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Le CAC 40 plafonne gentiment à proximité des 7 900 points, reprenant son souffle après un mois de "rally" alimenté par un sentiment de désescalade sur le front de la guerre commerciale menée par Trump contre le reste du monde. Mais les opérateurs ne sont pas dupes: même si Washington a signé avec Londres un accord tarifaire, et qu'un moratoire de 90 jours a été décidé avec Pékin, le "fond" de l'affaire n'est pas effacé, et Trump ne reviendra pas sur le concept même de barrière douanière.
Attention, prévient Thomas Giudici, responsable de la gestion obligataire d'Auris Gestion. "Après la déconvenue du « Liberation Day », les marchés financiers ont très (trop ?) rapidement intégré une issue favorable aux négociations bilatérales à venir sur les droits de douane."
"Donald Trump ne reviendra pas sur le principe même des droits de douane et il nous paraît dès lors difficile d’adopter une posture plus optimiste que celle déjà intégrée par les marchés. Surtout, les effets concrets de la guerre commerciale sur les résultats des entreprises ne semblent pas encore totalement au centre des attentions", a poursuivi le professionnel en gestion d'actifs.
Jeudi était le jour de la semaine qui concentrait l'essentiel des repères statistiques américains. Et ces publications étaient globalement décevantes. Prenons les ventes de détail, l'un des mesures phare de la consommation américaine. Elles ne progressent que de 0,1%, hors automobiles, manquant les attentes (+0,3%). Cible manquée également pour l'indice des prix à la production (-0,5% pour le panier le plus large), ce qui ne constitue pas en soi une catastrophe dans le sens où le chiffre éloigne momentanément les craintes d'une reprise de l'inflation. Par ailleurs, si l'indice manufacturier Philly Fed baisse moins que prévu (-4,0), l'indice Empire State, lui, fond à proximité des -10. RAS en revanche du côté des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage, stables à 229 000 nouvelles unités, parfaitement au cœur de la cible.
Par ailleurs, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell a déclaré que les chocs soudains sur l’offre de biens ou de matières premières constituaient un défi difficile pour l’économie et la Fed. "Il se peut que nous entrions dans une période de chocs d'offre plus fréquents et potentiellement plus persistants - un défi difficile à relever pour l'économie et les banques centrales", a déclaré le patron de la Fed.
Du côté des valeurs, Engie a repris 3,6% après avoir publié des résultats qualifiés de "bons" par Oddo BHF. Thales a gagné 2,8% alors que le ministre allemand des affaires étrangères, Johann Wadephul s'est dit prêt à suivre les États-Unis et plaider ainsi pour que les membres de l'Otan consacrent 5% de leur PIB à la défense. Exosens a bondi de 8,10%.
Le luxe a encore accusé le coup. Kering a lâché 5%, LVMH 3,4% et Hermès a contenu son repli à 0,35%. Dans une note sectorielle publiée ce jeudi, Bank of America s'attend à ce que l'activité du secteur au deuxième trimestre soit pire qu'au premier. La publication de Salvatore Ferragamo (-3,1% à Milan) a aussi pu jeter un froid sur l'ensemble du compartiment. Les spiritueux ont aussi souffert, Rémy Cointreau s'est contracté de 3,8% quand Pernod Ricard a rendu 1,7% après que le ministre français de l’Économie, a déclaré ne pas avoir trouvé un terrain d'entente sur les exportations de cognac vers la Chine. Hors SBF 120, Ubisoft a abandonné 18,2% après avoir livré des perspectives décevantes pour son exercice 2024-2025. Les ventes trimestrielles de Maisons du Monde (-9,6%), ont été également sanctionnées.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions on une nouvelle fois terminé la séance en ordre dispersé, le Nasdaq Composite se contractant de 0,18% et le Dow Jones parvenant à grappiller 0,65%. Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a grignoté 0,41% à 5 916 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1210$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 61,10$. Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,41%. Quant au VIX, il valait 17,83 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce vendredi, à suivre en priorité la balance commerciale en Zone Euro à 11h00 et les données préliminaires de l'indice de confiance du consommateur américain (U-Mich) à 16h00.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le gap d'ouverture, ample, vendredi 02 mai, a montré un premier essoufflement du mouvement de rattrapage amorcé le 08 avril. Désormais, l'indice est sous des forces de résistance, matérialisées entre autres par un autre gap, baissier celui-ci: celui du jeudi 03 avril, soit le début de la vive correction liée à l'entrée en vigueur de droits de douane prohibitifs. Ce niveau se double de la moyenne mobile à 50 jours (en orange), qui constitue un test graphique. Ce test graphique est pour l'heure en passe d'être réussi, mais le comblement d'un autre gap, celui du 31 mars, invite à la retenue.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 1.15 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 1.10 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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