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La Bourse de Paris aura connu une séance de très forte baisse mardi (-3,46% à 8 103 points), l'indice ayant retracé, en deux séances seulement, l'ensemble des gains engrangés depuis le début de l'année. Et ce en raison de la guerre israélo-américaine en Iran, guerre ayant provoqué des représailles de Téhéran dans de nombreux endroits du Golfe persique. Le détroit d'Ormuz, de fait fermé, concentre les craintes des salles des marchés, alors qu'y transite, habituellement 20% du brut et du GNL mondial. Le baril, à plus de 76$ pour le WTI, pénalisera la croissance mondiale si cette fermeté des prix venait à durer.
Cette flambée des prix de l'énergie concentre les craintes des investisseurs qui redoutent de nouvelles pressions inflationnistes. "Désormais, les regards se tournent de nouveau du côté du risque inflationniste que fait peser une telle hausse des cours du baril", note Valentin Urrutiaguer Responsable de la Gestion Cross-Asset chez Salamandre x Auris Gestion.
"Le risque évident est que cette hausse des prix de l'énergie ne se répercute sur les indices d'inflation plus larges. En 2023, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait calculé qu'une augmentation permanente de 10% des prix du pétrole pourrait entraîner une hausse d'environ 0,4% de l'indice global des prix à la consommation aux États-Unis après deux trimestres", explique Chris Iggo, Chair of the Investment Institute et CIO d’AXA IM Core chez BNP Paribas Asset Management.
Dans l'immédiat, lsrael intensifie ses frappes sur le Sud Liban. Dans une allocation radiotélévisée hier soir, le Président français Emmanuel Macron a annoncé déployé, outre les forces et moyens déjà présents au Moyen Orient, une frégate au large de Chypre et notre porte-avions, le "Charles de Gaule", en Mer Rouge. L'emblématique bâtiment est actuellement positionné en Suède.
Au chapitre statistique mardi, les toutes premières estimations d'inflation en Zone Euro à 2,4% annuel pour le mois de février, ont dépassé les attentes (2,2%), hors éléments volatils. Et ce alors que les impacts de la hausse actuelle du brut ne sont pas encore répercutés sur les prix. La veille, le baromètre d'activité industriel ISM a dépassé les attentes, à 52,4. De quoi repousser davantage les perspectives calendaires d'un nouvel assouplissement monétaire de la Fed.
Côté valeurs, Capgemini est la seule valeur du CAC 40 à avoir pu échapper à ce coup de tabac boursier (+2,8%). Les 39 autres valeurs de l'indice vedette parisien ont encore été emportées par cette nette aversion au risque. Les plus fortes baisses ont été signées par Kering et Legrand qui ont abandonné plus de 6%, quand Saint-Gobain et Engie ont rendu plus de 5%. Thales a cédé 2,5%, les perspectives jugées prudentes par les analystes viennent éclipser une année 2025 solide pour le groupe de défense. Hors indice phare, les équipementiers automobiles Opmobility (-8,1%), Valeo et Forvia (-6,6%) ont été secoués par la punition boursière infligée à un comparable allemand, après sa mauvaise publication. Air France-KLM a encore plongé de 8%, alors que la hausse des cours du pétrole malmène les groupes aériens, en raison de l'augmentation de la facture carburant.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont clôturé dans le rouge, à l'image du Dow Jones (-0,83%) et du Nasdaq Composite (-1,02%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 0,94% à 6 816 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1620$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 72,66$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,01%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 60 points de base.
> Quant au VIX, il valait 23,57 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce mercredi, à suivre en priorité les résultats de l'enquête du cabinet ADP sur l'emploi américain à 14h15.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Après un deuxième gap très ample en autant de séance, l'indice phare français a tracé une bougie en marubozu noir d'école mardi 03 mars. Les dégagements se sont construits tout au long de la séance, marquant une mobilisation continue du camp vendeur. Au point de retracer en deux séances seulement les gains engrangés en deux mois. De qui corroborer l'adage boursier qui stipule que la Bourse monte en prenant l'escalier et descend par l'ascenseur.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 8645.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 8062.00 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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