend
La division la plus importante du groupe, à savoir la "maroquinerie-sellerie" (un peu moins de 44% des ventes), a agréablement surpris, avec une croissance de 14,6% en données comparables au quatrième trimestre. Selon Royal Bank of Canada (RBC), le consensus retenait un taux de 12,8%.
Plus globalement, "toutes les maisons (à l'exception des parfums) ont enregistré une croissance de leur chiffre d'affaires supérieure aux prévisions au quatrième trimestre 2025 et ont accéléré sur deux ans, sous l'impulsion de la maroquinerie", remarque le bureau d'études.
"Le prêt-à-porter (+7,1 % contre +6,1 % selon le consensus), les autres métiers d'Hermès (+12,9 % contre +9,7 % selon le consensus), la soierie (+7,1 % contre +4% selon le consensus) et les montres (+3,2 % contre -3,8 % selon le consensus) ont également dépassé les attentes, tandis que le chiffre d'affaires des parfums a reculé de 14,6 % (contre -7,0 % selon le consensus), reflétant selon nous l'absence de nouveaux lancements et le déstockage en France", détaille le Royal Bank of Canada.
Sur l'année 2025, le chiffre d’affaires consolidé du groupe Hermès s’élève à 16 milliards d'euros en croissance de 9% à taux de change constants et de 5,5% à taux de change courants par rapport à 2024.
Dans le détail, Hermès dit avoir enregistré une "progression soutenue" dans l'ensemble de ses géographies. La zone "Amériques" a dégagé une progression de 12%, le Japon (+14%) poursuit sa remarquable dynamique, "fort de la fidélité de sa clientèle locale et de son réseau de distribution exclusif" tandis que les ventes de la région "Asie-Pacifique hors Japon", progressent de 5%.
L’Europe hors France (+11 %) et la France (+9 %) affichent de solides progressions, soutenues explique le groupe, "par la fidélité de la clientèle locale et la dynamique des flux touristiques".
Un peu plus bas dans les comptes, le résultat opérationnel courant en 2025 s’élève à 6,6 milliards d'euros contre 6,2 milliards d'euros en 2024, en hausse de 7 %. La marge opérationnelle du groupe a aussi progressé, passant de 40,5% en 2024 à 41% en 2025.
RBC remarque que le résultat opérationnel a dépassé de 3% les prévisions du consensus grâce, selon lui, à la marge brute et à l'effet de levier des dépenses d'exploitation.
Le bénéfice net a atteint 4,5 milliards d'euros, et s'inscrit en baisse de 2,2% par rapport à 2024, en raison de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises en France. Retraité de cette contribution exceptionnelle, le résultat net consolidé part du groupe s’élève à 4,86 milliards d'euros et croît de 5,5 %, au même rythme que les ventes.
Hermès a aussi annoncé qu'il comptait verser un dividende de 18 euros par action.
"Les résultats du quatrième trimestre et du second semestre d'Hermès confirment un engouement impressionnant auprès des acheteurs de produits de luxe à l'échelle mondiale, avec un EBIT (résultat opérationnel) en hausse de 7 % au second semestre, fait valoir pour sa part Jefferies.
Des événements positifs
Au sujet de ses perspectives, la société a, comme d'habitude, évité de donner des indications chiffrées. "À moyen terme, en dépit des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde, le groupe confirme un objectif de progression du chiffre d’affaires à taux constants ambitieux", a réitéré une nouvelle fois Hermès.
"Dans un contexte économique et géopolitique toujours incertain, le groupe aborde l’année 2026 avec confiance, grâce à son modèle artisanal fortement intégré, à son réseau de distribution équilibré, à la créativité de ses collections et à la fidélité de sa clientèle", a aussi déclaré le groupe.
RBC ne prévoit pas changements significatifs dans les estimations du consensus pour l'exercice 2026 à la suite de ces résultats, qu'il considère "comme solides dans le contexte d'un environnement industriel dynamique".
Lors d'une conférence avec des analystes post publication, Axel Dumas, le gérant d'Hermès, a confirmé que les prix globaux d'Hermès augmenteraient de 5% à 6% en 2026.
Interrogé sur le marché chinois, le dirigeant a rappelle que son groupe a "toujours été en amélioration en Chine". Il a également déclaré entrevoir des "signes positifs", et ne s'attend pas à une "détérioration du marché" dans ce pays cette année, tout en déclarant "ne pas crier victoire".
"Je pense en tout cas qu'il y a effectivement des événements positifs, en particulier la façon qui sont en train de digérer la crise immobilière" en Chine, a aussi déclaré Axel Dumas.
En marge de la publication des résultats du groupe Hermès, son gérant est aussi revenu sur un événement extra-financier, à savoir le dossier Epstein. Il a expliqué comment Jeffrey Epstein avait "fait le forcing" pour le rencontrer en 2013, allant jusqu'à s'inviter lors de la visite d'un atelier Hermès en région parisienne.
Une photo des dossiers Epstein montre en effet Axel Dumas en compagnie du réalisateur américain Woody Allen et du criminel sexuel américain Jeffrey Epstein. "On en a profité pour faire une photo prise sur le vif, que visiblement il a gardée précieusement", a souligné Axel Dumas. "Et effectivement, il avait une mauvaise réputation", a-t-il ajouté.
Recevez toutes les infos sur HERMES INTL en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email
