(BFM Bourse) - Le groupe au bidendum a livré des résultats supérieurs aux attentes, accompagnés certes de perspectives prudentes. Le pneumaticien a aussi atténué les craintes sur l'allocation du capital en annonçant un retour à l'actionnaire.
Le millésime 2025 a écorné le blason boursier de Michelin. Le fabricant de pneumatiques a perdu l'an passé près de 11%, accusant la septième plus forte baisse du CAC 40.
Réputé pour sa résilience, Michelin a été rattrapé l'atonie du marché américain, notamment sur la première monte (par opposition aux pneus de remplacement) pour les véhicules poids lourds et les engins agricoles. Le groupe clermontois a, en conséquence, émis un lourd avertissement sur résultats en octobre dernier.
Après cette année 2025 à oublier, la société au bibendum a commencé à retrouver de l'allant, fin janvier, lorsqu'elle avait annoncé que sa génération de trésorerie au titre de 2025 dépasserait largement les attentes.
Mercredi soir, après la clôture du marché, Michelin a livré l'intégralité de ses comptes au titre de 2025. La copie globale a obtenu un satisfecit à la Bourse de Paris, où l'action a repris 4,9% ce jeudi à la clôture.
Bernstein évoque "un trimestre très solide qui a apporté des réponses claires à de nombreuses questions".
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Le prix-mix se redresse
Sur les trois derniers mois de 2025, Michelin a enfin enregistré une légère accalmie sur les volumes de pneus, avec une baisse de 2,4%, après une chute de 4,5% au troisième trimestre, 4,9% au deuxième et 7,3% au premier.
Surtout, Michelin a redressé le "prix-mix", c'est-à-dire à la fois sa capacité à tirer les prix vers le haut et à orienter ses ventes vers des produits et des régions avec des tarifs plus élevés.
Ce "prix-mix" a atteint +2,6% après +1,5% au troisième trimestre (et 3,3% au deuxième).
Bernstein note qu'après le troisième trimestre, lorsque le groupe avait sous-performé ses rivaux sur cet indicateur, des questions s'étaient posées sur le positionnement prix de Michelin et son exposition aux importations de pneus de groupes concurrents (comme des entreprises chinoises).
Le marché redoutait que le "prix-mix" retombe à zéro au quatrième trimestre, remarque Bernstein. Il n'en a donc rien été.
Le résultat opérationnel des secteurs, principal indicateur de rentabilité du groupe, s'est inscrit à 12,7 milliards d'euros au second semestre, soit 7% au-dessus du consensus (la prévision moyenne des analystes).
Sur l'ensemble de 2025, Michelin a dégagé des revenus de 25,9 milliards d'euros en baisse de 1,4%, un résultat opérationnel des secteurs de 2,72 milliards d'euros et un bénéfice net de 1,7 milliard d'euros, en légère baisse par rapport à 2024 (1,89 milliard d'euros).
Des rachats d'actions qui surprennent
Pour 2026, Michelin a indiqué tabler sur un résultat opérationnel des secteurs supérieurs supérieur à celui de 2025, et une génération de trésorerie supérieure à 1,6 milliard d'euros.
Ces perspectives sont jugées prudentes par Oddo BHF mais pas surprenantes pour autant "après les déceptions de 2025 mais aussi face à l’incertitude économique et l’arrivée prochaine d’une nouvelle directrice financière", explique le bureau d'études.
Le groupe a par ailleurs annoncé un nouveau programme de rachats d'actions de 2 milliards d'euros pour 2026-2028.
Cette annonce rassure le marché, estime Bernstein, car les récentes acquisitions de la société dans des activités hors pneus avaient jeté le doute sur "la capacité et la volonté (de Michelin, NDLR) à privilégier le retour de cash à l'actionnaire".
UBS de son côté estime que ce programme de rachats d'actions est positif pour l'action car il dépasse 1 milliard d'euros.
In fine "cette publication confirme que le pire est désormais derrière Michelin et qu’un rebond opérationnel semble enfin à portée après deux exercices très difficiles (le résultat opérationnel des secteurs de 2025 affiche une baisse de 24% contre 2022)", explique Oddo BHF.
"Pour autant, le groupe devra démontrer une exécution nettement plus solide — notamment dans le poids lourd et certaines spécialités — alors même que la reprise attendue en 2026 reste concentrée sur le second semestre et que les attentes du marché demeurent élevées", prévient le courtier.
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