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Comme le roseau, la Bourse de Paris a plié, sans rompre, accusant tout de même une baisse de 2,17% à 8 394 points, après un weekend de conflits armés entre les Etats-Unis et Israël d'une part, et l'Iran d'autre part. Un conflit qui a des répercussions dans l'ensemble du Golfe persique.
Les États-Unis et Israël ont lancé dans la nuit de vendredi à samedi l'opération "fureur épique" contre le pays, avec notamment la mort du guide suprême iranien Ali Khameini, samedi. L'Iran de son côté enchaîne plusieurs frappes contre ses voisins du Golfe en réponse aux raids américano-israéliens.
Le marché a été lourdement pénalisé, mécaniquement, par les titres des compagnies aériennes et de l'hôtellerie, alors que de nombreux "hubs" aéroportuaires du Golfe sont paralysées. Air France a chuté de 9,43% et Accor de 8,89%. ADP a perdu 3,21%. Tandis que de l'autre côté du spectre, les titres des sociétés ayant des débouchés dans la défense tiraient leur épingle du jeu, tout comme les (para)pétrolières, dans le sillage de la flambée des cours du brut. Exail Tech a gagné 6,44% et Exosens 4,82%, porté de surcroit par un contrat avec le Pentagone. Dassaut Aviations, après un excellent début de séance, a finalement clôturé à l'équilibre. Maurel et Prom (+6,55%), GTT (+3,32%) et Total Energies (+3,09%) faisait partie des rares composantes du Compartiment A de la cote à afficher des performances largement positives.
Le vrai point d'incertitude, à ce stade, est "la durée du conflit", soulève Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM. D Trump parle de 4 semaines, mais le temps est relatif avec l'imprévisible locataire de la Maison Blanche, qui avait promis, souvenons-nous, dès sa prise de fonction pour son second mandat, une résolution de la guerre en Ukraine en 24 heures.
"Les marchés anticipent que le conflit ne durera pas plus longtemps que celui de mi-2025. Pourquoi ? Trump n’a aucun intérêt à un enlisement qui pourrait compromettre ses chances de victoire lors des élections de mi-mandat. C’est aussi notre avis. Mais un nouveau paramètre est à prendre en compte. Cette fois, l’administration Trump appelle ouvertement à un changement de régime. Ce n’est pas une guerre comme les autres pour la République islamique. C’est une guerre de survie. En fonction de la capacité de l'Iran à poursuivre ses frappes dans la région, du soutien militaire de ses alliés (Hezbollah, Houthis) et de la situation sur le terrain en Iran (troubles intérieurs, conflits internes au sein du pouvoir), nous pourrions nous diriger vers un conflit plus long et des tensions plus importantes sur les marchés que prévu. Peut-être que cette fois-ci les investisseurs pêchent par excès de confiance. Peut-être…"
Sur le front statistique, le baromètre d'activité industriel ISM a dépassé les attentes, à 52,4. De quoi repousser davantage les perspectives calendaires d'un nouvel assouplissement monétaire de la Fed.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé en ordre dispersé, à l'image du Dow Jones (-0,15%) et du Nasdaq Composite (+0,36%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a symboliquement préservé quelques gains (+0,04% à 6 881 points).
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1800$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 72,66$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,01%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 60 points de base.
> Quant au VIX, il valait 21,44 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce mardi, à suivre en priorité les chiffres d'inflation (CPI) en Zone Euro, attendus à +2,2% annuel, hors alimentation, énergie, alcool et tabac.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
La volatilité historique s'intensifie, provoquant un élargissement notable des bandes de Bollinger, comme nous l'avions connu au tournant du mois d'octobre. L'indice a repris contact avec la borne haute jeudi 12/02, avant d'inverser la vapeur en séance. Sur des zéniths certes, mais sans sérénité. La bougie en harami du 19/02 est venu le rappeler froidement. Alors que la séance du 20 février aura fait basculer formellement le RSI (14) en zone de surachat. Le gap très ample du lundi 2 mars a marqué une rupture, prémisse d'une phase de respiration forcée des cours.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8645.00 points.
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