(BFM Bourse) - C'est un légitime mouvement de consolidation qui se dessine à Paris, sur fond d'incertitudes quant à l'allure de la courbe des Fed Funds pour les mois à venir. Si son rythme de hausse sera plus lent, la longueur d'atteinte du taux neutre, et la valeur de ce dernier, sont encore le fruit d'interprétation, alors que la macroéconomie envoie des signaux divergents (PCE et emploi la semaine dernière).
Hier, c'était l'ISM Services, ressorti bien au-delà des attentes, à 56,5 points, qui a paradoxalement crispé les salles des marchés, tout particulièrement outre Atlantique. Cette robustesse de ce pan de l'économie américaine vient doucher les espoirs d'une Fed plus accommodante, après l'annonce vendredi, de créations de postes qui ont dépassé les projections des économistes. "Le marché de l’emploi fait néanmoins encore de la résistance. Si les tensions sont, là aussi, un peu moins fortes, le marché du travail reste étonnamment solide", relève Thomas Giudici (Auris Gestion).
Côté valeurs, plusieurs dossiers ont été pénalisés par des abaissements de recommandations de la part des analystes. Plastic Omnium a cédé du terrain (4,2%) alors que JPMorgan est passé à "sous-pondérer" sur le titre tandis que Bouygues clôture en baisse de 2,9%, plombé par Bank of America qui a dégradé son conseil à "sous-performance". Beneteau a terminé la séance en forte hausse de 16,4% après avoir mis à jour ses perspectives pour ses exercices 2022, 2023 et 2025.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé dans le rouge, à l'image du Dow Jones (-1,40% à 33 947 points) et surtout du Nasdaq Composite (-1,93% à 11 239 points), par nature très sensible aux variations des rendements obligataires souverains. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 1,79% à 3 998 points, repassant symboliquement sous la barre des 4 000 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,0560$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 80.30$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce mardi, la balance commerciale américaine à 14h30. Déjà publiée, la variation mensuelle des commandes industrielles allemandes (+0,8%) en octobre, a largement dépassé les attentes.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Les cours de l'indice phare parisien sont désormais en partie haute d'un range entre 6 550 points et 6 740 points, dans lequel, jusqu'à présent, se dessinait l'amorce d'une figure chartiste. Celle-ci ne se poursuivrait qu'en cas de décrue au sein du canal latéral. A l'inverse, un dépassement franc, sur gap non contesté par exemple, viendrait ouvrir la voie à une atteinte rapide des 6 900 points. Dans l'immédiat, une nouvelle respiration des cours sous les 6 740 points est le scénario privilégié, qu'est venu confirmer le contenu du rapport NFP vendredi. Techniquement, aucun soutien matérialisé suffisamment solide n'est en mesure à s'opposer à une consolidation en direction des 6 550 points.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 6898.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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