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Cac 40 : Le marché parisien reprend déjà 1,5%, intégrant une restructuration inéluctable d'Evergrande

mardi 21 septembre 2021 à 18h00

(BFM Bourse) - Aux yeux de la plupart des analystes, Evergrande représente un cas à part au sein du gigantesque secteur immobilier chinois, et si une cuisante remise à plat de son bilan semble courue d'avance, le risque de contagion n'est pas significatif. Un scénario acheté mardi par les opérateurs, sans enthousiasme toutefois considérant que l'affaire ne se règlera pas en un tournemain.

"Evergrande n'est pas le Lehman Brothers chinois": si c'est sous la plume des analystes de Barclays qu'on trouve consacré, la tonalité était la même parmi l'ensemble de la production des bureaux d'études mardi, au lendemain d'une forte baisse (mais pas d'une débandade) des principales places financières provoquée par les craintes d'une faillite d'Evergrande.

Un défaut -ou une restructuration, terme pudique désignant au fond la même réalité- du deuxième plus grand promoteur immobilier de Chine apparaît imminent, mais les stratégistes estiment unanimement que cet évènement n'est pas à lui seul susceptible de provoquer une crise financière. La fragilité d'Evergrande, découlant de pratiques financières très agressives, est bien connue, les stress tests menés l'an dernier par l'autorité prudentielle chinoise l'ayant largement démontrée. Malgré ses efforts presque désespérés pour réduire son endettement, l'insoutenabilité fondamentale de son modèle de financement, et donc la nécessité de restructurer la dette, n'ont fait qu'apparaître de façon plus évidente encore cette année, pointe Lombard Odier. Pour cette raison, le probable destin d'Evergrande [une restructuration courue d'avance selon le bureau d'études] évoque les affres prévisibles d'une société à la faiblesse patente, plutôt qu'une défaillance inattendue.

Mais s'il faut s'attendre à assister à une "démolition contrôlée" de l'édifice Evergrande, l'inconnue aux yeux des investisseurs porte sur le risque d'une contagion aux marchés de capitaux chinois - à un moment où la croissance économique du pays tend à ralentir. Un réel défi pour les décideurs chinois, estime Barclays, les ingrédients d'une crise majeure (en termes de montants en jeu et d'exposition du secteur bancaire) ne sont tout simplement pas présents, selon la banque.

Quelque peu rassurés, les investisseurs sont donc repassés à l'achat, la séance se soldant pour l'indice parisien par un rebond de 1,50% à 6.552,73 points. Sur la journée ont été échangés 4,3 milliards d'euros, un volume important dans l'absolu, quoi qu'un peu en retrait par rapport aux 5 milliards d'euros (plutôt exceptionnels) traités lundi.

Outre-Atlantique, le rebond perdait de la vigueur à l'approche de la mi-séance, entre +0,2% et +0,4% pour les principaux indices à l'approche de la mi-séance américaine.

Parmi les principaux titres de la Bourse de Paris, le palmarès s'est terni en fin de séance pour certaines valeurs, le mouvement initial consistant à repêcher tout ce qui avait chuté la veille s'étant estompé. Exemple le plus frappant, celui d'ArcelorMittal passant du dernier rang lundi soir (-8%) à la plus forte hausse (+2,15%) à la mi-séance... Avant de subir une nouvelle volte-face pour clôturer sur un nouveau recul, de 1,8%, soit à nouveau la pire performance du CAC ! Ce sont finalement Saint-Gobain (+3,3%), L'Oréal (+3%), Teleperformance (+3% aussi), LVMH (+2,8%) et Pernod Ricard (+2,6%) qui ont fini en tête du peloton, notamment parmi eux les groupes susceptibles de bénéficier d'une reprise du trafic aérien et des achats en duty free.

En dehors d'ArcelorMittal, les baisses, minoritaires, concernaient plutôt des valeurs défensives (comme Veolia ou Legrand). Le cours de Vivendi a affiché un repli de 19,4%. Mais celui-ci même retraité de la distribution des actions UMG reste trompeur: le retraitement était effectué sur la base du prix de référence de 18,50 euros par action, mais en réalité Universal Music valait ce soir 25,10 euros pièce à la Bourse d'Amsterdam (+35,68% par rapport à ce prix de référence). Le vrai bilan est donc plutôt une progression globale de 6,4% de la valeur totale d'un investissement dans Vivendi d'une séance à l'autre.

Peugeot Invest jugé sous-coté

Hors de l'indice phare, la holding Peugeot Invest (dont les participations hors Stellantis représentent plus de la moitié de ses actifs) a grimpé de 7,2% alors que la dernière estimation de son actif net réévalué (ANR, qui estime la valeur cumulée de chacun des actifs d'un groupe) fait apparaître une décote excessive, selon Degroof Petercam, calculs à l'appui. Une autre holding familiale, Financière de l'Odet (actionnaire de Bolloré, lequel est le principal actionnaire de Vivendi) a grimpé de 2,4%, et Interparfums a regagné 4,5% alors que Midcap Partners juge que la correction récente est allée suffisamment loin.

Au chapitre énergétique, le cours du baril de Brent se contentait d'un rebond modéré de 0,41% à 74,22 dollars en fin de journée.

Sur le marché des devises, ou Forex, la parité euro / dollar demeurait peu changée à 1,1724 (soit une baisse symbolique de 0,03% pour la monnaie européenne).

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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