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Michelin : Grâce à sa politique de prix et ses marges stables, Michelin décolle en Bourse

mardi 12 février 2019 à 12h26
Michelin s'envole en Bourse après sa publication

(BFM Bourse) - Le fabricant clermontois de pneumatiques a dévoilé un bénéfice net en léger recul mais le groupe a bien résisté au ralentissement chinois et vu sa performance opérationnelle s'améliorer en 2018. Suffisant pour faire décoller le titre Michelin, d'autant que la reprise des négociations sino-américaines rend les investisseurs optimistes.

Vers 10h45 mardi, l'action Michelin bondissait de 10,2% à 100 euros tout pile, seuil que celle-ci n'avait plus franchi depuis mi-octobre dernier, juste avant le "profit warning" de l'équipementier automobile. Il s'agit -de loin- de la meilleure performance de la matinée sur l'indice phare de la cote parisienne, par ailleurs bien orientée (+0,86% pour le CAC vers 11h) au lendemain d'une très nette hausse (+1,06%). S'il recule toujours de 20% sur un an, notamment à cause d'un dernier trimestre 2018 compliqué, le titre Michelin voit son rebond prendre corps en ce début d'année 2019 (+15% depuis le 1er janvier).

Le fabricant de pneumatiques français fondé par les frères Michelin au 19e siècle a enregistré, sur l'année 2018, un chiffre d'affaires de 22,03 milliards d'euros, stable par rapport à l'exercice à l'exercice précédent (+0,03%), notamment grâce à une croissance "toujours dynamique" de ses activités de spécialités (génie civil, deux roues, véhicules agricoles, avions, ...). Son bénéfice net a en revanche légèrement reculé, de 1,4% à 1,66 milliard d'euros, mais le résultat opérationnel des activités courantes du groupe (dit "résultat opérationnel des secteurs") a lui progressé (+1,2%), à 2,77 milliards d'euros. À taux de changes constants, précise le communiqué publié par le groupe, celui-ci aurait même augmenté de 11%. "Les résultats sont en ligne avec les attentes avec un résultat d’exploitation légèrement au dessus des attentes et un résultat net et un bénéfice net par action légèrement en-dessous" analyse Jean-Louis Sempé, en charge du secteur automobile chez Invest Securities.

Amélioration de la marge opérationnelle

Il n'en reste pas moins que selon ce spécialiste, "l'indicateur à privilégier est la stabilité de la marge d’exploitation à 12,6% en 2018 après 12,5% en 2017". "C’est une bonne performance comparé à Goodyear compte tenu de la dégradation des marchés pneumatiques au deuxième semestre 2018" ajoute l'analyste qui suit le dossier. Même constat pour Pierre-Yves Quéméner, analyste et responsable du secteur chez Mainfirst, qui considère également que la marge opérationnelle est l'indicateur à retenir de cette publication, soulignant que "le résultat opérationnel du deuxième semestre est supérieur aux attentes de 6%".

Pourtant Michelin a affronté des vents contraires en 2018 avec une hausse des coûts de matières premières en 2018, la baisse du dollar américain par rapport à l'euro et la chute de plusieurs devises de pays émergents (Brésil, Russie, Turquie, Argentine, Mexique notamment) qui ont réduit ses recettes. Mais force est de constater que le groupe a réussi à compenser ces effets par des hausses de prix et une amélioration de ses marges unitaires qui a eu un impact positif de 286 millions d'euros sur ses profits. Ces résultats "confirment la forte discipline du groupe sur les prix", pour Jean-Dominique Senard, qui a exprimé son "émotion" et sa "fierté" pour sa dernière présentation des résultats annuels de Michelin en tant que patron de l'équipementier (il a été nommé fin janvier président du conseil d'administration de Renault, en remplacement de Carlos Ghosn, ndlr) lors d'une conférence avec des analystes.

Pas le plus touché par la guerre commerciale

Signe de la bonne santé de ses opérations, Michelin affiche un flux de trésorerie positif (appelé "free cash flow structurel" par le groupe) de 1,27 milliard d'euros. C'est d'ailleurs cet indicateur que décident de mettre en avant d'autres analystes comme Michael Founkoudis d'Oddo BHF et Gaetan Toulemonde de Deutsche Bank. "Nous avons été capables de compenser complètement le coût plus élevé de l'inflation", a commenté Jean-Dominique Senard. Celui qui dirige l'équipementier depuis 2012 s'est également réjoui de la capacité du groupe "à améliorer son résultat opérationnel et à confirmer les progrès de son "free cash flow" structurel obtenus depuis plusieurs années dans un environnement économique difficile (en 2018)".

"Rajoutez à cela quelques couvertures de short et un "warning" qui avait fait baisser le titre de 12% le 18 avril dernier et le cocktail était bon", ajoute Pierre-Yves Quéméner. Pour Jean-Louis Sempé, un autre élément est à prendre en compte pour relativiser le bond du titre qui serait "plus lié au contexte de reprise des négociations sino-américaines qui emballe le marché avec effectivement une sensibilité spéciale de Michelin au marché chinois des poids lourds (50% du marché mondial) qui peut rassurer les investisseurs". De fait, si le communiqué du groupe explique que certains de ces marchés ont été "perturbés par la baisse de la demande chinoise", Pierre-Yves Quéméner observe que l'équipementier "n'est pas le plus impacté (du secteur) par les déboires" du plus gros marché mondial.

Perspectives positives

"Les résultats du groupe sont formidables et ils vont continuer à l'être (...) Le potentiel de Michelin est quelque chose qu'on a du mal à mesurer, tant il est important", a ainsi affirmé Jean-Dominique Senard. "Oui, les résultats sont meilleurs qu'attendu et les perspectives 2019 également, notamment au niveau opérationnel et cash" juge Michael Founkoudis d'Oddo BHF, qui met en avant la "bonne surprise sur les volumes de fin d'année (grâce aux poids lourds US), un meilleur prix-mix et une accélération des gains de compétitivité" du groupe.

Pour 2019, le manufacturier a indiqué avoir pour objectifs "une croissance des volumes en ligne avec l'évolution mondiale des marchés, un résultat opérationnel des secteurs supérieur à celui de 2018 hors effet de change (...) et un flux de trésorerie positif de 1,45 milliard d'euros". Le directeur général exécutif Florent Menegaux, qui prendra la succession de Jean-Dominique Senard, a reconnu que l'environnement était "incertain" mais a promis que Michelin allait maintenir sa stratégie de stricte discipline sur les prix et les marges, sans oublier de rendre hommage aux résultats de son prédécesseur.

Quentin Soubranne - ©2019 BFM Bourse
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