(BFM Bourse) - L'indice parisien boucle cette première séance de la semaine sur un lourd repli, encaissant le regain de tensions sur les surtaxes douanières provoqué par Donald Trump.
La Bourse de Paris commence la semaine sur un gros os douanier. Son indice phare, le CAC 40 a abandonné 1,78% pour clôturer à 8.112,02 points, ce lundi 19 janvier.
Le marché a pris acte de la nouvelle offensive de Donald Trump sur les droits de douane...Sauf Wall Street dont les portes sont restées fermées en raison d'un jour férié commémorant la naissance de Martin Luther King.
Face au refus des Européens de voir le Groenland tomber dans l'escarcelle des États-Unis, le président américain a annoncé qu'il comptait instaurer des droits de douane additionnels de 10 points de pourcentage à l'encontre de huit pays, à compter du 1er février.
Une riposte de l'UE
Les pays visés sont la France, le Danemark, la Finlande, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, l'Allemagne et la Norvège. Le taux global passerait donc à 25% pour ces pays, à l'exception du Royaume-Uni (20%).
À l'annonce des nouvelles menaces douanières américaines, le président français Emmanuel Macron a indiqué qu'il plaiderait pour l'emploi de l'instrument anti-coercition européen.
Plusieurs agences de presse rapportent par ailleurs que l'Union européenne planche sur une riposte douanière et commerciale envers les États-Unis, pour un montant total de 93 milliards d'euros.
Le marché se rend compte qu'avec Donald Trump au pouvoir, les certitudes sur les droits de douane n'existent pas et la visibilité sur ce sujet reste très relative.
"La réaction initiale des marchés ressemblent à un cas d'école d'incertitude commerciale, rappelant qu'il est impossible de simplement emballer les droits de douane dans un joli paquet et de les ranger dans un tiroir lorsque le 'Tariff Man' (Trump) est au pouvoir", commente Stephen Innes de Spi AM;
"Cette fois-ci, la salve tarifaire de Trump n'a pas été présentée comme un moyen de pression pour régler les déséquilibres commerciaux ou l'accès aux Etats-Unis (… ) Au contraire, les droits de douane ont été utilisés comme levier dans un conflit stratégique plus large, avec le Groenland clairement mis en jeu", ajoute l'expert de marché.
Le luxe souffre, les spiritueux titubent
Du côté des valeurs, les spiritueux ont trinqué en réaction à la menace douanière, Rémy Cointreau perdant 4,4% et Pernod Ricard 2,1%.
Le luxe a souffert aussi, LVMH cédant 4,3%, l'action pâtissant aussi d'une dégradation de la part de Morgan Stanley., Kering a rendu 4,1% et Hermès -3,5%.
La tech a aussi été en délicatesse, avec STMicroelectronics (-4,8%) et Dassault Systèmes (-3,8%).
En revanche, la défense s'en est logiquement mieux tirée dans ce contexte de vives tensions géopolitiques avec en tête du CAC 40, Thales (+1,1%), ou bien Dassault Aviation (+4%) sur le SBF 120.
Du côté des petites et moyennes capitalisations, Pizzorno Environnement a bondi de 10%, alors que son actionnaire Paprec a pour projet de prendre le contrôle du spécialiste de la valorisation des déchets.
Riber a grimpé de 5,6% après avoir enregistré une commande au Japon pour une machine MBE 6000 destiné à l'industrialisation de lasers à boîtes quantiques. La Bourse accueille chaque annonce avec un enthousiasme non dissimulé, sachant que chaque système représente plusieurs millions d’euros de revenus.
Sur les autres marchés, l'euro prend 0,2% face au dollar, à 1,1644 dollar. Le pétrole est quasi stable. Le contrat de mars sur le Brent de mer du Nord grignote 0,05% à 64,16 dollars le baril tandis que celui de février sur le WTI coté à New York prend 0,13% à 59,42 dollars le baril.
