(BFM Bourse) - Conséquence de la fermeté du ton de Powell, qui tenait discours à l'occasion du colloque annuel de Jackson Hole, et d' informations de presse, confirmées samedi, d'une intention de plusieurs responsables de la BCE de serrer davantage le virage monétaire en septembre, le CAC 40 a connu une séance pour le moins difficile vendredi, perdant 1,68% à 6 274 points, dans une accélération - contenue - des volumes d'échanges, et surtout sur clôture à proximité immédiate des points bas de la semaine.
Revenir à la stabilité des prix "prendra du temps" et entraînera "une longue période de croissance plus faible" ainsi qu'"un ralentissement du marché du travail", a martelé le Président de la Fed, depuis la vallée idyllique du Wyoming. Le banquier central a également prévenu que la lutte contre l’inflation ferait "souffrir les ménages et les entreprises américains". La Fed veut ramener la hausse des prix autour de 2%, et cette politique aura "une série de "coûts regrettables", a-t-il également affirmé.
La lutte contre l’inflation aux Etats-Unis “va faire souffrir les ménages et entreprises” américains, mais y renoncer serait encore plus dommageable pour l’économie, a prévenu vendredi le patron de la Banque centrale américaine (Fed), Jerôme Powell.
Sur la BCE, les probabilités d'assister à une accélération de la hausse des taux, soit le scénario de +75pdb en septembre, prennent corps.
Au chapitre statistique, ironie du sort, les Etats-Unis connaissent un premier ralentissement de la hausse des prix. Publié vendredi, l'indice des prix à la consommation core PCE (mesure de prédilection de la Fed) est ressorti en données corrigées des éléments volatils, à +0.1% en juillet, contre un consensus à +0.2% et un mois de juin à +0.6% en rythme mensuel. Sur un an il a progressé de 6,3% en juillet, marquant un net ralentissement par rapport à juin, où il avait progressé de 6,8%. Les revenus et dépenses des ménages ont en revanche complètement manqué les attentes en juillet, en ne grappillant que quelques points par rapport à juin.
Côté valeurs, le luxe, la technologie et l'automobile, payaient le plus lourd tribut à la perte des confiance des opérateurs, à l'image de Kering (-2,69% à 528,9 euros), LVMH (-2,72% à 669 euros), Hermès (-3,71% à 1 336,50 euros), Cap Gemini (-2,22% à 178,40 euros), Dassault Sysytèmes (-2,36% à 39,555 euros), STMicroelectronics (-2,62% à 35,565 euros), Stellantis (-2,48% à 13,744 euros), Michelin (-2,86% à 24,265 euros), et Renault (-3,27% à 27,405 euros). Les équipementiers Faurecia, Valeo et Plastic Omnium ont perdu respectivement 4,9%, 2,8% et 3,5%.
De l'autre côté de l'Atlantique, le reflux des indices vendredi en clôture se mesurait à l'aune de la fermeté des discours monétaires, le Dow Jones perdant 3,03% à 32 283 points, et le Nasdaq Composite près de 4% à 12 141 points. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 3,37% à 4 057 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 0,9930$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 93,90$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce lundi, le discours de Lael Brainard (FOMC) à 08h15. L'agenda se densifiera dès demain avec les prix à la consommation en Allemagne, l'indice de confiance des consommateurs américains (Conference Board) et les nouvelles offres d'emploi (JOLTS) outre Atlantique.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Comme vu en préambule, la proximité immédiate de la clôture de vendredi, après accélération baissière franche, avec les points bas hebdomadaires, envoie un message négatif. Elle acte la validation d'une figure assimilable à un pattern chartiste baissier à ligne de cou baissière, que le gap du 22 août avait déjà esquissée. Les 6 550 points sont définitivement qualifiables de résistance, et nous assistons à une entrée dans un nouveau cadre de travail sous la moyenne mobile à 50 jours (en orange).
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 6550.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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