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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Le cours du pétrole rebondit, une baisse de la production est à l'étude

lundi 12 novembre 2018 à 11h05
Vers une réduction de la production mondiale de pétrole

(BFM Bourse) - Face au brutal repli des cours depuis un mois, les pays producteurs de pétrole ont dit envisager une inflexion de leur stratégie pour réduire les excédents de production. Le ministre saoudien de l'Énergie juge nécessaire de réduire la production mondiale d'un million de baril par jour.

Quelques jours seulement après que le marché du pétrole soit entré en "bear market" -c'est-à-dire en baisse de 20% par rapport au dernier plus haut-, les grands pays producteurs ont appelé dimanche à l'adoption de "nouvelles stratégies" visant à diminuer l'offre dans un contexte de surproduction. A l'issue d'une réunion à Abou Dhabi entre pays producteurs (membres et non-membres de l'Opep), ces acteurs ont indiqué, que "les perspectives de croissance pointaient vers une offre supérieure à la demande mondiale" et qu'ils avaient donc décidé "d'étudier les options pour des ajustements de la production en 2019".

Un million de baril par jour en moins

Si aucun consensus ne se faisait jour avant le début de la réunion, le ministre saoudien de l'Énergie, Khaled al-Faleh, a affirmé à l'issue de celle-ci que son pays, premier exportateur mondial de pétrole, allait réduire ses exportations de 500.000 barils par jours (bpj) à partir du mois de décembre. Une annonce qui intervient alors que Ryad avait augmenté sa production de 9,9 millions de bpj en mai à 10,7 millions en octobre, à leur plus haut niveau depuis quatre ans. La Russie s'est elle aussi engagée à s'aligner sur tout nouvel accord permettant de limiter la production.

"L'analyse technique que nous avons passée en revue hier révèle que nous avons besoin d'une réduction approchant un million de barils par jour pour équilibrer le marché", a déclaré Khaled al-Faleh lundi matin. Le ministre saoudien a également noté l'augmentation des stocks et affirmé que "les 25 pays producteurs ne permettront pas que cela se poursuive". "Nous ferons ce qu'il faudra", a-t-il ajouté.

Retour à l'accord de Vienne ?

Les 11 novembre et 10 décembre 2016, les pays membres de l'Opep puis les autres grands pays producteurs de pétrole s'étaient engagés à réduire leur production respective de 1,2 million et 562.000 bpj. Or, dans la perspective de sanctions américaines, deux des trois plus grands producteurs mondiaux, la Russie et l'Arabie Saoudite, avaient amendé leur accord de limitation de la production en juin afin de pouvoir compenser une baisse des exportations iraniennes.

Mais la décision de Washington d'infliger à Téhéran des sanctions moins contraignantes que prévu, avec des exemptions de dernière minute accordées à huit gros pays acheteurs de pétrole iranien (dont la Chine et l'Inde), change la donne, selon Fawaq Razaqzadan analyste chez Forex.com, interrogé par l'AFP. "Les prix sont en baisse alors que la production des grands producteurs, comme l'Arabie saoudite, la Russie et les Etats-Unis continue d'augmenter, dépassant les quantités de barils iraniens perdus", explique-t-il. Il estime que les responsables doivent probablement discuter "de la nécessité d'un retour à un respect de l'accord (de Vienne) à 100%".

Alexandre Novak, le ministre russe de l'Énergie, a affirmé que Moscou s'était engagée à mettre en œuvre les accords conclus à Vienne en décembre 2016. "Si des décisions sont prises en fonction de la situation sur le marché, alors, bien entendu, la Russie va agir en coordination avec d'autres pays afin que le marché soit équilibré et stable" a-t-il indiqué. Les États-Unis, dont l'accélération de la production de pétrole de schiste a fait bondir la production globale de brut, n'ont pas fait de déclaration à ce stade. Pour les experts d'UBS, "l'ampleur de la réduction potentielle dépendra de trois indicateurs : le niveau de ralentissement de la croissance de la demande mondiale de pétrole, celui de la réduction de la production iranienne à la suite des sanctions américaines et la rapidité de l'augmentation de l'offre américaine".

Stopper l'hémorragie

Il s'agit, pour les pays producteurs, de mettre un terme à la baisse quasi-continue du cours du baril depuis le sommet atteint début octobre. Pris en étau entre un bond de la production et la crainte d'une baisse de la demande, les prix du Brent européen et du WTI américain étaient respectivement tombés vendredi dernier à moins de 70 et à moins de 60 dollars. Une baisse désormais jugée "excessive à court terme" par les experts de Mirabaud Securities.

Les marchés réagissent bien à cette annonce des pays producteurs lundi matin puisque le baril de Brent européen reprenait 1,62% vers 10h45, à 71,01 dollars tandis que la référence américaine repassait au-dessus de 60 dollars (+0,85% à 60,56 dollars). "Avec la demande iranienne qui devrait continuer de décliner et la croissance de la demande qui reste solide, nous nous attendons à ce que les prix repartent à la hausse d'ici la fin de l'année" indiquent les experts d'UBS.

L'indice Stoxx Europe 60 Oil & Gas qui réunit 22 entreprises pétrolières et parapétrolières européennes s'adjugeait 1,14% lundi matin vers 11h00, avec de belles progressions à noter pour TechnipFMC (+3,01%) et Total (+0,73%) à la Bourse de Paris.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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