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CAC 40

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Cac 40 : Le plan de relance européen dope le CAC 40 de 5,6% sur la semaine

vendredi 29 mai 2020 à 18h40

(BFM Bourse) - Le CAC 40 a subi vendredi une correction de 1,6%, liée notamment à l'inquiétude quant à la situation aux Etats-Unis où Donald Trump est confronté à de violentes manifestations après le drame de Minneapolis. Néanmoins, la performance hebdomadaire reste remarquable pour l'indice tricolore, grâce à l'annonce du projet de relance massive de la Commission européenne. Depuis son point bas de mi-mars, le CAC 40 a repris près de 30%.

Léger coup de frein pour le CAC 40 vendredi, au terme d'une semaine quasiment euphorique. Après quatre séances consécutives de forte progression (entre 1,46% et 2,15%), la cote parisienne a reculé de 1,59% à 4.695,44 points ce vendredi, ce qui représente néanmoins la meilleure clôture hebdomadaire depuis le mois de mars. À l'échelle de la semaine, l'indice gagne 5,64%, après un gain hebdomadaire déjà consistant de 3,9% au cours de la semaine précédente.

L'événement changeant le cours du jeu, le "game changer", a été cette semaine l'annonce par la Commission européenne d'un plan de relance extrêmement ambitieux de 750 milliards d'euros. "Depuis le début de la pandémie sanitaire, l'Europe avait beaucoup déçu. Ce mercredi 27 mai symbolisera peut-être son retour dans l'histoire et dans le cœur des Européens", salue la présidente du directoire de La Banque Postale Asset Management, Emmanuelle Mourey.

"La Commission européenne empruntera en son nom propre sur les marchés. Un endettement solidaire qui s'imposait comme seule mécanique viable : pour tous les pays touchés, la reprise sera européenne ou ne sera pas", indique-t-elle. "L'UE, qui a failli sur le front sanitaire, n'aurait pas survécu à une seconde faiblesse sur le front économique. La monnaie unique non plus : la fragilité de certains pays n'aurait résisté au double couperet de l'endettement et de la récession record".

L'après-crise se dessine

En outre, l'absence de signaux inquiétants quant à l'évolution de l'épidémie dans les pays précédemment touchés, alors même que les restrictions s'allègent de plus en plus (une situation qui n'est toutefois pas celle de tous les pays, comme le montrent les difficultés actuelles au Brésil), incite désormais les investisseurs à se tourner vers l'après-crise. Avec désormais l'espoir de voire l'activité repartir plus rapidement qu'on aurait pu le craindre, comme le montrent de façon encore anecdotique certaines tendances du côté de la consommation.

Les tensions aux Etats-Unis, aussi bien à l'intérieur du pays avec les émeutes de Minneapolis à la suite de la mort de George Floyd, asphyxié par un policier, que vis-à-vis de la Chine. Avec sur ces deux sujets, des réactions du président des Etats-Unis qui semblent jeter de l'huile sur le feu. Tout en faisant part de son indignation au vu des images de George Floyd agonisant, la trachée broyée sous le genou d'un policier, il a publié un tweet invitant l'armée à tirer sur des pillards qu'il estime se trouver parmi les manifestants. Sa réplique à la Chine après la loi sur la sécurité nationale à Hong-Kong n'était pas encore connue au moment de la clôture parisienne, alors que Donald Trump doit tenir une conférence de presse à ce sujet, mais l'incertitude entraînait Wall Street en repli également (près de -1% pour le Dow, -0,66% pour le S&P 500 alors que le Nasdaq était presque stable).

Escalade des tensions sino-américaines

Donald Trump accuse notamment Pékin d'avoir mal maîtrisé la gestion de la pandémie du coronavirus -qui a désormais fait plus de 100.000 victimes aux États-Unis- et de s'en prendre à Hong Kong. Considérant le projet de loi sur la sécurité nationale à Hong Kong comme une menace pour l'autonomie de cette ancienne colonie britannique, Washington a révoqué le statut spécial accordé à Hong Kong, ouvrant la voie à la suppression des privilèges commerciaux américains accordés au territoire tant qu'il était autonome, ne se justifiant plus s'il fait partie intégrante de la Chine.

Cela n'a pas empêché jeudi le parlement chinois de donner son aval à ce texte de loi qui prévoit de punir les activités séparatistes, "terroristes", la subversion, ou encore l'ingérence étrangère dans le territoire autonome chinois. Ce regain de tensions fait craindre aux investisseurs une reprise de la guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

Twitter et Facebook dans le viseur

Donald Trump a par ailleurs (de nouveau) visé jeudi le secteur technologique en annonçant un décret visant à limiter la protection des réseaux sociaux (notamment Twitter et Facebook) et leur marge de manœuvre dans la modération de leurs contenus. "La bataille personnelle de Trump contre les réseaux sociaux sera de courte durée si ses allégations sont injustifiées", estime néanmoins Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.

En termes de statistiques économiques, la chute du PIB français a été révisée à -5,3% au premier trimestre (contre -5,8% en première estimation fin avril), ce qui a permis au CAC d'effacer une partie de ses pertes initiales au cours de la matinée. Le taux d'inflation annuel de la zone euro a en revanche de nouveau ralenti en mai, à 0,1%, en grande partie à cause de la chute des prix de l'énergie, a annoncé vendredi l'Office européen des statistiques Eurostat dans une première estimation. En France, les prix à la consommation ont augmenté de 0,2% en mai 2020, après +0,3% le mois précédent, selon l'estimation provisoire réalisée par l'Insee.

Renault accuse le coup

Qualifié de "vital" pour garantir une performance solide et durable de l'entreprise, le projet de restructuration du groupe Renault passant par la suppression de près de 15.000 postes dans le monde reçoit un mauvais accueil en Bourse. L'action a flanché de 7,7%. Dans son sillage, Peugeot a reculé de 4,65%.

Les valeurs financières ont subi pour leur part les craintes au sujet de Hong Kong, première place financière d'Asie. BNP Paribas a perdu 4,3%, Société Générale 4,9% et Crédit Agricole 2,1%. Les menaces de guerre commerciale ont aussi affecté le luxe (-3% pour LVMH, -2,4% pour Kering tandis qu'Hermes a fini in extremis légèrement dans le vert améliorant ainsi encore un peu le record historique de la veille !).

Note dégradée pour Airbus, FDJ au sommet

Airbus, qui a vu sa note dégradée d'un cran par S&P Global Ratings, a lâché 5,7%, tandis qu'Accor a rétrocédé (-3,2%) une partie des gains accumulés lors des dernières séances.

Également à noter, le nouveau sommet atteint par le titre FDJ en séance, grâce au modèle économique particulièrement résilient du groupe face à la crise. L'action a gagné 0,9% en clôture.

Les cours pétroliers reculaient légèrement, pénalisés par la violente hausse des stocks de brut aux Etats-Unis et le regain de tension entre Pékin et Washington. À 17h45, le baril de Brent lâchait 0,5% à 35,85 dollars et celui de WTI 0,39% à 33,58 dollars.

Sur le marché des changes, enfin, la monnaie unique -toujours soutenue par l'annonce en milieu de semaine par la Commission européenne d'un plan de relance de 750 milliards d'euros- évoluait à un plus haut de deux mois face au billet vert, à 1,1118 dollar (+0,36%).

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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