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Le marché parisien plafonne à proximité du seuil technique des 7 900 points, alors que le marché commence à se raconter l'histoire - pas nouvelle ! - de la dette américaine. Il était une fois, le plus puissant pays du monde, qui avait accumulé une dette colossale...
Et ce sujet de fond est revenu clignoter sur les écrans des traders, avec un échauffement des taux souverains après la dégradation de la note étasunienne par l'agence Moody's. L'agence de notation a privé la dette américaine de sa précieuse note Aaa pour la rétrograder à Aa1 avec une perspective stable.
Mardi, Donald Trump s'est rendu au Congrès, pressant les élus républicains à soutenir sa "grande et belle loi", alors que d'importantes dissensions au sein du parti présidentiel ralentissent l'examen de ce projet fiscal.
Or, cette vaste réforme fiscale pourrait entraîner une hausse de la dette américaine, qui est déjà au niveau insoutenable de 37.000 milliards de dollars. "Le projet de loi fiscale du président Trump a intensifié les inquiétudes concernant la viabilité budgétaire à long terme, en particulier après la décision de Moody's d'abaisser la note de crédit souveraine des États-Unis vendredi", estimait Konstantinos Chrysikos chez Kudotrade, avant que cette méga-loi budgétaire ne soit votée.
Le marché s'interrogeait hier surtout sur la portée de ce texte sur la trajectoire de la dette des États-Unis. Ce projet pourrait en effet alourdir la dette publique américaine, déjà colossale à près de 37.000 milliards de dollars, de 3.800 milliards sur la prochaine décennie, selon les estimations du Congressional Budget Office (Bureau du budget du Congrès).
Au chapitre statistique jeudi, on notera lourde déception sur la composante allemande du PMI Services allemand, en première estimation pour le mois en cours, à 47,2 (2,4 points sous la cible).
"L'économie de la zone euro peine à reprendre pied. L'indice PMI composite, qui ne laissait entrevoir que de faibles signes de reprise depuis janvier, met en évidence un retour de la contraction dans le secteur privé de la région en mai. Or, cette baisse de l'activité ne résulte pas des droits de douane américains. L'entrée en vigueur de ces nouveaux tarifs douaniers a plutôt favorisé une légère reprise de l'activité industrielle récemment" a éclairé Dr. Cyrus de la Rubia, Chef économiste à Hamburg Commercial Bank.
"La production manufacturière a en effet augmenté pour un troisième mois consécutif tandis que, pour la première fois depuis avril 2022, le volume des nouvelles commandes obtenues par les fabricants n'a pas diminué. En revanche, dans le secteur des services, pourtant moins exposé aux changements de politiques commerciales américaines que le secteur industriel (à l'exception d'activités spécifiques telles que la logistique internationale), l'activité a reculé pour la première fois depuis novembre 2024. Si le volume des nouvelles affaires en provenance de l'étranger a diminué, c'est la faiblesse de la demande intérieure qui semble principalement peser sur les performances du secteur."
L'IFO du climat des affaires dans la première économie de la Zone Euro (87,5) reste sous pression mais sans s'éloigner significativement du consensus.
Du côté des valeurs, Elior clôture en hausse de 3,8% après la publication des résultats du premier semestre 2024-2025. Le spécialiste des extraits naturels Robertet a gagné 1,8% après avoir annoncé son plan stratégique pour les cinq prochaines années et vise un chiffre d'affaires compris entre 1,1 et 1,2 milliard d'euros à horizon 2030. Des dossiers à fort effet d'amplification étaient sous pression, à l'image de Forvia (-3,86%) ou Hermes (-2,36%).
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont finalement terminé la séance de jeudi à des niveaux proches de l'équilibre. Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a fini à 5 842 points. La figure de retournement baissier de court terme sous les 6 000 points se précise.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1320$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 60,80$. Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,53%. Quant au VIX, il valait 20,28 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce vendredi, à suivre en priorité les ventes de logements neufs aux Etats-Unis à 16h000.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le gap d'ouverture, ample, vendredi 02 mai, a montré un premier essoufflement du mouvement de rattrapage amorcé le 08 avril. Désormais, l'indice est sous des forces de résistance, matérialisées entre autres par un autre gap, baissier celui-ci: celui du jeudi 03 avril, soit le début de la vive correction liée à l'entrée en vigueur de droits de douane prohibitifs. Ce niveau se double de la moyenne mobile à 50 jours (en orange), qui constitue un test graphique. Ce test graphique est pour l'heure en passe d'être réussi, mais le comblement d'un autre gap, celui du 31 mars, invite à la retenue. D'autant que le VIX vient de repasser la borne des 20.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 7900.00 points.
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