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TRANSGENE

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Transgene : La biotech Transgene touche un plus bas historique après l'échec d'un vaccin anticancéreux

vendredi 13 décembre 2019 à 11h40
Chute de Transgene après l'arrêt d'un projet historique, TG4010

(BFM Bourse) - Après plus de quinze années d'efforts, Transgene stoppe le développement d'un vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon à la suite de l'échec d'un nouvel essai clinique. TG4010 va rejoindre le cimetière des projets abandonnés par la filiale de la doyenne des biotechs tricolores, introduite en Bourse en 1998, dont le cours tombe vendredi matin à un plus bas historique.

Quelques jours après Sensorion, le secteur français des biotechnologies subit une nouvelle douche froide vendredi avec l'incapacité du traitement TG4010 de Transgene à atteindre le critère de réussite d'un essai clinique chez des patients atteints de cancer du poumon non-épidermoïde non à petites cellules (ou NSCLC, une forme qui représente environ 85% de tous les cas de cancer du poumon). Le résultat est implacable pour Transgene, dont aucun projet n'a encore abouti à la mise sur le marché d'un traitement, et qui ne fait qu'enchaîner les échecs notamment l'été dernier avec celui du Pexa-Vec qui avait déjà ramené le cours à son plus bas depuis 2002.

Vendredi, le titre est descendu à un nouveau plancher inédit dans toute son histoire -soit plus de vingt ans de cotation- en chutant jusqu'à 1,43 euro (-27%) en début de séance. Vers 11h00, Transgene limitait quelque peu son recul à 1,61 euro (-18,48% "seulement").

La société strasbourgeoise avait développé ce produit en s'appuyant sur le fait que le cancer du poumon produit en grande quantité une certaine protéine appelée MUC1. Le vaccin (basé sur la souche virale MVA) visait à stimuler le système immunitaire pour qu'il attaque spécifiquement cette protéine, entraînant la destruction des cellules cancéreuses. Après une première version TG1031 ayant connu quelques problèmes réglementaires, Transgene a mis au point le TG4010 qui a fait l'objet de premiers tests chez l'homme dès 2003. Le groupe l'a d'abord testé en association avec la chimiothérapie, et se préparait dès 2009 à passer en phase 3, le dernier volet des essais cliniques. Puis Novartis s'est intéressé au TG4010, mais le laboratoire suisse a préféré en 2014 ne pas lever l'option qu'il avait prise pour acquérir les droits. Entre-temps, la technologie des inhibiteurs de checkpoints immunitaires dans le traitement du cancer a commencé à prendre de l'importance. Transgene s'est donc rapproché de Bristol-Myers Squibb, qui lui a fourni des lots cliniques de son Opdivo (l'un des inhibiteurs de checkpoints les plus vendus après le Keytruda de Merck) pour un essai où TG4010 était administré à la fois avec la chimio et l'Opdivo.

Or, la société a reconnu jeudi soir que "la triple combinaison TG4010 + chimiothérapie + nivolumab n’a pas permis d’améliorer suffisamment le taux de réponse chez les patients atteints de cancer du poumon au stade avancé et dont les tumeurs expriment des niveaux faibles ou indétectables de PD-L1".

"Nous sommes évidemment très déçus des résultats", a déclaré Philippe Archinard, à la tête de l'entreprise depuis 2004. Le PDG a cependant assuré que Transgene était financé jusqu'en 2022 -ayant encore levé près de 50 millions d'euros en juillet- et que son portefeuille comptait d'autres projets dont TG4001 (cancer du col de l'utérus dû au papillomavirus) dont les résultats sont prévus au premier semestre de 2020. "Nos deux plateformes technologiques myvac et Invir.IO poursuivent leur développement. Des sites cliniques ont été ouverts et les deux premiers essais cliniques de TG4050, le premier candidat issu de myvac, incluront bientôt leurs premiers patients. Ces essais sont cofinancés avec NEC. De même, le premier patient de l’essai de TG6002 administré par voie intrahépatique artérielle est attendu sous peu. Par ailleurs, nous souhaitons soumettre, au premier semestre de 2020, les demandes d’autorisation d’un essai clinique avec BT-001, le premier candidat virus oncolytique issu de la plateforme Invir.IO, encodant un anticorps anti-CTLA4", a-t-il indiqué.

Le dirigeant a aussi affirmé que la collaboration avec AstraZeneca visant à concevoir des virus oncolytiques multifonctionnels progressait "à bon rythme".

"Toutes ces avancées me rendent confiant dans le fait que Transgene est bien placé pour démontrer et concrétiser le potentiel de ses vaccins thérapeutiques et virus oncolytiques conçus pour améliorer le traitement des tumeurs solides", a-t-il conclu.

Reste que le TG4010 représentait, rappelle Sacha Pouget, président de Kalliste Finance "le projet le plus avancé du groupe, avec le TG4001, et surtout là où il y réside un très important besoin insatisfait" (le cancer du poumon provoquant dans les pays occidentaux davantage de décès que toute autre forme de cancer).

"Il y aura nécessairement pour la direction de la société une phase de transition à aborder avec les prochains événements cliniques attendus", estime le spécialiste des biotechs. "Les prochaines données de phase 2 de TG4001 prennent maintenant des allures de couperet", conclut-il.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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