(BFM Bourse) - La saison des publications du deuxième trimestre débutera jeudi avec BNP Paribas suivie des deux autres établissements lors de la semaine suivante. Si les comptes devraient être globalement solides, leur capacité à satisfaire le marché fait débat.
Les banques françaises connaissent une première partie d'année boursière, certes, contrastée, mais globalement positive.
BNP Paribas a été portée par ses solides fondamentaux ainsi que par la relativisation par le marché du risque lié au litige soudanais.
Le groupe a fait appel en mai d'un jugement défavorable établi par un tribunal de New York dans ce litige qui avait grandement effrayé les investisseurs, ces derniers redoutant un risque maximal de 10 milliards de dollars.
L'établissement avait indiqué que son argumentaire juridique était appuyé par les gouvernements suisses, américains ainsi que d'"éminents universitaires et juristes".
L'action de BNP Paribas a repris 26,2% sur l'ensemble de 2026, signant la meilleure performance des banques françaises.
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Société Générale, qui avait enregistré un impressionnant rallye de 153% en 2025, s'adjuge 8,5% cette année. L'établissement de la défense surperforme nettement le CAC 40 (+2,3% sur la même période) mais pas le Stoxx Europe 600 Banks (+13%) qui rassemble les grandes banques du Vieux Continent hors Suisse.
Crédit Agricole SA, pour sa part, accroche une timide hausse de 1,34%. Le véhicule coté de la banque mutualiste a publié des résultats décevants, et a pâti d'inquiétudes du marché autour de son capital. Le groupe a notamment porté à 29,3% sa participation dans l'italien Banco BPM, ce qui a eu un impact de 0,35 point de pourcentage sur son ratio de solvabilité CET1, qui rapporte le capital à l'encours pondéré des risques.
Discipline sur les coûts
Les résultats du deuxième trimestre permettront-ils aux trois groupes d'accélérer leur performance boursière?
BNP Paribas ouvrira en tout cas le bal, en livrant ses comptes jeudi 23 juillet. Société Générale et Crédit Agricole SA publieront ensuite les résultats, le 30 juillet pour la première, le 31 pour la seconde.
Bank of America s'attend globalement à une performance robuste pour les trois établissements, avec en moyenne une progression à deux chiffres de leurs bénéfices nets par action.
La banque américaine pense que les trois groupes afficheront un produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires chez les banques, en hausse de plus de 5%, grâce à une banque de détail en zone euro qui "carbure à nouveau" et à des activités de marché "en plein essor", la banque de financement et d'investissement "tenant bon".
Bank of America pense également que les banques françaises s'illustreront par leurs disciplines en matière de coûts, l'établissement américain anticipant un effet ciseau positif de 3 points de pourcentage. Ce qui signifie tout simplement que l'écart entre la hausse des revenus et celle des coûts (les frais de gestion) se situerait autour de trois points de pourcentage.
"Les banques françaises devraient afficher des résultats satisfaisants au deuxième trimestre 2026, grâce à des revenus solides dans la banque de détail et la gestion d'épargne et assurance, complétés par une performance résiliente de la banque d'investissement", abonde Deutsche Bank.
"Nous nous attendons à ce que les banques françaises publient de bons résultats opérationnels. Toutefois, selon nous, le potentiel de surperformance relative significative (des banques françaises, NDLR) par rapport au secteur reste limité", prévient de son côté KBW.
"BNP a juste besoin de tenir ses promesses"
Cette dernière favorise BNP Paribas dans le cadre de cette saison des résultats, percevant davantage de risques de faiblesse de l'action pour les deux autres.
"BNP a juste besoin de tenir ses promesses", résume KBW. "Même si nous nous attendons à un trimestre relativement calme, à condition que BNP Paribas continue de progresser vers ses objectifs et de renforcer encore ses fonds propres, le titre devrait bénéficier d'un soutien solide", anticipe l'intermédiaire financier.
L'attention du marché se portera sur le ratio CET1 de la banque qui devrait juste se situer sous la barre des 13%. Deutsche Bank et Bank of America tablent également sur un taux de 12,9%. Passé le seuil de 13%, BNP Paribas avait indiqué en novembre qu'elle reverserait à ses actionnaires l'excès de capital.
Alors que l'action se traite seulement une fois son "tangible book value", c'est-à-dire pour simplifier la valeur comptable de la banque, "nous estimons que la poursuite de la mise en œuvre des objectifs fixés par la direction devrait suffire à étayer l'argumentaire d'investissement", avance KBW.
Deutsche Bank voit BNP Paribas annoncer un dividende intermédiaire de 3,24 euros par action, anticipe une croissance de 7% de ses revenus et une progression de 8% du bénéfice net ajusté par action.
"BNP Paribas devrait publier des résultats solides au deuxième trimestre 2026, ce qui constituerait un élément supplémentaire venant étayer notre opinion (positive, NDLR) quant à l'évolution de son profil de rentabilité", étaye Bank of America.
Le groupe américain juge que des éventuelles annonces sur l'évolution du litige soudanais pourraient aussi attirer l'intérêt des investisseurs.
Société Générale vers des rachats d'actions
Pour Société Générale, la copie rendue devrait être là aussi robuste. Mais est-ce que cela suffira pour contenter les investisseurs?
"Hormis quelques faiblesses chez Ayvens (la filiale de financement automobile de Société Générale, NDLR), nous tablons sur un trimestre opérationnel solide, soutenu par la bonne performance des métiers actions", anticipe KBW.
"Nous estimons toutefois que la marge de manœuvre pour une surprise en matière de redistribution du capital (comme des rachats d'actions, NDLR) est limitée par rapport à notre estimation de 1,5 milliard d'euros. De plus, la direction ne devant probablement pas fournir de nouveaux détails stratégiques ou opérationnels significatifs avant la journée dédiée aux investisseurs prévue en septembre, nous abordons ces résultats avec une certaine prudence, compte tenu des attentes de plus en plus élevées des investisseurs", appuie encore la société américaine.
Deutsche Bank est un peu plus optimiste sur les rachats d'actions que pourrait annoncer Société Générale, tablant sur un montant de 2 milliards d'euros couplé à un dividende intermédiaire de 1 euro. L'établissement allemand table sur une hausse de 6% du bénéfice, par ailleurs.
"Nous prévoyons un nouveau trimestre de bons résultats, portés par la forte croissance de l'activité de banque de détail en France et l'amélioration de l'efficacité sur l'ensemble de l'échelle du Groupe, même si les tendances dans les autres marchés pourraient être mitigées", développe Deutsche Bank.
Société Générale est la banque favorite de Deutsche Bank, qui recommande de faire preuve de "sélectivité" parmi les trois établissements tricolores. Ce en raison de leur moindre capacité à capter les hausses de taux d'intérêt dans leurs résultats et des risques posés par l'élection présidentielle de 2027.
Prudence sur Crédit Agricole SA
La banque de La Défense est également la favorite de Bank of America, qui table sur des résultats "robustes", portés par une amélioration de la rentabilité de la banque de détail et par la performance des activités actions et produits dérivés.
"Nous pensons que l'attention se portera principalement sur la compréhension de la vision de la direction avant la réunion de journée d'investisseurs du 21 septembre", écrit la banque américaine.
L'ensemble des analystes s'accorde à la prudence sur Crédit Agricole SA. KBW s'attend, certes, à un trimestre un peu meilleur que le précédent, grâce notamment à la gestion d'actifs, l'assurance et les services financiers spécialisés (crédit à la consommation, affacturage, leasing automobile). Mais le marché risque de rester concentré sur l'Italie et le capital, KBW jugeant qu'il s'agit d'"une inquiétude croissante".
Pour Deutsche Bank, le trimestre sera encore "faible" quoique moins que le précédent. "Les résultats de Crédit Agricole SA devraient être affectés par une croissance modérée des revenus (stable par rapport à l'année précédente), une hausse des coûts (+4 %) et des provisions (+25 %), ainsi qu'une baisse du ratio du capital (un ratio CET1 de 11%), ce qui devrait entraîner une baisse du résultat net (-9 %)", détaille l'établissement allemand.
Bank of America table sur des résultats "décents" mais met aussi en avant les "inquiétudes persistantes" du marché sur l'Italie.
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