(Zonebourse.com) - Le CAC 40 était revenu à zéro sur l'année 2026 au terme de la séance de mardi. L'indice constitue la partie émergée de l'iceberg, parce que sous la surface, c'est le grand écart entre la star de ce début d'année, ArcelorMittal ( 35%) et le dernier de la classe, Stellantis (-31%). Revue d'effectif.
Un peu plus de deux mois après le début de l'année 2026, l'indice phare de la cote parisienne est revenu à l'équilibre, après un début d'année haussier. Le petit rebond initié hier ne remet pas en cause les mouvements de fond observés depuis quelques semaines. Voyons à quoi ressemblent le haut et le bas du palmarès, et les raisons pour lesquelles les sociétés concernées y figurent.
Démarrons par les mauvaises nouvelles.
Stellantis ferme donc la marche avec une baisse de plus de 30% en à peine plus de deux mois. Une baisse qui fait suite à un -40% en 2024 puis un -25% en 2025. Autant dire que le constructeur est le grand malade du CAC 40 depuis un moment. La nouvelle équipe de direction n'a pas appelé son plan de redressement "Reset" pour rien. Le groupe a pris acte récemment, avec une dépréciation XXL, de l'échec cuisant de sa politique commerciale et industrielle. Il va falloir du temps et de l'argent pour panser les plaies. Le marché n'est pas encore prêt à payer le redressement, au vu des défis structurels auxquels le secteur est confronté.
Capgemini suit, avec -24%. C'est assez rare pour le groupe de conseil français, même s'il sort lui aussi de deux millésimes négatifs (-16% en 2024 et -10% en 2025). Les investisseurs se demandent à quelle sauce le secteur va être croqué par l'IA. Il est évident qu'une partie des prestations basiques que les entreprises de services facturaient relativement cher risque de leur échapper à l'avenir. Le secteur a tenté d'expliquer qu'il est un catalyseur de l'IA, mais sans grand succès à ce stade. Le marché ne le classe pas dans la catégorie des gagnants de la rupture technologique.
Dassault Systèmes complète le podium des baisses, avec -24% en 2026. Quelle descente aux enfers pour le principal groupe de logiciels français ! Là encore, il y a de l'IA derrière tout ça, mais pas seulement. Dassault Systèmes a subi le sort des anges déchus, pris en tenaille entre une valorisation qui ne souffrait pas d'accrocs et une accumulation de mauvaises nouvelles. En outre, l'échec patent de la diversification dans la santé n'a pas été digéré. La méforme boursière (là aussi, DSY est un couteau qui tombe : 3e année dans le rouge) a fait ressortir les critiques sur la gouvernance. La pression a fini par pousser l'emblématique Bernard Charlès à la démission, en donnant les commandes à Pascal Daloz, qui va avoir fort à faire.
A l'autre extrémité du spectre, on retrouve ArcelorMittal et sa hausse de 35%. L'aciériste a conduit un recentrage et un désendettement qui ont été remarqués par la communauté financière ces dernières années. Il a depuis été happé par le retour en grâce de l'économie dite analogique par opposition au numérique. Du concret, du tangible et le contrôle de la source d'approvisionnement. Les valeurs des métaux et des mines sont furieusement tendance à l'heure où la souveraineté passe à nouveau par les matières premières.
Le groupe de semiconducteurs franco-italien STMicroelectronics ( 31%) signe son retour sur le devant de la scène. Longtemps dans le camp des laissés pour compte du secteur à cause d'une exposition un peu trop forte à un secteur automobile en pleine déconfiture et un peu trop faible au boom de l'IA, ST va mieux. Le groupe a été victime de la cyclicité classique des semiconducteurs, sans profiter du coup d'accélérateur de ses rivaux dopés à l'IA. Le point bas est désormais dépassé et la trajectoire des résultats, sans être flamboyante, est sur la pente ascendante.
Il fut un temps où certains investisseurs pensaient qu'il était plus excitant de regarder de la peinture sécher que d'investir dans les télécoms. Orange prouve le contraire depuis l'année dernière ( 47% hors dividende en 2025). Et 2026 a démarré sur des bases élevées puisque le groupe affiche 25% de hausse, ce qui lui vaut d'être installé sur la troisième marche du podium du CAC 40. Après avoir proposé des publications convaincantes au cours des derniers trimestres, l'opérateur a été tracté par la passion des investisseurs pour les infrastructures, notamment celles qui permettent de faire transiter les services IA. La probable réduction de quatre à trois opérateurs sur le marché français, synonyme d'un possible allègement de la pression concurrentielle, n'est pas non plus étrangère à la bonne santé boursière de l'entreprise.
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chiffres clés
Portefeuille Trading
+333.00 % vs +63.81 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008