(BFM Bourse) - L'indice parisien lâche 3% ce mardi 3 mars, lesté par le risque inflationniste nourri par la récente envolée des prix de l'énergie.
La Bourse de Paris poursuit sa chute, toujours lestée par la guerre au Moyen-Orient. Son indice vedette, le CAC 40 abandonne encore 3% à 8.145,85 points ce mardi 3 mars, au lendemain d'un repli de près de 2,2%.
En Europe, la Bourse de Francfort lâche 4,10% et Milan plonge de 4,2%. Les investisseurs tentent toujours d'anticiper les répercussions macroéconomiques et sur les marchés de ce conflit au Moyen-Orient, qui entre dans son quatrième jour. L'onde de choc s'est aussi propagée en Asie, la Bourse de Séoul a plongé de 7%, et Tokyo a plié de 3% en clôture ce mardi.
Flambée des cours du pétrole
L'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran continue ce mardi 3 mars tout comme la riposte iranienne. L'armée américaine a affirmé avoir détruit des postes de commandement des Gardiens de la Révolution.
Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient a fait bondir les prix du pétrole et du gaz alors que la région joue un rôle central dans la production et l'exportation des hydrocarbures consommés à travers le monde.
Le détroit d’Ormuz, route maritime stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, est paralysé. Un responsable des Gardiens de la révolution a menacé de "brûler tout navire" qui tenterait de franchir ce passage clé du commerce d’hydrocarbures.
"Nous attaquerons également les oléoducs et nous ne laisserons pas une seule goutte de pétrole quitter la région", a-t-il affirmé.
En raison de ces perturbations, le pétrole continue sa franche ascension. Le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord prend 7,2% à 83,32 dollars le baril tandis que celui d'avril sur le WTI coté à New York bondit de 7% à 77,20 dollars le baril. Le gaz grimpe encore de plus de 20%, après avoir flambé de plus de 30% un peu plus tôt dans la journée.
Nouvelles pressions inflationnistes
Cette flambée des prix de l'énergie concentre les craintes des investisseurs qui redoutent de nouvelles pressions inflationnistes.
"Désormais, les regards se tournent de nouveau du côté du risque inflationniste que fait peser une telle hausse des cours du baril", note Valentin Urrutiaguer Responsable de la Gestion Cross-Asset chez Salamandre x Auris Gestion.
"Le risque évident est que cette hausse des prix de l'énergie ne se répercute sur les indices d'inflation plus larges. En 2023, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait calculé qu'une augmentation permanente de 10 % des prix du pétrole pourrait entraîner une hausse d'environ 0,4 % de l'indice global des prix à la consommation aux États-Unis après deux trimestres", explique Chris Iggo, Chair of the Investment Institute et CIO d’AXA IM Core chez BNP Paribas Asset Management.
Interrogé par le Financial Times, Philipp Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne a déclaré qu'une guerre prolongée au Moyen-Orient pourrait "exercer une pression à la hausse" sur l'inflation.
C'est dans ce contexte très particulier qu'ont été publiés les chiffres des prix à la consommation pour la zone euro en février. L'inflation a accéléré en février dans la zone euro, remontant à 1,9% sur un an, selon une première estimation.
Du côté des valeurs, Capegemini est la seule valeur du CAC 40 à surnager (+0,9%). Les 39 autres valeurs de l'indice vedette parisien sont emportées par cette nette aversion au risque, à commencer par les groupes de loisirs comme Accor qui abandonne encore 6,2%, payant son exposition relativement élevée au Moyen-Orient (10% du chiffre d'affaires). Lundi, le groupe hôtelier avait déjà lâché 8,9% à la Bourse de Paris. Engie perd 6%, Société Générale abandonne 5,8%.
Thales redonne 1,4%, les perspectives jugées prudentes par les analystes viennent éclipser une année 2025 solide pour le groupe de défense.
Hors indice phare, Air France-KLM plonge encore de 7%, alors que la hausse des cours du pétrole malmène les groupes aériens, en raison de l'augmentation de la facture carburant.
Sur les changes, l'euro perd 1% face au dollar à 1,1584 dollar.
