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Ni le nouveau coup de boutoir contre l'indépendance de la Fed, ni les derniers développements géopolitiques n'auront fait fléchir le CAC 40, qui a débuté la semaine à l'équilibre, sur les sommets historiques inscrits vendredi, sur gap d'éjection et forte libération d'énergie acheteuse.
Le regain d'inquiétudes autour de l'indépendance de la Réserve fédérale américaine (Fed) est pourtant significatif. Dimanche, son président, Jerome Powell, a annoncé que la banque centrale avait reçu une assignation à comparaître de la part du département américain de la Justice. Si officiellement cette convocation est liée au témoignage du banquier central en juin dernier devant le Sénat sur la rénovation des bâtiments de la Fed, Powell a clairement déclaré que tout ceci constituait une excuse.
Le risque est celui de poursuites pénales en lien avec le témoignage du président de la Fed devant la commission bancaire du Sénat en juin dernier. Ce témoignage portait notamment sur le projet pluriannuel de rénovation des bâtiments historiques de la Réserve fédérale. Jusque-là plutôt mesuré dans ses réactions face à la pression de Donald Trump, de son administration, et aux menaces régulières de limogeage, Jerome Powell n’a pas mâché ses mots dans son communiqué.
"Cette menace n'est pas au sujet de mon témoignage. C'est un prétexte, la menace de poursuites est la conséquence de la volonté de la Fed de décider de ses taux dans le meilleur intérêt du public plutôt que pour répondre aux préférences du président", a déclaré Jerome Powell.
Stephen Innes, de Spi AM, va jusqu'à évoquer "le jour où la Fed a perdu son immunité politique".
"Pendant des décennies, la Fed a été considérée avant tout comme une banque centrale et jamais comme une institution politique. C'est ce contrat implicite qui a permis aux bons du Trésor d'être sans risque, au dollar d'ancrer la finance mondiale et aux actifs américains de bénéficier d'une prime, même lorsque les erreurs politiques se sont accumulées. Une fois ce contrat remis en question, tout ce qui en découle commence à être réévalué", détaille le spécialiste de marché.
"Ce qui rend ce moment particulièrement déconcertant, c'est le timing. La Fed fait déjà ce que la Maison Blanche voulait (…) Pourtant, alors même que la Réserve fédérale adopte une attitude accommodante, la pression s'intensifie au lieu de s'atténuer. Cela indique qu'il ne s'agit plus seulement des taux. Il s'agit de contrôle", conclut-il.
Voici quelques extraits choisis du discours de J Powell:
"J'ai un profond respect pour l'État de droit et pour la responsabilité dans notre démocratie. Personne – et certainement pas le président de la Réserve fédérale – n’est au-dessus des lois. Mais cette action sans précédent doit être considérée dans le contexte plus large des menaces et des pressions continues de l’administration."
"J'ai servi à la Réserve fédérale sous quatre administrations, républicaines et démocrates. Dans tous les cas, j’ai exercé mes fonctions sans crainte ni faveur politique, en me concentrant uniquement sur notre mandat de stabilité des prix et d’emploi maximum. Le service public nécessite parfois de rester ferme face aux menaces. Je continuerai à faire le travail que le Sénat m'a confirmé, avec intégrité et engagement à servir le peuple américain."
L'indépendance de la Fed n'a jamais été autant mise à mal. Et Trump a dû rager après la publication, vendredi, du rapport sur la santé de l'emploi américain. Car dans la foulée, les probabilités de baisse des taux fédéraux fin janvier se sont littéralement effondrées.
Côté valeurs, Capgemini a chuté de 4,2%. Le titre a été abaissé à "sous-pondérer" par Morgan Stanley contre "pondération en ligne" précédemment. Hors CAC 40, Eutelsat a bondi de 14,8%, après avoir attribué un contrat au montant non-dévoilé à la branche défense et espace d'Airbus, pour la construction de 340 nouveaux satellites de communication, en vue de renouveler sa constellation en orbite basse OneWeb. Abivax contient ses gains à 5,05%, Bercy ayant affirmé lundi n'avoir reçu "aucune demande" d'autorisation préalable d'investissement étranger de la part du groupe pharmaceutique américain Eli Lilly. L'action de la société biopharmaceutique avait gagné plus de 30% à la mi-journée en raison d'un regain de spéculation sur le titre.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds,
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1660$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 59,90$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,19%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 71,10 points de base.
> Quant au VIX, il valait 15,12 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce mardi, à suivre en priorité la dynamique des prix à la consommation outre Atlantique à 14h30.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le franchissement d'une zone de résistance clef à 8 260 points, vendredi 09 janvier, a été réalisé dans des conditions remarquables:
Une bougie en marubozu* blanc d'école, des volumes en hausse, une volatilité importante et donc une extension haussière consécutive. La semaine qui se profile sera celle de la validation de cet affranchissement.
*Il s'agit d'une bougie au corps très allongé, sans aucune ombre ni haute, ni basse, matérialisant une mobilisation continue du camp acheteur tout au long de la séance.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 8500.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 8260.00 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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