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Pourquoi, malgré une croissance impressionnante de 14% dans la joaillerie, le suisse Richemont (Cartier, Van Cleef & Arpels) est puni en Bourse

Aujourd'hui à 11:28
Richemont chute en Bourse

(BFM Bourse) - Le groupe de luxe a largement dépassé les attentes avec une croissance globale de 11% sur la période allant d'octobre à décembre. Mais la rentabilité demeure un point d'attention du marché.

Le temps où Richemont était à la traîne des autres groupes de luxe semble bel et bien révolu. Le groupe suisse propriétaire des marques Cartier, Van Cleef & Arpels, a régulièrement livré des publications décevantes au cours des dernières années.

Le millésime 2025 a clairement marqué un tournant pour la société helvétique. Son activité s'est beaucoup mieux comportée que celles des groupes de luxe orientés vers le "soft luxury" (maroquinerie, vêtements, par opposition au "hard luxury" qui rassemble l'horlogerie et les bijoux).

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La joaillerie, le créneau phare de Richemont, a bien moins pâti que les autres segments du luxe de l'éviction de la clientèle aspirationnelle (plus jeune et moins fortunée que les consommateurs traditionnels).

"La joaillerie s'est clairement imposée comme le grand gagnant de 2025", écrivait le cabinet spécialisé Bain dans ses perspectives 2026. "Les bijoux ont encore renforcé leur rôle d'actifs émotionnels, dont la fonction dépasse celle du cadeau traditionnel", a ajouté le cabinet.

Pour cette année, de nombreux bureaux d'études (Deutsche Bank, HSBC, UBS, Oddo BHF) recommandent de privilégier deux valeurs dans le luxe, dont Richemont (la deuxième action est LVMH).

"Richemont a placé la barre très haute"

Le groupe suisse a plutôt donné matière à conforter l'optimisme des analystes, ce jeudi 15 janvier. La société a livré son activité d'octobre à décembre 2025, période qui correspond au troisième trimestre de l'exercice 2025-2026 de la société.

"Richemont a placé la barre très haute pour lancer cette saison des résultats, avec des chiffres solides qui dépassent les attentes élevées et une base de comparaisons exigeante", écrit Royal Bank of Canada.

Sur les trois derniers mois de 2025, Richemont a généré 6,4 milliards d'euros de revenus, traduisant une croissance de 4% en données publiées et de 11% en données comparables. Le consensus (la prévision moyenne) des analystes anticipait une progression de 8% en données comparables.

La division joaillerie a encore "brillé joliment comme un diamant", relève Citi qui cite la chanson de Rihanna ("shine bright like a diamond"). La division, qui représente 75% des ventes du groupe, a affiché une croissance de 14% en données comparables, quand le consensus était logé à +10%.

"Selon nous, Richemont est aujourd'hui une entreprise fondamentalement plus solide que par le passé: elle bénéficie d'une plus grande envergure, d'un mix produits/géographique plus équilibré, d'une plus grande agilité de la chaîne d'approvisionnement/de délais de production plus courts, d'un contrôle plus strict de la distribution, de stocks plus sains dans le commerce de gros, d'un bilan plus solide et d'une équipe de direction/gouvernance renforcée", énumère Citi.

"Le secteur de la joaillerie est en pleine forme, et Richemont le domine avec ses marques, justifiant (…) la revalorisation structurelle de son attrait à long terme", apprécie pour sa part Bernstein.

Préoccupations sur la marge

Pourtant, malgré cette publication jugée étincelante, l'action Richemont baisse à la Bourse de Zurich.

Le titre perd 2,6% ce jeudi vers 11h40, après avoir ouvert en hausse de plus de 2%.

"La publication est excellente mais elle n'apporte pas davantage d'indications sur l'évolution des marges de Richemont qui reste un sujet de préoccupation, en raison des évolutions de changes, des droits de douane, défavorables et surtout des prix de l'or qui ne cessent de grimper", explique un analyste.

"Au vu du bon parcours du titre (+6,5% sur trois mois, NDLR), il y a des prises de bénéfices sur le titre", ajoute-t-il.

Citi écrit d'ailleurs dans sa note que si les prévisions devraient s'ajuster à la hausse sur les revenus au titre de l'exercice actuel du groupe, il y "a potentiellement besoin de revoir les hypothèses de marges brutes pour le second semestre de l'exercice 2025-2026", en raison des droits de douane américains et de la progression des cours de l'or.

Deutsche Bank note de son côté que la vigueur actuelle des prix de l'or "pourrait avoir un impact sur les prévisions de l'exercice 2026-2027 sans hausse de prix".

Peut-être également que les investisseurs ne sont pas si surpris que cela par la performance du groupe suisse en matière de croissance.

Certes, Richemont a battu le consensus de 10% avec sa hausse de 14% dans la joaillerie, en données comparables. Mais, selon UBS, les "buy-sides" (pour simplifier les investisseurs) attendaient un chiffre d'au moins 13% dans cette division.

À noter que la sanction boursière de Richemont semble se diffuser au groupe de luxe français. À Paris, Kering perd 3,5% et LVMH abandonne 2,1%. Hermès résiste à la tendance (-0,22%).

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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