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Alors que la baril n'a pas été aussi cher depuis 2022, l'appétit pour le risque restait comprimé à la Bourse de Paris, dont l'indice phare le CAC40, a perdu 0,39% mercredi, à 72 points au-dessus du seuil symbolique des 8 000 points, à la veille de l'issue d'un Conseil des Gouverneurs de la BCE.
Les États-Unis ont évoqué mercredi 29 avril la perspective d'un long blocus des ports iraniens, avec un impact immédiat sur les cours du pétrole, alors que les perspectives de tractations avec l'Iran sont au point mort. De son côté, Téhéran a accusé Washington de vouloir l'effondrement de la République islamique.
Sur fond de négociations au point mort, le marché mise donc désormais sur un blocage prolongé du détroit d'Ormuz, ce qui a pour effet direct d'alimenter une flambée des prix du pétrole. Une situation géopolitique qui a forcément percuté le Comité de politique monétaire de la Fed, achevé hier soir par un statu quo sur les taux.
Bénédicte Kukla, Chief Strategist chez Indosuez Wealth Management pense que "la BCE devrait rester attentiste lors de sa réunion du 30 avril, maintenant une posture d’observation pendant que les marchés financiers resserrent eux-mêmes les conditions : le rendement du Bund allemand à 10 ans a dépassé 3 % (contre environ 0 % au début de la guerre en Ukraine), ce qui renchérit le coût du crédit et réduit la nécessité d’une intervention immédiate de la BCE."
"Bien que le souvenir de l’inflation reste vif chez les consommateurs, le choc énergétique actuel est moins important qu’en 2022 et la marge de manœuvre budgétaire des Etats est plus limitée. Compte tenu de ces facteurs, demande en repli, pressions persistantes sur les prix des matières premières et contraintes budgétaires, la BCE devrait rester prudente. Les marchés anticipent déjà plus de deux hausses de taux dans un contexte d’attentes d’inflation accrues, mais avec le resserrement des conditions financières déjà à l’œuvre, nous pensons que la BCE peut se permettre de rester en pause et de laisser les marchés faire le gros du travail."
Côté valeurs, Airbus a grimpé de 5,1% alors que la société a pourtant manqué le consensus au premier trimestre. La direction de la société a toutefois donné des éléments d'explications rassurants sur la trajectoire de livraisons. Totalenergies clôture quasi stable (-0,05%), en dépit de la hausse des prix de l'or noir et de la publication de résultats supérieurs aux attentes au premier trimestre, avec un bond de 51% de son bénéfice net. Hors CAC 40, Sopra Steria a flambé de 17,5%, porté par une publication trimestrielle supérieure aux attentes, avec une activité tirée par la France. En revanche, l'exploitant des aéroports parisiens ADP a chuté de 7% sanctionné pour avoir publié des revenus inférieurs de 5% aux prévisions des analystes, en raison notamment d'un chiffre d'affaires décevant au niveau de ses boutiques.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé en ordre dispersé, les coûts des intrants industriels pénalisant le DJI (-0,57%) et la pluie de résultats trimestriels sur les GAFAM permettant au Nasdaq Composite de clôturer symboliquement dans le vert (+0,04%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a fini stable à 7 135 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1700$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 109$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,34%.
> Quant au VIX, il valait 18,80 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce jeudi, à suivre les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage outre Atlantique à 14h30, les prix à la consommation en Zone Euro à 11h00, et la conférence de presse de la BCE à 14h45.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
L'indice phare français poursuit son mouvement de reflux sous le gap baissier du 02 mars, niveau de résistance formé dès le début de l'intervention militaire américaine en Iran. Ce niveau graphique, technique et psychologique de pression vaut 8 450 points.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 8362.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 7940.00 points relancerait la pression vendeuse.
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