(BFM Bourse) - Le CAC 40 est parvenu in extremis à préserver le seuil psychologique des 6 000 points, à l'issue d'une séance houleuse mercredi, séance marquée par la publication d'une accélération de l'inflation outre Atlantique. A noter que ce jeudi 14 juillet (férié, Fête Nationale), la Bourse de Paris sera ouverte, dans des conditions habituelles d'horaires et de cotation. Des volumes discrets sont toutefois à prévoir en l'absence envisagée d'une grande frange d'opérateurs.
Dans le détail, les prix ont gagné en rythme mensuel (d'un mois sur l'autre) 1,3% en juin, contre 1,0% en mai. Hors alimentation et énergie (éléments volatils), les prix ont progressé de 0.7% en juin, contre +0,6% en mai. Sur les 12 derniers mois, les prix, dans leur acceptation la plus large, ils bondissent de 9,1%. De quoi diminuer drastiquement les probabilités d'un relèvement des Fed Funds de 50 pdb à la fin du mois, au profit des probabilités d'un nouveau tour de vis de 75 pdb.
Entre une inflation élevée, une récession imminente et l'invasion russe en Ukraine, les marchés boursiers et obligataires ont particulièrement souffert au cours du premier semestre 2022. "Nous ne nous attendons pas à un retournement de situation à court terme, tant que l'on ne saura pas clairement quand le cycle d'inflation et de hausse des taux prendra fin", déclare Stefan Kreuzkamp, directeur des investissements chez DWS. "La croissance devrait rester sous pression. Cela aura des répercussions sur l'évolution des bénéfices des entreprises", indique-t-il, tandis que DWS révise de 5 à 10% à la baisse ses objectifs sur les principaux indices boursiers.
Côté valeurs, la banque et l'automobile ont amplifié les variations du marché, à l'image de représentants comme BNP-Paribas (-2,48% à 42,73 euros), ou Faurecia (-3,92% à 16,28 euros). Par ailleurs, EDF a demandé sa suspension de cotation, dans l'attente de la publication par l’État d’un communiqué (au plus tard le 19 juillet), alors que le gouvernement a annoncé vouloir reprendre le contrôle de 100% du capital du groupe (contre 84% actuellement).
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé la séance dans le rouge suite aux chiffres de l'inflation. Les craintes d'une entrée en récession, elle-même renforcées par le contexte inflationniste prennent corps, dans une économie marquée par le plein emploi et des tensions sur les salaires. Le Dow Jones s'est replié de 0,67% à 30 772 points et le Nasdaq Composite de 0,15% à 11 247 points. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 0,45% à 3 801 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,0020$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 96,20$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce jeudi, l'indice des prix à la production aux Etats-Unis à 14h30.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le tableau (sa toile de fond en tous cas) est sombre.
Les signaux vendeurs se sont multipliés depuis la combinaison de bougies en "étoile du soir" (27, 30 et 31 mai). Les ouvertures successivement en gap baissier des deux dernières séances de la semaine 23, puis de la première séance de la semaine 24, ont été accompagnées d'une mobilisation continue du camp vendeur en cours de séance et de clôture sur les points bas de séance. Le tout dans des volumes en nette hausse. La dynamique de la participation aura suivi celle des dégagements, alors même que le CAC aura réintégré la partie inférieure à une oblique baissière qui garde ses attributs de résistance.
Le rebond technique amorcé en semaine (S25) reste à ce stade anecdotique au regard des volumes de transactions l'accompagnant et au regard des pertes initiales. Il s'est précocement arrêté, et la reprise des pressions vendeuses, sur gap, sur rupture de seuil symbolique (les 6 000 points), et dans de forts volumes, laisse augurer une poursuite des dégagements.
Mardi 05 juillet la bougie tracée cumule des caractéristiques inquiétantes, sa structure au corps allongé sans mèche, matérialisant une mobilisation du camp vendeur tout au long de la séance, le tout dans des volumes relativement nourris, et sur rupture de seuil technique.
L'indice phare a réalisé un pullback (rejet graphique) d'école sur les 6 000 points.
Avis neutre à l'échelle de la séance à venir.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 6068.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 5785.00 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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