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Alors que le prix du gaz explosait et que le baril de Brent se maintenait au-delà de la barre symbolique des 100$ en raison d'une série d'attaque israélienne sur un site majeur d'hydrocarbures en Iran, le CAC a plongé de plus de 2% à 7 807 points jeudi, dans des volumes en vive hausse. Francfort perdait 2,82% à la clôture et Milan 2,32%. Les investisseurs ont dû digérer, au lendemain de la Fed, le ton extrêmement prudent de la BCE qui achevait un Conseil des Gouverneurs.
L'immense champ gazier de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde et qui est opérée conjointement par l'Iran et le Qatar, a été visé. "C'est important car cela a marqué la première frappe contre leurs installations en amont depuis le début de la guerre actuelle", observe Deutsche Bank. Mercredi soir, le plus important site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) et opéré par le Qatar a subi des "dommages importants" après avoir été percuté par un missile iranien.
La BCE a - comme c'était très largement anticipé - laissé ses principaux taux directeurs inchangés, tout en faisant montre d'une grande prudence face à l'escalade du conflit au Moyen-Orient.
"L’Europe a davantage à perdre dans ce choc énergétique, et la BCE en est consciente. Ce contexte a entraîné aujourd’hui un changement de ton significatif. Les prévisions d’inflation ont été révisées à la hausse, celles de croissance revues à la baisse, et l’hypothèse d’un resserrement monétaire est désormais envisagée. La BCE ne s’engage pas à relever ses taux, mais elle ne cherche pas non plus à contrer le revirement marqué des anticipations de marché, ni à l’exclure", décrypte Madison Faller, stratégiste en investissement mondial chez J.P. Morgan Private Bank.
"D’emblée, la banque a mis en exergue le risque de stagflation que la guerre au Moyen-Orient a soudainement ravivé. A court terme, la hausse des prix de l’énergie engendrée par le conflit exercera une réelle pression haussière sur l’inflation. A moyen terme, l’incertitude est grande quant aux impacts sur les prix et la croissance. Beaucoup dépendra de l’amplitude et de la durée des hostilités", complète Alexandre Perricard, président d’Uzès Gestion.
Au chapitre statistique, les investisseurs ont pris connaissance des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage (205 000) et de l'indice manufacturier Philly Fed (18,1), tous deux dépassant les attentes.
Côté valeurs, Totalenergies grimpe de 4,2% soutenu par la hausse des cours du brut, tout comme Maurel et Prom (+5,15%), ou GTT, bien aidé par les cours du gaz naturel. A contrario, Air France-KLM a chuté de 6,2%, plombé par la hausse du pétrole synonyme de facture carburant alourdie. Accor a plongé de 6%. Le groupe est très exposé au Moyen-Orient et, surtout, la société fait face à de lourdes accusations de la part d'un vendeur à découvert, Grizzly, qui affirme que des hôtels du groupe ont facilité la traite d'êtres humains.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont clôturé dans le rouge, à l'image du Dow Jones (-0,44%) et du Nasdaq Composite (-0,28%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, s'est contracté de 0,27% à 6 606 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1570$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 99,32$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,27%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 60 points de base.
> Quant au VIX, il valait 24,60 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce vendredi, à suivre en priorité la balance commerciale en Zone Euro à 11h00.
A noter que la côte Est des Etats-Unis étant passée en horaires d'été, Wall Street ouvre, jusqu'à ce que Paris y passe à son tour, à 14h30 heure française.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Après un deuxième gap très ample en autant de séances, l'indice phare français a tracé une bougie en marubozu noir d'école mardi 03 mars. Les dégagements se sont construits tout au long de la séance, marquant une mobilisation continue du camp vendeur. Au point de retracer en deux séances seulement les gains engrangés en deux mois. De qui corroborer l'adage boursier qui stipule que "la Bourse monte en prenant l'escalier et descend par l'ascenseur".
Naturellement, la dynamique des volumes d'échanges sera scrutée tout au long de la réaction technique amorcée le 04 mars, sans conviction. La prochaine zone d'achat franc se situe sur les 7 680 points.
Les 8 000 points symboliques ont cédé vendredi 06 mars, et cette rupture est pleinement validée sur gap le lundi 09 mars. Le pullback consécutif a valeur de confirmation.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8645.00 points.
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