(BFM Bourse) - Sous pression à l'approche du rendez-vous annuel du symposium de Jackson Hole, alors même que les tensions inflationnistes restent vives de part et d'autre de l'Atlantique, le CAC 40 a de nouveau inscrit une clôture en territoire négatif mardi (-0,26% à 6 362 points), affirmant davantage les 6 550 points comme niveau de résistance. Dès demain, les dirigeants des grandes banques centrales échangeront sur les "difficultés" du métier... A savoir lutter contre l'inflation sans trop pénaliser l'activité économique. Dans un premier temps, les opérateurs sur devises tenteront d'affiner leurs prévisions de hausse des taux fédéraux pour l'échéance de septembre (+50 ou +75 pdb). L'option des 75 pdb tient la corde pour l'instant.
"Les marchés se confrontent à la réalité d’une politique monétaire qui sera durablement restrictive", constate Sébastien GRASSET (Auris Gestion). "Si en 2021, le discours de J.Powell à Jackson Hole mettait en garde contre les risques d'un resserrement prématuré, il [...] semble très peu probable, au vu du contexte, que le discours de cette année ait un caractère « dovish »."
James Bullard, le président de la Fed de Saint-Louis, a notamment indiqué jeudi dernier au Wall Street Journal être favorable à un relèvement des taux de 75 points de base en septembre. Neel Kashakari, qui préside la Federal Reserve Bank of Minneapolis, pas connu spécialement pour son caractère faucon, a même appuyé le scénario d'une portée des taux directeurs à 4% cette année et d'une poursuite en 2023 en direction des 4,5%.
L'enjeu est donc clair: mesurer le degré de fermeté du ton de Powell vendredi, lors de son discours.
Au chapitre statistique, les opérateurs ont composé hier avec les baromètres d'activité PMI en Zone Euro, ressortis de façon assez contrasté, dépassant même les attentes pour la composante industrielle allemande, en données flash pour le mois en cours, à 49,8. Pour rappel, la barre des 50 sépare, par construction, une expansion d'une contraction du secteur considéré sur ce type d'indicateur calculé après dépouillement d'enquêtes auprès de directeurs des achats. La déception est particulièrement forte en revanche du côté des services outre Atlantique, dont la composante manque totalement les attentes.
Siân Jones, Senior Economist at S&P Global Market Intelligence, a apporté les éclairages complémentaires suivants, sur les données synthétiques américaines, qui poursuivent leur baisse à 45 points: "Les données flash du PMI d'août sont encore déconcertantes, en raison de l'impact des hausses de taux d'intérêt et de fortes pressions inflationnistes. Hors période de mars à mai 2020, la chute de la production totale a été la plus forte jamais vue depuis le début de la série il y a près de 13 ans."
Côté valeurs, la remontée des cours de l’or noir a tiré vers le haut les actions des groupes pétroliers et parapétroliers. CGG et Vallourec ont gagné chacun plus de 6%, Technip Energies a avancé de 4,5% et TotalEnergies s'est adjugé 3,2%.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont symboliquement terminé la séance de mardi dans le rouge, à l'image du Dow Jones (-0,47% à 32 909 points) et dans une moindre mesure du Nasdaq Composite (quasi inchangé à 12 381 points). Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, s'est contracté de 0,22% à 4 128 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 0,9940$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 93,60$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce mercredi, outre Atlantique, les commandes de biens durables à 14h30, les ventes de logements en cours à 16h00 et les stocks de brut à 16h30.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
La structure en englobante haussière du 19 juillet, très nette, et marquée de surcroit par un dépassement de moyenne mobile, la formation d'un marubozu, a été suivie d'une consolidation en fanion, sur la partie haute de son corps. Techniquement, le message haussier de court terme s'en est trouvé pleinement renforcé, avec une confirmation consécutive: le croisement à la hausse de la moyenne mobile à 20 jours sur sa consœur à 50 jours, ce qui n'était plus arrivé depuis le 24 décembre 2021.
Le défi actuel est le franchissement durable d'une résistance à 6 550 points. Les caractéristiques du franchissement, notamment en termes de volatilité et de volumes, appuieront sa crédibilité le cas échéant. La notion de fédération sectorielle sera également importante pour trancher la question. Dans l'immédiat, ce défi s'est soldé par un premier échec avec les oscillations de la semaine passée. L'englobante baissière du 17 août a été suivie par la formation d'un gap baissier évoqué en préambule. Les 6 550 points sont basculés en résistance. Son statut est même renforcé.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 6550.00 points.
Le conseil BFM Bourse
Graphique en données horaires

Graphique en données quotidiennes
