(BFM Bourse) - L'indice CAC a poursuivi son repli hier, pour la la troisième clôture consécutive dans le rouge (-0,57% à 6 461 points), la motivation des opérateurs étant perturbée par le ton résolument offensif de la Fed. C'est en réalité toute la question de la probabilité d'un soft landing (atterrissage en douceur) qui est posée. "Lors de son discours sur la stabilité des prix, Jerome Powell a reconnu que le contexte actuel ne rendait pas évident un « soft landing » de l'économie", notent les stratégistes de Lazard Frère Gestion dans une note conjoncturelle. "Autrement dit, la Fed pourrait devoir mettre en œuvre un très fort ralentissement de la croissance pour calmer les tensions sur le marché du travail et juguler les pressions inflationnistes, qui continuent de se renforcer."
Un ton offensif, pas encore agressif, qui soulève en creux des questions de ce côté-ci de l'Atlantique également. "Alors que les tensions inflationnistes devraient perdurer, la BCE n'aura", selon Thomas Giudici, co-responsable de la gestion obligataire chez Auris Gestion, "pas d'autre choix que d'accélérer la normalisation de sa politique monétaire, probablement plus rapidement que ce qu'anticipe le marché, avec une hausse des taux dès septembre." La BCE achève pour rappel la semaine prochaine une réunion de son Conseil des Gouverneurs.
"Le passage d’un régime à forte inflation et forte croissance à un régime à forte inflation mais croissance plus faible impacte bien sûr la performance des différentes classes d’actifs et secteurs. Le potentiel de hausse des marchés d’actions est plus limité globalement et les secteurs défensifs (santé, financières, consommation courante, ...) surperforment les secteurs cycliques", synthétisent Laurent Gonon, Directeur des Gestions et Warin Buntrock, Directeur adjoint des Gestions chez BFT IM
Si les regards des investisseurs sont tournés vers les autorités monétaires, les tensions diplomatiques perdurent et s'intensifient entre Moscou et l'Occident. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a de nouveau convoqué jeudi l'ambassadeur de Russie à Paris, après un tweet jugé "indécent" de l'ambassade sur les exactions commises dans la localité ukrainienne de Boutcha. Les États-Unis ont de leur côté annoncé mercredi une nouvelle volée de sanctions économiques et financières contre la Russie et, en Europe, le président du Conseil européen Charles Michel a estimé que l'UE devrait "tôt ou tard" prendre des sanctions sur le pétrole et le gaz russes. Invités à voter, les membres du Parlement européen sont allés dans ce sens en se prononçant par 413 voix (93 voix contre) pour l'amendement sur l'embargo du pétrole, du gaz et du charbon.
J Biden vient d'annoncer une nouvelle salve de sanctions contre Moscou, visant le secteur bancaire et ... les propres filles du dictateur. Le Kremlin s'en est dit "déconcerté"...
Au chapitre statistique, la dynamique de la production industrielle allemande est ressortie en rythme mensuel pour février à 0.2%, légèrement au-dessus des attentes. Outre Atlantique, les nouvelles inscriptions aux allocations chômage aux États-Unis, sont ressorties en contraction nette à 166 000 pour la semaine 13, battant la cible.
Côté valeurs, un certain nombre de dossiers défensifs sont parvenus à tirer leur épingle du jeu, à l'image d'Air Liquide (+0,05% à 160,24 euros), Sanofi (+1,56% à 99,91 euros), ou encore Danone (+1,88% à 51,60 euros), parmi les plus emblématiques.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions sont parvenus à réduire très légèrement leurs pertes hebdomadaires jeudi, à l'image du Dow Jones (+0,25% à 34 583 points) ou du Nasdaq Composite (+0,06% à 13 897 points). Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a grignoté 0,43% à 4 500 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,0860$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 96,30$.
A suivre en priorité, à l'agenda ce vendredi, les stocks des grossistes américains à 16h00.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Les 6 760 points, que nous identifiions jusqu'ici comme un plancher progressivement fragilisé, ont cédé, sur gap ample jeudi 24/02, ouvrant la voie à une nouvelle phase de marché. Rappelons que l'indice a tracé du 16 au 18 février une combinaison de bougies en trois corbeaux. Cette combinaison a dans la foulée été suivie d'une structure d'englobante baissière très significative, accompagnée de volumes loin d'être timides pour une séance rappelons-le, sans repères américains en raison d'un jour férié. La dernière phase de fragilisation du support précité aura donc été agressive.
Le pullback de vendredi 25/02 aura été d'une précision chirurgicale. Une phase de haute volatilité s'est ainsi ouvert. Le marubozu d'école tracé mardi 01er/03 en est une première étape. Deuxième étape vendredi 04/03 avec une bougie de même type (ouverture sur les points hauts, clôture sur les points bas) dans des volumes encore plus nourris. Une nouvelle jambe baissière s'ouvrirait sous les 6 000 points, déjà rompus lundi 07/03, avant la formation d'un rebond de contestation.
Nous avons assisté mercredi 09 mars à une première phase de rebond de contestation explosive, qui a rejeté l'indice sur sa moyenne mobile à 100 heures (en orange en vue horaire), courbe qui conserve un biais baissier marqué. Le gap de mercredi 16 mars ne constitue pas un signal de retour à l'achat, et la phase haute volatilité n'est par conséquent pas encore achevée. La configuration, sous forme de combinaison de bougies, en trois corbeaux noirs sur les trois dernières séances de la semaine 12, invite à la plus grande prudence. Comme le prouve le harami tracé immédiatement après une reconquête des 6 760 points, pour une seule clôture, celle du 29 mars.
Avis négatif proposé, neutre à l'échelle de la seule séance à venir.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 6760.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 6055.00 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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