(BFM Bourse) - Alors que le marché réalise que la Fed n'est pas encore disposée à lâcher un peu de tension sur sa corde monétaire, le CAC 40 s'est contracté de 0,47% à 6 576 points hier. Le scénario d'une poursuite d'une stratégie tout autant belliqueuse de la part de la Fed gagne du terrain. Les intentions de la Fed restent au cœur des débats, d'autant plus depuis les derniers chiffres d'inflation, en léger tassement pour les IPC, ont entretenu un début d'espoir.
Le marché est refroidi par les propos jugés restrictifs de plusieurs membres de la Réserve fédérale américaine (Fed), à savoir la présidente de la Fed de Kansas City, Esther George, et celle de San Francisco, Mary Daly. La première a notamment mis en garde, dans un entretien accordé au Wall Street Journal, sur le danger de stopper prématurément les hausses des taux directeurs. Mary Daly a, elle, estimé qu'un atterrissage des taux directeurs de la banque centrale entre 4,75% et 5,25% semblait "raisonnable".
Parmi les principaux enseignements sur le front statistique hier, hormis les chiffres sur l'immobilier ressortis parfaitement en ligne avec attentes, le Philly Fed (indice manufacturier de la Fed de Philadelphie) a particulièrement déçu, s'enfonçant davantage en territoire négatif à -19,4, manquant complètement la cible. En parallèle les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage, en restant proche des 220 000 nouvelles unités, confortent l'idée de tensions persistantes sur le marché de l'emploi, tensions génératrices d'inflation.
Côté valeurs, Renault a terminé en tête du CAC 40 (+2,3%) suivi de Société Générale (+0,84%) et BNP Paribas (+0,8%). Atos a gagné 2,7% après avoir annoncé la cession de ses activités en Italie. JCDecaux s'est adjugé 1,8%. Le groupe bénéficie d’un relèvement à l’achat de la banque UBS.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé la séance de jeudi en territoire rouge, sous la pression de la problématique des taux, à l'image du Dow Jones (-0,02% à 33 546 points) et du Nasdaq Composite (-0,35% à 11 144 points). Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, s'est contracté de 0,31% à 3 946 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,0380$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 82.10$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce vendredi, un discours de Mme Lagarde, Présidente de la BCE à 09h30, et la vente des logements anciens, outre Atlantique, à 16h00.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
La bonne surprise du ralentissement de l'inflation outre Atlantique, si elle a provoqué une envolée du Nasdaq Composite et du Nasdaq 100, du S&P500 dans une moindre mesure, a un effet de soulagement de ce côté-ci de l'Atlantique. La mobilisation continue du camp acheteur après la publication statistique s'est traduite jeudi 10/11 par un marubozu ample, qui est venu recouvrir le gap baissier du 22 août, avec un retour franc sur une zone de résistance à 6 550 points. La capacité à s'en affranchir dans de forts volumes viendrait ouvrir la voie à une poursuite du rally d'octobre. C'est ce niveau qui est justement en cours de redéfinition.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 6898.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 6390.00 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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