(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.
Le Conseil des Gouverneurs de la Banque Centrale Européenne, qui s'achève ce jeudi, sera d'autant plus percuté par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient qu'un nouvel épisode de tensions menace un cessez-le-feu qui n'en n'a désormais que le nom.
Les échanges de frappes continuent au Moyen-Orient ce jeudi 11 juin. Alors que Téhéran a annoncé avoir frappé plusieurs bases américaines de la région, Washington a affirmé avoir, de son côté, mené une nouvelle série de "frappes défensives" en Iran.
Les États-Unis ont annoncé hier soir avoir repris leurs frappes contre l'Iran après les mises en garde de Donald Trump, qui a accusé Téhéran de se "moquer" de son pays. L'armée américaine a annoncé avoir lancé "de nouvelles frappes en légitime défense contre plusieurs cibles en Iran", selon le Commandement militaire pour le Moyen-Orient (Centcom).
L'armée américaine a démenti les affirmations de l'Iran, qui dit avoir fermé le détroit d'Ormuz après les dernières frappes des États-Unis. L'armée iranienne a annoncé qu'elle prendra pour cible tout navire transitant dans le détroit d'Ormuz, la marine du pays annonçant pour sa part avoir frappé deux bateaux qui tentaient de franchir ce passage stratégique.
Le prix du brut reste particulièrement ferme dans ces conditions, au-delà des 90$ le baril de WTI, la référence texane.
Le Conseil des Gouverneurs de la BCE ce jeudi est forcément percuté par la situation géopolitique et con corollaire: la fermeté désormais chronique des cours du brut et ses conséquences sur l'inflation, conséquences d'autant plus fortes que la Zone Euro reste très dépendante des importations pour l'énergie fossile.
"Sans surprise, Christine Lagarde devrait annoncer, jeudi 11 juin, la première hausse des taux directeurs de la BCE depuis septembre 2023, portant le taux de dépôt à 2,25%. Si le retour de l’inflation s’explique principalement par l’augmentation des prix de l’énergie résultant de la guerre au Moyen-Orient, conflit dont on peine toujours à voir l’issue, cette hausse de taux sera justifiée par la volonté de la BCE de tuer dans l’œuf les effets de second tour. Ceux-ci ne sont pas encore visibles mais l’inflation constatée sur les matières premières pourrait se répercuter, dès le second semestre, sur les prix des biens puis à son tour sur les salaires", analyse Edouard Faure, Responsable Crédit de Swiss Life Asset Managers France.
Le marché s'attend donc clairement à une première hausse des taux ce jeudi, mais l'enjeu sera de décrypter, dans la moindre inflexion d'éléments de langage, la possibilité d'une nouvelle hausse du loyer de l'Euro d'ici la fin de l'année. Réponse et verdict à 14h15 pour les taux proprement dit et surtout à 14h45 pour la traditionnelle conférence de presse, dont les moments forts seront commentés en direct dans l'émission BFM Bourse sur BFM Business. La conférence de presse, qui dure en général 1 heure, est composée d'un discours, et d'une session de questions / réponses.
"Certes, en cas de cessation du conflit et de déblocage complet du détroit d’Ormuz, ces effets de second tour devraient rester mineurs mais la BCE préfère prendre ses précautions en évitant qu’ils ne lui échappent. L’idée est aussi de reprendre la main pour retrouver une trajectoire de baisse des taux dès 2027. En attendant, nous anticipons deux hausses des taux directeurs cette année : après celle de juin, l’autre devant intervenir en septembre. De son côté, le marché table sur trois hausses. Mais le risque nous paraît trop élevé au vu des faibles perspectives de croissance de la zone euro."
L'inflation est aussi crainte, et désormais palpable outre Atlantique. Les CPI publiés hier l'ont confirmé. L'inflation a bondi à 4,2% sur un an en mai, atteignant son plus haut niveau depuis trois ans.
"Au premier ordre, c’est évidemment la composante 'énergie' qui explique la hausse de l’inflation. Les prix de l’énergie sont en hausse de 24% sur un an, ce qui n’était plus arrivé depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie", rappelle Bastien Drut, Responsable Stratégie & Analyse chez CPRAM
"Même si l’inflation sous-jacente est un peu moins vigoureuse qu’anticipé, le fait que l’inflation totale dépasse les 4% met directement la pression sur la Fed. Pour le moment, la hausse de l’inflation est circonscrite au secteur de l’énergie mais plus le conflit en Iran dure, plus la hausse des prix se transmettra à un grand nombre de secteurs", ajoute-t-il.
valeurs, Soitec a chuté de 10,6%, lesté par Jefferies qui a abaissé son opinion à "sous-performance" contre "conserver", selon Reuters. STMicroelectronics recule finalement de 0,3%, malgré le soutien de Bank of America qui a relevé son conseil à l'achat.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé en forte baisse mercredi, à l'image du Dow Jones (-1,87%) et du Nasdaq Composite (-1,98%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 1,62% à 7 266 points, au plus bas en données de clôture depuis le 05 mai.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1555$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 87,90$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,53%.
> Quant au VIX, il valait 19,87 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce jeudi, à suivre les prix producteurs américains à 14h30 et la conférence de presse de BCE à 14h45.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le test des 8 000 points, en semaine 20, s'est soldé par un échec, libérant un potentiel baissier jusqu'en direction des 7 682 points. Le gap baissier du 08 mai, répondant quasi immédiatement au gap haussier du 06 mai, a envoyé un signal bien peu avenant. A voir si le pullback (rejet graphique) du 18 mai confirme cette psychologie de marché. La situation reste très nerveuse à chaque fois que l'indice se rapproche de ce seuil. Dans l'immédiat, l'indice profite d'un peu d'air au-dessus du gap du 08 mai, repère technique majeur. Attention à un potentiel effet d'aspiration à l'approche des 8 000 points.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8280.00 points.
Le conseil BFM Bourse
Graphique en données horaires

Graphique en données quotidiennes
