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CAC MID & SMALL

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Cac mid & small : Après avoir brillé en Bourse en 2025 avec la défense et les biotechs, les petites et moyennes capitalisations françaises en ont-elles encore sous la pédale?

Aujourd'hui à 12:00
Les petites et moyennes capitalisations vont-elles encore progreser en 2026?

(BFM Bourse) - Après plusieurs années difficiles, les petites et moyennes capitalisations françaises se sont illustrées en 2025, surperformant même les cadors de la place parisienne. Ce réveil est-il seulement un feu de paille ou révélateur d'une tendance plus durable?

Les derniers millésimes boursiers n'étaient clairement pas en faveur des petites et moyennes capitalisations de la place parisienne. Dans un précédent article, nous avions décrit les raisons qui expliquaient la sous-performance chronique de cet univers. Notamment le fait qu'elles sont très sensibles aux taux d'intérêt élevés.

L'année 2025 a été plus favorable à ce compartiment de la cote, marquant la fin d'une longue traversée du désert pour les petites et moyennes capitalisations de la Bourse de Paris. L'an passé, le CAC Small s'est apprécié de plus de 55%, écrasant le CAC 40 qui n'a gagné que 10,42% sur la période. Le CAC Mid&Small affiche une performance honorable, glanant un peu plus de 13% sur 2025.

Le réveil d'un compartiment délaissé de la cote

Ce compartiment de la cote s'est particulièrement illustré avec les valeurs biotech et celles de la défense. Figure de proue de ce réveil boursier, la biotech Abivax qui s'est illustrée avec une performance stratosphérique de 1.681% en 2025. Soit la plus forte performance sur le Vieux continent. Une performance à saluer pour une entreprise qui pesait moins de 500 millions d'euros en Bourse fin 2024.

L'envolée boursière d'Abivax, qui lui a ouvert les portes du SBF 120 et d'un indice européen majeur en septembre 2025, s'explique à la fois par des résultats cliniques probants et par des spéculations d'offre publique d'achat (OPA).

Les valeurs exposées à la défense ont également nettement contribué à la performance de l’indice CAC Mid&Small rappelle pour sa part TP ICAP Midcap. Le bureau d'études cite le spécialiste des drones sous-marins Exail Technologies (+365,5% en 2025) , ou des drones professionnels Parrot qui a flambé de 160%, ou Lumibird qui a bondi de 126,5%.

"Historiquement, lorsque les petites capitalisations se réactivent, le mouvement est souvent rapide et intense durant les premiers mois, mais la surperformance peut se prolonger plusieurs années. Par ailleurs, les budgets allemands et l’assouplissement monétaire amorcé en juin 2024 n’ont pas encore pleinement déployé leurs effets sur l’économie. Le meilleur reste sans doute à venir", expliquait Raphaël Moreau, gérant coordinateur de Sextant PME et Sextant Europe en novembre 2025.

Cet optimisme est partagé par plusieurs experts de marché. "Après une année 2025 exceptionnelle grâce aux valeurs de la défense et des biotechs, il n'est donc pas exclu que le CAC Small progresse à nouveau de 10 à 20% en 2026, après la hausse de 55% de 2025", a signalé Vincent Le Sann à BFM Bourse.

Une décote de valorisation

Quid de 2026? Les petites et moyennes capitalisations commencent ce nouvel exercice en territoire positif, souhaitant garder l'avance glanée en 2025. L'indice CAC Mid&Small grimpe de 1,4% et son petit frère, le CAC Small, bondit de 4,4%, tandis que l'indice phare est légèrement en territoire négatif depuis le début de l'année, en raison de l'exposition de son secteur phare du luxe aux craintes géopolitiques et conjoncturelles*.

Ce comportement vient quelque peu accréditer la thèse d'un petit de coup de pouce calendaire appelé "effet janvier".

Moins connu que le "rallye de Noël" ou le "Mark Twain effect", l'effet janvier veut que les petites capitalisations surperforment les poids lourds de la cote lors du premier mois de l'année. Il existe plusieurs hypothèses mais pas réellement de théories vérifiées. L'hypothèse la plus courante est que les investisseurs individuels, sensibles à l'impôt sur le revenu et qui détiennent de manière disproportionnée de petites actions, liquident certaines positions perdantes pour des raisons fiscales en décembre, pour ensuite racheter les mêmes actions pour repartir sur un cours plus bas en janvier.

Malgré cette surperformance sur les marchés, la décote de valorisation sur les Small et Mid caps est toujours présente, pointe aussi TP ICAP Midcap. Le bureau d'études spécialisé dans cet univers de la cote rappelle que l'indice CAC Mid & Small affiche un ratio cours sur bénéfices 2026 de l’ordre de 14,4 fois contre 16,3 fois pour le CAC 40 alors que les attentes de croissance sont supérieures pour les petites valeurs. La croissance des bénéfices par action attendue est +23% sur le CAC 40 contre +56% pour le CAC Mid&Small, précise-t-il.

"L'année 2026 devrait enfin marquer le rebond des bénéfices par action pour les small et mid caps après trois ans de stagnation, si ce n'est négatif", fait valoir Louis de Fels, directeur général chez Gay-Lussac Gestion à l'antenne de BFM Business.

"La croissance médiane du bénéfice par action sur les valeurs du CAC Mid&Small est attendue en progression de 15% en 2026. Avec un PER 2026 de 11,8x, le Price Earning Growth est inférieur à 1, ce qui indique que les prix de ces actifs cotés restent attractifs", a détaillé Vincent Le Sann.

Pour Vincent le Sann, outre cette sous-valorisation manifeste, plusieurs signaux convergents vont aussi plaider en faveur d'une hausse des petites capitalisations en Bourse. Le spécialiste de marché cite un dynamisme de la collecte des fonds portée par les fonds de fonds (CDC Croissance, FRR), une amélioration du contexte macroéconomique, avec une reprise attendue en 2026/2027 avec le plan de relance allemand.

Un compartiment de la cote moins exposé aux droits de douane

Pour 2026, le stock-picking (sélection de valeurs, NDLR), dans l’univers Small & Mid Caps devra rester rigoureux, en ciblant les entreprises de qualité, innovantes, bien gérées et capables de tirer parti de la conjoncture tout en résistant aux aléas, remarque aussi TP ICAP Midcap.

En parlant d'aléas, les petites et moyennes capitalisations ont mieux résisté aux annonces américaines sur les droits de douane que les cadors de la cote parisienne. Elles sont beaucoup moins internationalisées que les ténors de la cote. Ce qui était leur talon d'Achille il y a encore quelques années, est désormais leur force. "Les droits de douane touchent très peu les 'small caps'. Les valeurs du CAC 40 réalisent 78% de leur chiffre d'affaires à l’international, tandis que pour celles du CAC Small, c’est seulement entre 18% et 20%", rappelait Eric Lewin au printemps 2025.

Notamment en avril 2025, quand les marchés financiers ont évolué tout au long du mois au rythme des annonces sur les tarifs douaniers entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux. Entre le 2 et le 10 avril, le durcissement des relations avec Washington a fortement pesé sur la Bourse de Paris, provoquant une chute de 11% du CAC 40 tandis que le CAC Small n'avait rendu que 3,4% sur la période.

Le réveil boursier des petites et moyennes capitalisations peut-il changer la donne et inciter de nouvelles entreprises à rejoindre la Bourse de Paris? Si l'année dernière, ce n'était pas le cas, le réservoir, plus communément appelé "pipeline", de prétendants à une entrée en Bourse est déjà garni pour 2026.

"On travaille pour une société qui intervient dans le domaine du conseil, organisation pour les entreprises. Également, une société industrielle dans le domaine de la défense et puis aussi une société dans le domaine du luxe. Donc on voit que c'est assez diversifié, un peu à l'instar de la cote", avait-il détaillé à l'antenne de BFM Business.

D'autant plus que les quelques sociétés qui sont arrivées en Bourse au cours des trois dernières années présentent un profil plus robuste qu'en 2021.

"Désormais, les investisseurs vont rechercher plutôt des sociétés rentables à l'image de Semco Technologies, Stif ou encore Odyssée Technologies. Contrairement à la phase qu'on avait pu connaître juste après le Covid, ces entreprises ont toutes une maturité en termes de résultats. Ça n'a pas été forcément le cas sur cette vague où on a vu beaucoup de sociétés (dans le domaine) des énergies nouvelles qui venaient avec des plans de croissance importants, mais pas encore de rentabilité", rappelait également Vincent Le Sann.

"Et quand les investisseurs ont gagné de l'argent sur les opérations, ils regardent bien évidemment les entreprises qui se présentent à eux avec un œil forcément plus favorable", a ajouté le spécialiste de marché.

*Variations arrêtées à la clôture du 23 janvier

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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