(BFM Bourse) - Après avoir perdu du terrain en cours de séance mardi, malgré une clôture dans le vert, l'indice CAC a tracé mercredi une bougie d'indécision, assimilable à un doji, en clôturant sur une note de stabilité (-0,01% à 6 130 points), marquant l'attentisme des opérateurs avant la publication des Minutes de la Fed.
Le traditionnel compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire était très attendu dans le cadre d'un récent échauffement des rendements d'obligations d’État à long terme, et après le relèvement des projections de croissance par le FMI, laissant craindre une reprise "désynchronisée", elle-même accentué par un échauffement des taux américains... L'écart de la dynamique de la reprise entre États-Unis et Europe, mais également entre États-Unis émergents, constituera une problématique de marché pour les prochains mois.
Le procès-verbal a traduit le fait que ses membres estiment être encore loin des objectifs, en terme d'emploi et d'inflation (la fameuse cible à +2%).
Même si le reflux observé en début de semaine sur les rendements des obligations d'Etat à LT, l'attitude toujours aussi accommodante de la Fed fait "toujours pression sur les taux obligataires américains et conduisent les investisseurs à se préoccuper un peu plus des craintes inflationnistes moyen et long terme", selon Vincent Boy (IG France).
Mais c'est la thématique des impôts qui va attirer la lumière pour la suite de la semaine, avec les propositions de J. Biden et de J. Yellen, à savoir pour le premier une harmonisation de l'impôt sur les sociétés dans tous les États de la fédération américaine, et pour la seconde la création d'une taxe mondiale.
Au chapitre statistique, les opérateurs ont pris connaissance des données finales des indicateurs d'activités PMI (par IHS Markit) dans les services. L'indicateur baromètre s'est même rapproché de la barre des 50 points (49.6) pour les données synthétiques en Zone Euro, au-delà de la cible, cette dernière se confondant avec les précédentes estimations. Pour rappel, la barre des 50 points sépare, par construction, une expansion de l'activité (au-delà) d'une contraction de l'activité (en deçà).
Chris Williamson, Chief Business Economist a IHS Markit, a apporté les éclairages suivants: 'D'après les dernières données de l'enquête, l'économie de la zone euro a ainsi bien mieux surmonté les effets des récentes mesures de confinement que beaucoup ne l'avaient anticipé. Les mesures de distanciation sociale et les restrictions de déplacement semblent en outre avoir un impact beaucoup plus limité sur l'activité du secteur des services que celui observé à la même période de l'année dernière. Cette résilience de l'économie suggère non seulement que les entreprises et leurs clients envisagent l'avenir avec un certain optimisme, mais aussi qu'ils ont appris progressivement à composer avec le virus."
Pas de surprise majeure concernant la publication du déficit mensuel (février) de la balance commerciale américaine, historiquement creusé à -71,1 Milliards de dollars, face à un consensus proche, à -70,2.
Côté valeurs, nul mouvement sectoriel marqué ne se manifeste au sein du CAC 40, animé par un rebond de 4,9% d'Atos qui était resté hier dans le rouge après un plongeon de plus de 12% jeudi dernier. En dehors de l'indice, EDF a grimpé de plus de 10% à 12,40 euros dans la perspective d'un rachat des minoritaires par l’État, selon des sources consultées par Reuters. L’État français envisagerait d'offrir environ 10 milliards d'euros pour nationaliser la firme en rachetant les parts qu'il ne détient pas, ce qui donnerait -en ordre de grandeur- un prix par action de 19,80 euros. Egalement visé par une opération de l’État actionnaire, mais sans aller jusqu'à la nationalisation, Air France-KLM a gagné 5,5% à 5,484 euros au lendemain du feu vert de Bruxelles à une montée jusqu'à tout de même 30% du capital.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indice sur actions ont terminé à des niveaux proches de l'équilibre, qu'ils soient historiques (Dow Jones à 33 446 points), à forte "coloration" technologique (Nasdaq Composite à 13 688 points) ou élargi (S&P500 à 4 079 points). Les seuils techniques ont été défendus sans difficulté
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1870$. Le baril de WTI, l'un baromètre de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 59,30$.
À l'agenda statistique ce jeudi, à suivre en priorité l'indice des prix à la production en Zone Euro à 11h00, le compte-rendu de la dernière réunion du Conseil des Gouverneurs de la BCE à 13h30, et outre Atlantique, les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage à 14h30.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le CAC 40 a désormais comblé intégralement le "Gap Covid" du 24/02, fossé de cotation ample. Et ce en un temps réduit, du 08 au 10 mars, sur aspiration haussière. Cet événement est majeur sur le plan technique, et montre, par son absence d'hésitation lors du comblement un surcroit de confiance. Désormais, nous arrivons dans une zone dite d'allégement.
Le questionnement sur une diminution du degré d'exposition aux actions s'intensifie pour nombre d'investisseurs. Sans que le directionnel ne change pour autant. Ces questionnements pourront se traduire momentanément par une phase très technique et hachée entre deux bornes, révisées entre 5 870 et 6 200 points. Nous approchons donc de la seconde, et le harami tracé mercredi donne un premier signe d'essoufflement.
Avis neutre à l'échelle de la seule séance à venir. Une poursuite d'une phase de consolidation élargie pour les prochains jours est l'une des options les plus crédibles. L'indice en définit actuellement l'amplitude. Il convient donc de ne pas se laisser griser en sommet de figure, notamment à l'approche des 6 200.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 6135.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 6000.00 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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