(BFM Bourse) - Dans une actualité fournie sur le front des décisions des grandes banques centrales de la planète, le CAC 40 a perdu 2,39% hier à 5 886 points, enfonçant de nouveau le seuil hautement symbolique des 6 000 points, seuil au-dessus duquel il était parvenu à surnager après que la BCE ait réuni un Conseil des Gouverneurs d'urgence la veille. Visiblement la conception des nouveaux outils développés n'aura pas convaincu. Franck Dixmier, directeur de la gestion obligataire du groupe d'assurance Allianz, souligne que ce communiqué n'apporte en fait rien de nouveau par rapport à ce qui avait été communiqué lors de la réunion de la semaine dernière. "Handicapée dans sa capacité à relever les taux sans être entravé par l’impact négatif d’un durcissement des conditions monétaires sur les pays aux finances publiques les plus fragilisées (au premier rang desquels l’Italie), la BCE semble perdre ses repères", note le gérant. "Beaucoup de bruit pour rien, et une crédibilité qui n’en sort pas grandie".
Pour rappel, mercredi, la Fed achevait (bien après la clôture à Paris) une nouvelle réunion de son Comité de politique monétaire par un relèvement de 75 points de base de ses Fed Funds, scénario qui commençait à être largement intégré par le marché, notamment au vu des derniers chiffres de l'inflation. William Gerlach, Country Manager France chez l'acteur des paiements internationaux, iBanFirst, note qu'il s'agit de "la plus forte augmentation depuis 1994". "Cela traduit un sentiment de panique au sein de la banque centrale alors que l'inflation se rapproche dangereusement du seuil symbolique des 10 % (qui devrait être atteint d'ici quelques mois, selon [iBanFirst])." Pour rappel, la hausse des prix atteint désormais aux Etats-Unis 8,6% en rythme annualisé, énergie et alimentation incluses.
Au chapitre statistique, décidément la semaine est compliquée. Tous les indicateurs importants sont ressortis en deçà de leurs cibles respectives jeudi, que ce soit pour l'indice manufacturier Philly Fed (-3,3), les nouvelles inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage (+229K) ou les ventes de logements et permis de construire. Le seul avantage relatif que les investisseurs peuvent voir dans cette mauvaise série statistique cette semaine est l'espoir d'une main moins lourde de la Fed dès le prochain FOMC. Cochons dores et déjà la date du 28 juillet.
Côté valeurs, seul Orange a surnagé (+0,31% à 10,914 euros) parmi les 40 valeurs phares. Engie a subi la plus forte chute, cédant près de 7,3% à 11,322 euros alors que le groupe annonce avoir constaté une baisse des livraisons de gaz après les restrictions sur l'or bleu russe. Rexel, candidat potentiel à arriver un jour dans l'indice depuis qu'il en a intégré l'antichambre, le Next20, a relevé ses objectifs de croissance et de rentabilité pour cette année. Mais le distributeur de matériel électrique, en hausse de 3% à l'ouverture, n'a finalement pas résisté au raz-de-marée, cédant 3,73% à 17,66 euros. La série noire a continué sur Atos (-7,36% à 12,655 euros) toujours dans le sillage du prochain départ de son directeur général et du projet de scission de l'entreprise en deux entités cotées distinctes. Depuis le début de l'année, il s'enfonce de plus de 66%.
De l'autre côté de l'Atlantique, nouvelle séance de purge pour le Nasdaq Composite (-4,08% à 10 646 points, -32% depuis le début de l'année). Le Dow Jones a pour sa part perdu 2,42% jeudi sous les 30 000 points symboliques. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 3,25% à 3 666 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,0430$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 116,00$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce vendredi, l'indice des prix à la consommation en Zone Euro, en données finales pour mai à 11h00 et le rapport fédéral sur l'industrie (production et taux d'utilisation des capacités) à 15h15.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Les signaux vendeurs se sont multipliés depuis la combinaison de bougies en "étoile du soir" (27, 30 et 31 mai). Les ouvertures successivement en gap baissier des deux dernières séances de la semaine 23, puis de la première séance de la semaine 24, ont été accompagnées d'une mobilisation continue du camp vendeur en cours de séance et de clôture sur les points bas de séance. Le tout dans des volumes en nette hausse. La dynamique de la participation aura suivi celle des dégagements, alors même que le CAC aura réintégré la partie inférieure à une oblique baissière qui garde ses attributs de résistance. Le tableau est sombre. L'impossibilité de regagner rapidement les gaps évoqués, milite pour une poursuite du mouvement. La clôture du jour ce vendredi par rapport au point bas de la semaine sera scrutée, car potentiellement riche d'enseignements.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 6000.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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