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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Pourquoi les prix du pétrole rechutent à leur plus bas niveau depuis janvier

lundi 3 juin 2019 à 11h04
Les cours de l'or noir reculent nettement avec le regain des tensions commerciales

(BFM Bourse) - Les cours de l'or noir dévissent encore lundi, après avoir déjà nettement reculé jeudi et vendredi dernier, plombés par le regain de tensions commerciales entre les États-Unis et le reste du monde. De fait, le marché s'inquiète de l'effet de cette guerre commerciale sur la demande mondiale.

Les cours du baril d'or noir ont enregistré, en mai, leur première baisse mensuelle de l'année 2019, avec un repli de 11,4% pour le baril de Brent européen et de 15,8% pour son homologue américain, le "light sweet crude" texan ou "WTI". Ce recul s'est accentué depuis mercredi dernier, porté par la frénésie taxatoire de Donald Trump à l'encontre de la Chine et désormais également du Mexique, qui fait peser des craintes sur la demande mondiale et détourne les investisseurs des valeurs dépendantes de cette croissance mondiale, dont l'or noir fait partie.

Ainsi, après que le président américain a brandi, mercredi dernier, la menace d'un nouveau renchérissement des taxes douanières visant la Chine, Pékin a répliqué en laissant entendre qu'elle pourrait mener la vie dure aux États-Unis en asséchant le robinet d'exportation de terres rares, minéraux indispensables à la production des équipements de haute technologie. Deux jours plus tard, à la surprise générale, Donald Trump annonçait dans la nuit de jeudi à vendredi qu'il entendait appliquer, à compter du 10 juin, une surtaxe du 5% sur les produits importés du Mexique, au motif que le pays n'en fait pas assez pour limiter l'émigration illégale à la frontière américaine. "Si la crise persiste, le taux sera augmenté de 5% tous les mois jusqu'à atteindre 25% en octobre", a ajouté le président américain.

Le regain de tensions commerciales fait dégringoler l'or noir

Dans la foulée, le cours du Brent de mer du Nord dévissait de 4,6% jeudi, puis de 3,3% vendredi, avant d'afficher un nouveau repli très prononcé lundi matin, sur l'Intercontinental Exchange de Londres (-5,3% à 61,5 dollars vers 10h). De son côté, le WTI texan cédait 4,6% jeudi, puis 4,8% vendredi mais affiche une baisse moins marquée que son concurrent européen, lundi, sur le Nymex (-0,9% à 52,94 dollars). Ces reculs successifs ont ramené le cours du Brent à son plus bas niveau depuis le 29 janvier dernier, et celui de WTI à son plancher depuis le 12 février. Depuis le début de l'année 2019, les deux références du brut léger mondial ne progressent plus que de 12,6% pour le Brent et de 16% pour le WTI, alors que le pétrole de mer du Nord avait repris près de 50% depuis le 24 décembre 2018.

Si les tensions commerciales détournent traditionnellement les courtiers du marché du pétrole, le commerce de pétrole va être directement affecté par ces droits de douane si aucune exemption n'est faite pour l'or noir. De fait, en mai 2018, le débit de pétrole mexicain à destination des États-Unis a atteint 660.000 barils par jour (+30% sur un an) selon JBC Energy, les Américains utilisant le brut mexicain (plus lourd que le texan) pour remplacer les barils venus de l'Iran et du Venezuela, interdits sur le sol américain pour cause de sanctions commerciales... Les raffineries américaines sont dépendantes de ces pétroles lourds, qu'elles mélangent à des pétroles plus légers, comme le pétrole de schiste, pour créer des produits raffinés.

Ces facteurs à surveiller

Pour les experts de Mirabaud Securies Genève, il n'y a plusieurs facteurs à surveiller pour déterminer le prix de l'or noir en 2019 et qui ont un impact sur l'offre et/ou la demande : la production, la santé économique de la Chine, les récessions et turbulences, la nouvelle régulation maritime, la guerre commerciale, les sanctions à l'encontre de l'Iran et la "driving season" (périodes de vacances, qui correspondent à l'accroissement de l'utilisation des moyens de transport, ndlr).

Autre élément à prendre en compte, les stocks américains, dont la baisse moins forte qu'anticipé mercredi dernier a fait reculer les cours du pétrole. Là où les analystes anticipaient une baisse de l'ordre d'1,4 million de barils, les réserves commerciales américaines de brut n'ont reculé que de 300.000 barils (à 476,5 millions) lors de la semaine achevée le 24 mai. Dans le même temps, les réserves d'essence ont grimpé de 2,2 millions de barils, selon les données publiées jeudi par l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA), contre une baisse de 800.000 barils attendue par les analystes. En parallèle, la production s'est pour sa part établie à 12,3 millions de barils par jour (mbj) en moyenne au cours du mois de mai, à un nouveau plus haut historique comme chaque mois, ou presque, depuis plusieurs années. Cette production hebdomadaire évolue au-dessus de la barre des 12 mbj depuis plusieurs mois, ce qui fait des Etats-Unis le premier producteur mondial d'or noir.

Les valeurs pétrolières en souffrance

À la Bourse de Paris, le nouveau net repli des cours de l'or noir ce jour fait reculer les valeurs du secteur, parmi lesquelles on peut citer la parapétrolière CGG (-3,6% vers 10h30), Vallourec (-2,1%), Maurel et Prom (-2,1%), Rubis (-2%), TechnipFMC (-1,8%) ou encore Schlumberger (-1,3%). Sur l'indice phare, le supermajor pétrolier Total affiche un repli de 0,9% vers 10h30, dans un marché parisien mal orienté (-0,9% pour le CAC).

Quentin Soubranne - ©2019 BFM Bourse
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