(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.
La bourse de Paris tente de retrouver un peu de stabilité après une semaine particulièrement agitée sur les marchés obligataires. Vendredi, le CAC 40 a progressé de 0,37 % à 8 484 points, mettant fin à huit séances consécutives de baisse. Le rebond reste néanmoins modeste au regard des tensions qui continuent de peser sur les marchés, notamment la remontée des rendements souverains, les interrogations autour de la politique monétaire américaine et les nouvelles tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Les marchés européens ont également repris quelques couleurs en fin de semaine. Le DAX allemand a progressé de 0,59 % à 26 136 points, tandis que le STOXX 600 a gagné 0,59 %. Cette amélioration a notamment été soutenue par les valeurs liées aux matières premières, alors que le secteur des ressources de base a enregistré une progression de 2,61 %.
Sur le plan économique, les dernières enquêtes PMI ont confirmé une amélioration de la conjoncture européenne. L'indice composite de la zone euro a atteint 52,1 en août, son niveau le plus élevé depuis novembre. Le secteur manufacturier se distingue avec un PMI à 52,8, tandis que les nouvelles commandes ont progressé à leur rythme le plus soutenu depuis plus de trois ans. Les exportations ont également renoué avec la croissance. Cette résistance de l'activité constitue un élément favorable pour les actions européennes, mais elle limite parallèlement les arguments en faveur d'un assouplissement rapide de la politique monétaire de la BCE.
Le principal point de vigilance reste donc le marché obligataire. Le rendement de l'OAT française à 10 ans a terminé la semaine autour de 4,13 %, contre environ 3,90 % au début du mois d'août, tandis que le Bund allemand à 10 ans évolue autour de 3,25 %. Ces niveaux élevés augmentent le coût du financement des entreprises et réduisent mécaniquement l'attrait relatif des actions. Aux États-Unis, le phénomène est encore plus marqué : le rendement du Treasury à 10 ans évolue autour de 4,7 %, tandis que celui à 30 ans reste supérieur à 5,25 %. L'annonce du Trésor américain d'un doublement de ses rachats d'obligations longues n'a apporté qu'un soulagement temporaire.
Wall Street a pourtant terminé vendredi sur une note positive. Le S&P 500 a progressé de 0,43 % à 7 674 points, le Nasdaq 100 de 0,33 % à 29 308 points et le Dow Jones de 0,98 % à 53 277 points. Le rebond a été relativement large, porté notamment par les matériaux, la santé, les valeurs financières et les sociétés exposées aux cryptomonnaies. Robinhood et Coinbase ont ainsi fortement progressé dans le sillage du bitcoin.
Cette hausse de vendredi ne suffit toutefois pas à effacer une semaine plus difficile. Le S&P 500 a reculé de 1,4 % sur cinq séances, enregistrant sa première baisse hebdomadaire depuis juillet. Le secteur technologique a notamment souffert de prises de bénéfices, tandis que les semi-conducteurs sont restés sous pression. Nvidia a encore reculé vendredi et les attentes entourant ses résultats trimestriels deviennent particulièrement élevées.
La publication de Nvidia mercredi soir constituera d'ailleurs l'un des principaux rendez-vous de la semaine. Le consensus attend un chiffre d'affaires trimestriel proche de 92 milliards de dollars, soit quasiment le double sur un an. Au-delà des résultats eux-mêmes, les investisseurs chercheront surtout à mesurer la poursuite de la demande pour les infrastructures d'intelligence artificielle et la capacité du groupe à continuer de dépasser des anticipations déjà très ambitieuses. CrowdStrike, Salesforce, Intuit et Marvell publieront également leurs résultats cette semaine.
La macroéconomie américaine sera tout aussi importante. Les derniers indicateurs PMI ont montré que l'économie reste très dynamique. L'indice composite a atteint 56 en août, son plus haut niveau depuis plus de quatre ans, grâce notamment à une forte accélération des services à 56,8. L'industrie manufacturière reste également en expansion avec un indice à 53,2. Cette solidité de l'activité réduit pour l'instant le besoin d'un assouplissement monétaire et entretient la pression sur les rendements obligataires.
Mercredi concentrera une grande partie des statistiques américaines avec la publication de l'inflation PCE, des revenus et dépenses des ménages, des commandes de biens durables et de la seconde estimation du PIB du deuxième trimestre. L'inflation sous-jacente sera particulièrement surveillée alors que le marché estime actuellement à environ 40 % la probabilité d'une nouvelle hausse des taux de la Fed en septembre.
Le second grand rendez-vous sera le symposium de Jackson Hole, organisé du 27 au 29 août. Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, doit intervenir vendredi à 16 heures, heure de Paris. Son discours sera scruté pour obtenir des indications sur la trajectoire des taux, mais également sur la gestion du bilan de la banque centrale.
Avant cela, les investisseurs suivront dès ce lundi l'intervention du secrétaire américain au Trésor Scott Bessent. Celui-ci doit préciser les nouvelles sanctions économiques contre l'Iran, tout en revenant vraisemblablement sur les tensions observées récemment sur le marché obligataire américain. Les deux sujets sont étroitement liés : le conflit au Moyen-Orient entretient la hausse des prix de l'énergie et donc les pressions inflationnistes, ce qui contribue à maintenir les taux américains à des niveaux élevés.
Le contexte géopolitique constitue ainsi un risque supplémentaire pour les marchés. Les États-Unis préparent un durcissement majeur des sanctions contre l'Iran tandis que les tensions persistent autour du détroit d'Ormuz. Le Brent, après avoir gagné plus de 6 % la semaine dernière, évolue autour de 93 dollars le baril ce lundi matin. Une nouvelle flambée du pétrole compliquerait encore davantage la tâche des banques centrales en alimentant les anticipations d'inflation.
Pour le CAC 40, l'équation de la semaine apparaît donc relativement claire. Le rebond de vendredi constitue un premier signe de stabilisation après huit séances consécutives de baisse, mais il reste fragile. L'amélioration de l'activité en zone euro et la résistance de l'économie mondiale apportent un soutien fondamental aux actions. En revanche, la remontée des rendements obligataires, les tensions sur le pétrole et l'incertitude entourant la politique monétaire américaine continuent de limiter le potentiel de reprise.
La semaine devrait ainsi être rythmée par trois grands catalyseurs : les annonces de Scott Bessent sur l'Iran et les marchés obligataires, les résultats de Nvidia mercredi et le discours de Kevin Warsh vendredi à Jackson Hole. La combinaison de ces événements pourrait provoquer d'importants mouvements sur les taux américains, le dollar et les valeurs technologiques, avec des répercussions directes sur les marchés européens et sur le CAC 40.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Techniquement, l’indice parisien a formé vendredi une bougie de contre-attaque haussière, constituant un premier signal de réaction des acheteurs. Ce rebond intervient toutefois sous une résistance importante et après une longue séquence baissière. La séance du jour devra donc confirmer ce regain de momentum par un franchissement de cette zone. À défaut, plus le CAC 40 restera bloqué sous cette résistance, plus le risque d’un retour des vendeurs augmentera, avec une possible nouvelle accélération baissière en direction du prochain support situé autour de 8 280 points.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est positif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario haussier est valable tant que l’indice CAC 40 cote au dessus du support à 8280.00 points.
Le conseil BFM Bourse
Graphique en données horaires

Graphique en données quotidiennes
