(BFM Bourse) - Nous sommes au coeur d'une réaction de contestation, dont la volatilité se mesure à l'aune des dépréciations initiales sur le marché parisien. Et ce alors même que la tendance de fond reste baissière.
Le CAC 40, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a grignoté 0,55% à 5 794 points (points bas à 5 654, 140 points en-deçà), avec l'appui de dossiers Value et industriels, à l'image de Stellantis (+1,87% à 12,506 euros), Engie (+2,25% à 12,108 euros), Veolia Env (+2,38% à 20,18 euros), Saint Gobain (+2,93% à 38,135 euros), TotalEnergies (+3,08% à 49,76 euros), et ArcelorMittal (+3,61% à 21,41 euros). La préouverture laisse augurer une première partie de séance largement dans vert ce mardi, et ce alors même que les sources de craintes ne manquent pas, tant sur les plans monétaires, géopolitiques, macroéconomiques et microéconomiques.
A ce titre, les craintes sur la santé financière de Credit Suisse resteront d'actualité tant qu'elles ne seront pas levées. D'ailleurs, les vendeurs à découvert sont sortis du bois sur Credit Suisse avec des positions courtes sur les actions du groupe bancaire suisse qui ont augmenté de 25,4 millions d'actions, au cours de la semaine écoulée, d'après S3 Partners, cité par l'Agefi-Dow Jones. "En Europe, le cas de crédit Suisse inquiète beaucoup les investisseurs, après des commentaires du patron de la banque suisse et une forte augmentation des credit defaut swaps (CDS) de celle-ci. Ces produits financiers traduisent du coût de l’assurance contre un défaut de l’entité sur laquelle ils sont adossés. Les CDS de Credit Suisse atteignent maintenant les niveaux observés en 2009 lors de la crise des subprimes" décrypte Vincent Boy, Analyste marchés chez IG France.
Côté statistiques lundi, la publication, en données finales, du PMI industriel allemand, ressorti à 47,8, contre 48,3 en première estimation, a déçu. Un indicateur d'activité qui milite à lui-seul pour l'entrée imminente en récession de la première économie de la Zone Euro.
Phil Smith, Economics Associate Director at S&P Global Market Intelligence, a commenté froidement ces chiffres: "La flambée des prix de l'énergie a mis fin à la ralentissement de l'inflation des coûts des intrants constaté au cours des dernières mois, l'amenant à réaccélérer en septembre. Si la demande continue de chuter dans le mois à venir comme les entreprises s'y attendent, subir des coûts plus élevés deviendra inévitablement de plus en plus plus difficile, ce qui comprimera mécaniquement les marges. En effet, nous recevons déjà des rapports de certains fabricants essayant de améliorer la trésorerie en épuisant les stocks d'achats."
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont clôturé en nette hausse, à la faveur d'une détente significative sur les marchés de taux. Le Dow Jones a gagné 2,66% à 29 490 points et le Nasdaq Composite 2,27% à 10 815 points. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a gagné 2,59% à 3 678 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 0,9860$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 84.00$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce mardi, l'indice des prix à la production à 11h00, et les nouvelles offres d'emploi (JOLTS) aux Etats-Unis à 16h00.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Les 6 000 points symboliques ont été rompus dans des conditions validantes de volumes et de volatilité, et la nouvelle zone de travail identifiée entre 5 785 et 6 000 points aura été traversée d'un seul trait la semaine passée. A ce stade, la possibilité d'une réaction technique va prendre corps. Il nous manquait la matérialisation des conditions de sa mise en place.
La capacité à clôturer au-dessus des points de la clôture du 26 septembre (marteau inversé) est confirmée, mais dans des volumes faibles et décroissants. Nous maintenons l'idée d'une poursuite d'un rebond de contestation, mais pour une poignée de séances seulement. La moyenne mobile à 20 jours (en bleu foncé) sera là pour rappeler le marché à l'ordre. En attendant, ce sont les dossiers à très fort effet Bêta actuel qui vont tirer le marché vers le haut sur cette poignée de séances, équipementiers automobiles en tête.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est positif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario haussier est valable tant que l'indice CAC 40 cote au dessus du support à 5640.00 points.
Le conseil BFM Bourse
Graphique en données horaires

Graphique en données quotidiennes
