(BFM Bourse) - La Bourse de Paris souffre de l'aversion au risque à la mi-séance de ce lundi 9 mars.
Comme l'ensemble des places européennes, la Bourse de Paris est dans le dur ce lundi 9 mars. À la mi-séance, le CAC 40 perd près de 2%, abandonnant 1,9% à 7.840,27 points.
L'aversion au risque est motivée par la nouvelle poussée de fièvre sur les prix du gaz et du pétrole.
Le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord bondit de 14% à 105,94 dollars le baril, après avoir frôlé plus tôt les 120 dollars le baril. Celui de même échéance sur le WTI coté à New York gagne 13,9% à 103,52 dollars le baril.
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Du côté du gaz, le dutch TTF de Rotterdam, référence européenne, avance de 16,8%.
Ces fortes hausses sont provoquées par l'enveniment de la situation au Moyen-Orient où les frappes se poursuivent. Attaqués par Israël et les États-Unis, l'Iran continue d'attaquer les infrastructures d'hydrocarbures de ses voisins.
Face à ces bombardements, plusieurs pays producteurs de gaz et de pétrole de la région sont contraints d'abaisser leurs productions.
"On assiste à une réduction de 70% de la production dans les trois principaux champs pétrolifères d'Irak, et la forte baisse de la production au Koweït pourrait être suivie de mesures similaires aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite", alerte Derren Nathan, analyste chez Hargreaves Lansdown, cité par l'Agence France Presse.
Risques de stagflation
"Les tensions sont également attisées par la désignation de Mojtaba Khamenei comme successeur de l’ayatollah Ali Khamenei, une décision qui risque d'irriter Donald Trump, ce dernier ayant auparavant exprimé sa volonté de peser dans le processus de désignation du futur dirigeant iranien", développe pour sa part Matéis Mouflet, analyste chez XTB France.
"Le climat d’incertitude est aussi alimenté par l’évolution de la position de Donald Trump, qui semble de moins en moins opposé à une opération militaire sur le terrain, alors même qu’une large part de sa base y est fermement hostile", ajoute-t-il.
La flambée des cours du pétrole s'est toutefois atténuée lundi matin après que le Financial Times a rapporté que les pays du G7 tiendraient une conférence ce même jour. Les sept pays discuteront de la possibilité de se coordonner pour utiliser les stocks stratégiques de pétrole au sein de l'Agence internationale de l'énergie. L'idée serait de puiser dans ces réserves pour enrayer la hausse du brut.
La présidence de la République française a ensuite confirmé qu'un G7 finance serait organisé ce lundi et un G7 finance mardi.
"Une coordination des leaders du G7 sur la question énergétique est à l’étude. L’utilisation des réserves stratégiques est une option envisagée avec pour objectif de faire baisser les prix de l’énergie", a ajouté l'Élysée.
La hausse des cours du pétrole pose des risques de "stagflation", un scénario avec une envolée généralisée des prix alimentée initialement par les coûts de l'énergie qui serait couplée à une croissance anémique. Cette hypothèse entraîne actuellement des craintes sur les marchés obligataires, avec une forte progression des taux des différents titres d'État. Le rendement de l'obligation française à 10 ans prend ainsi 0,07 point de pourcentage pour se caler à 3,60%.
"Depuis le début du conflit en Iran, près de 6.000 milliards de dollars de capitalisation boursière mondiale se sont évaporés. Les marchés obligataires ont été également ébranlés, poussant les acteurs du marché à revoir rapidement leurs projections de taux d'intérêt", développe Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour Etoro.
Des marchés pessimistes, vraiment ?
Quelques nuances méritent toutefois d'être apportées. Dans une note rédigée ce lundi, Deutsche Bank écrit que les marchés "ne croient pas que cela va durer, les contrats à terme sur le pétrole prévoyant toujours un recul au cours des prochains mois".
"Cette hypothèse d'un conflit temporaire a empêché jusqu'à présent une chute encore plus importante des cours (de Bourse, NDLR)", souligne encore la banque allemande.
"Les marchés financiers semblent réagir comme si l’ensemble de la production pétrolière du Moyen-Orient était soudainement coupée du commerce mondial, ce qui ne correspond pas à la réalité", avance pour sa part Christopher Dembik, de Pictet AM.
L'expert de marché évoque notamment un point rassurant à savoir que "les pays producteurs de la région ont une attitude responsable".
"Ils ont rapidement limité leur production pour éviter une saturation de leurs capacités de stockage. L’objectif est de maintenir un niveau d’extraction réduit mais régulier afin de faciliter un retour à la normale plus rapide qu’en cas d’arrêt total de la production", développe-t-il.
"Selon nous, les prix spot du pétrole sont en partie déconnectés de la réalité sur le terrain, ce qui traduit une panique qui a vocation à retomber aussi vite qu’elle n’est apparue une fois que la situation militaire sera moins tendue", écrit encore Christopher Dembik.
Du côté des valeurs, seules deux valeurs du CAC 40 sont dans le vert à savoir Publicis (+0,2%) et Thales (+1,1%). Arcelormittal accuse le plus fort repli (-6%) suivi de Schneider Electric (-4,2%) et d'Unibail-Rodamco-Westfield (-3,7%).
Sur les changes, l'euro cède 0,5% face au dollar à 1,1562 dollar. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le dollar s'est renforcé face aux autres devises retrouvant son statut de valeur refuge. "La hausse des prix de l'énergie" constitue "un vent favorable pour le dollar", remarque Barclays.
