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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Ces facteurs qui ont fait chuter de 20% les cours du pétrole en seulement un mois

vendredi 9 novembre 2018 à 11h20
Le Brent flirte désormais avec le

(BFM Bourse) - On peut désormais parler de "bear market" sur le marché de l'or noir, la chute du baril de WTI ayant perdu plus de 20% depuis son dernier plus haut début octobre. Du côté du Brent, la chute atteint plus de 19% sur la même période.

Alors que certains analystes estiment que le baril peut encore repasser au-dessus des 100 dollars d'ici la fin de l'année, les deux principaux indices ont perdu 20% depuis leur dernier pic fin octobre, seuil au-delà duquel les opérateurs parlent de "marché baissier" (ou "bear market").

Dans le détail, le cours du baril de WTI (pour "West Texas Intermediate") américain a chuté de 76,41 dollars le 3 octobre dernier à 60,12 dollars vendredi matin à 09h45 sur le New York Mercantile Exchange, soit une baisse de 21,3%. Les analystes de Mirabaud précisent que le baril de WTI "a enfoncé son support à moyen terme" avec la baisse de 1,7% observée jeudi 8 novembre, journée au cours de laquelle la référence américaine sur le pétrole brut est officiellement entrée en "bear market".

Quant au baril de Brent européen, il se négociait à 70,15 dollars sur l'Intecontinental Exchange de Londres à 09h45, soit une chute de 19,1% depuis son pic à 86,74 dollars, également le 3 octobre dernier. Les deux indices ont ainsi retrouvé des niveaux qu'ils n'avaient plus atteint depuis mars pour le WTI et depuis avril pour le Brent. À 11h30, le prix du baril de Brent vient de repasser sous le seuil des 70 dollars, à 69,78 dollars, pour la première fois depuis avril. Le "bear market" n'est toujours pas là mais il se rapproche (-19,6%).

Hausse de la production et des stocks

Parmi les facteurs qui peuvent expliquer cette rechute des cours du baril d'or noir, on note l'augmentation de la production de gros pays producteurs comme l'Arabie Saoudite, la Russie ou les États-Unis. Ces derniers "ont en effet extrait 11,6 millions de barils en moyenne chaque jour sur la période, une augmentation marquée par rapport à la semaine précédente (11,2 millions" note les experts de Mirabaud. Une production qui augmente plus vite que prévu, comme le rappelle Commerzbank : "Le département de l'Energie prévoit désormais une hausse à 12 millions de barils au deuxième trimestre 2019. Ce qui n'était pas prévu avant fin 2019".

De son côté, l'Arabie Saoudite, par la voix de son ministre de l'Énergie Khalil al Falih, a annoncé le 23 octobre dernier sa volonté de porter la production d'or noir à un niveau record, soit 12 millions de barils par jour contre 10,7 millions actuellement.

Moscou a également répondu favorablement à la demande de Washington en portant sa production à un niveau jamais vu depuis la chute de l'URSS, soit 47 millions de tonnes en octobre, ou 11,2 millions de barils par jour. Une source au sein de l'une des plus grandes compagnies pétrolières russes a en outre déclaré à Reuters qu'il s'attendait à ce que "la production de pétrole de la Russie tourne autour de 11,4 à 11,6 millions de barils par jour (bpj) jusqu'à la fin de 2018 et augmente peut-être jusqu'à 11,8 millions de bpj en 2019". Résultat, les craintes sur l'offre se sont complètement dissipées.

Quant à la demande, elle est également attendue en baisse du fait d'un ralentissement de la croissance mondiale à prévoir en 2019. "Les signes de ce ralentissement sont déjà perceptibles : les stocks remontent plus vite que prévu" note d'ailleurs les analystes de Mirabaud. "Mercredi, le département de l'Energie américain a fait état de réserves de brut en hausse de 5,78 millions de barils, alors que les analystes tablaient sur une progression de 2,4 millions" précisent-ils.

Sanction américaines moins dures que prévu

L'autre élément qui justifie cette dégringolade du cours du baril, c'est l'assouplissement de la position de Washington vis-à-vis de Téhéran. "Les États-Unis, qui imposent depuis le 4 novembre des sanctions à l'encontre de l'Iran, ont accordé des exemptions de dernière minute à huit gros pays acheteurs de pétrole iranien (dont la Chine et l'Inde, ndlr) absorbant les trois quarts des exportations de brut iranien par voie maritime", ce qui joue "à la baisse" sur les cours de l'or noir, explique-t-on chez Mirabaud. Des sanctions bien moins strictes que celles que les marchés avaient anticipé, indiquent plusieurs analystes spécialistes du secteur.

Pour rappel, le patron de BP (l'un des six "Supermajor" pétroliers au monde avec Total, ExxonMobil, Shell, ConocoPhillips et Chevron Texaco) estime qu'il existe "un prix sain" pour le pétrole, qui correspond à un équilibre entre pays producteurs et consommateurs. Celui-ci serait compris entre 50 et 65 dollars le baril de WTI. La fourchette au sein de laquelle évolue effectivement la référence américaine depuis quelques jours.

Quentin Soubranne - ©2018 BFM Bourse
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