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Le cynique Poutine doit se frotter les mains. Face au risque d'un choc économique mondiale, et d'une résurgence soudaine de l'inflation, la Maison Blanche a assoupli les mesures d'embargo sur le pétrole russe. Pas de quoi soulage les cours de l'or noir dont l'une des grandes références mondiales, le Brent, campait au-dessus de la barre symbolique des 100$. Dans la foulée d'une clôture dans le rouge vif de Wall Street hier, les marchés européens devraient commencer ce vendredi (13) sans la moindre once de sérénité.
Paris a perdu 0,71% hier et Francfort 0,21%.
"Tant que le conflit demeure régional et que son impact économique reste limité, les moteurs fondamentaux de long terme des marchés de capitaux — progrès technologique, solidité des résultats des entreprises et politique monétaire accommodante — devraient rester globalement intacts", tient à rassurer Laurent Denize, directeur des investissements chez ODDO BHF AM.
"Dans le même temps, des facteurs à court terme continuent de soutenir la croissance et peuvent compenser les effets négatifs de la guerre avec l’Iran. Dans l’Union européenne, et particulièrement en Allemagne, de vastes programmes d’investissement publics produisent déjà leurs effets ; aux États Unis, des réductions d’impôts apportent un soutien supplémentaire à l’économie. Les investissements continus dans l’intelligence artificielle demeurent également un moteur puissant pour les marchés actions."
Or l'équation a une inconnue: la durée du conflit, qui détermine elle-même les tensions sur la logistique mondiale de l'or noir (attaques de navires pétroliers, blocage de terminaux, de routes commerciales).
"L’effet de propos de Donald Trump lundi, affirmant que la guerre en Iran était « quasiment terminée », ont donc été en grande partie effacés par le marché, face à la réalité des évènements sur le terrain", remarque Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France.
"Le marché qui se rend compte que malgré l’énorme asymétrie de moyens militaires entre les Etats-Unis et l’Iran, ce dernier est capable de perturber massivement le trafic des pétroliers mais aussi des porte-conteneurs ou encore des vraquiers qui ont également été ciblés par des projectiles", complète l'analyste.
"Le marché se méfie également de la véracité des propos de Donald Trump qui, de toute évidence, a surtout cherché à faire retomber la pression sur les marchés, sans étayer ses propos d’éléments précis sur la façon dont la sortie de crise allait se passer."
Sur le front statistique, les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage viennent de ressortir à un niveau faible, à proximité immédiate des attentes à 213 000 nouvelles unités. Rappelons que le dernier bulletin NFP (Non Farm Payrolls) a vivement déçu la communauté financière. Le contenu de ce rapport fédéral mensuel sur l'emploi américain a manqué les attentes sur tous les points. Pourtant ce segment de l'économie montrait des signes de résilience impressionnants depuis le début de l'année. Ce qui a très désagréablement surprise, outre le retour du chômage à 4,4% de la population active, ce sont les destructions nettes de postes dans le secteur privé non agricole (-92 000), là où le consensus laissait augurer 58 000 créations. A noter que la séance de ce vendredi sera très dense sur le plan "macro" (voir plus bas).
Côté valeurs, JCDecaux a gagné 14,8% après avoir livré des perspectives largement supérieures aux attentes au titre du premier trimestre 2026. Après avoir bondi de 18% en début de séance, Abivax clôture en hausse de 6,75%, la biotech ayant démenti de nouvelles informations de presse évoquant un potentiel rachat du groupe, cette fois par le laboratoire Astrazeneca. Manitou recule de 7% après avoir suspendu ses objectifs 2026 en raison du "contexte international".
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé la séance de jeudi dans le rouge (foncé), à l'image du Dow Jones (-1,56%) et du Nasdaq Composite (-1,78%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 1,52% à 6 672 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1470$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 96,32$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,28%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 60 points de base.
> Quant au VIX, il valait 27,29 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce vendredi, à suivre en priorité les prix PCE, les commandes de biens durables, les revenus et dépenses des ménages, les nouvelles offres d'emploi JOLTS et les données U-Mich de confiance du consommateur américain.
A noter que la côte Est des Etats-Unis étant passée en horaires d'été, Wall Street ouvre, jusqu'à ce que Paris y passe à son tour, à 14h30 heure française.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Après un deuxième gap très ample en autant de séances, l'indice phare français a tracé une bougie en marubozu noir d'école mardi 03 mars. Les dégagements se sont construits tout au long de la séance, marquant une mobilisation continue du camp vendeur. Au point de retracer en deux séances seulement les gains engrangés en deux mois. De qui corroborer l'adage boursier qui stipule que "la Bourse monte en prenant l'escalier et descend par l'ascenseur".
Naturellement, la dynamique des volumes d'échanges sera scrutée tout au long de la réaction technique amorcée le 04 mars, sans conviction. La prochaine zone d'achat franc se situe sur les 7 680 points.
Les 8 000 points symboliques ont cédé vendredi 06 mars, et cette rupture est pleinement validée sur gap le lundi 09 mars. Le pullback consécutif a valeur de confirmation.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8645.00 points.
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