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CAC 40

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Cac 40 : Le CAC 40 succombe au chaos sur le marché pétrolier

mardi 21 avril 2020 à 18h00
Le marché parisien cède au chaos sur le marché pétrolier

(BFM Bourse) - Plombés par la panique qui règne toujours du côté du pétrole au lendemain d'une séance historique, les principaux indices boursiers mondiaux accusent le coup. Le CAC ne fait pas exception, cédant 3,7% en clôture après avoir étonnamment résisté la veille.

Cette fois-ci, la Bourse de Paris a craqué. Après s'être curieusementmontré impassible lundi (+0,65%) face au nouveau krach pétrolier et à une nouvelle salve calamiteuse de publications trimestrielles, le baromètre du marché parisien a fini par flancher mardi. Déjà en repli de 2,5% à la mi-journée, le CAC a accru ses pertes dans le sillage de l'ouverture en nette baisse des indices new-yorkais. À la clôture, l'indice vedette abandonne 3,77% à 4.357,46 points, dans un volume d'échanges resserré de 2,9 milliards d'euros.

Marée noire

"La marée noire! En l'absence d'autre événement majeur, la Bourse de Paris ne parvient pas à résister une nouvelle fois à la pression", a constaté Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance. Les opérateurs sont de moins en moins enclins à voir dans le prix négatif du pétrole WTI (West Texas Interdmediate) un épiphénomène lié à l'expiration imminente du contrat en question. C'est en effet le cours du contrat à terme sur le baril donnant lieu à une livraison le mois prochain, en mai, qui a chuté bien en-dessous de zéro lundi, les spéculateurs cherchant frénétiquement à se débarrasser de la patate chaude pour ne pas avoir à récupérer in fine la marchandise (et devoir payer un coût d'entreposage prohibitif).

Un cours qui "remonte" de 113% à 5,09 dollars vers 17h40 (avec très très peu d'échanges) ce mardi, jour de l'arrivée à expiration du contrat... mais si ceux à maturité plus éloignée conservent eux une valeur positive (pour l'instant?) le mouvement de baisse est néanmoins massif. À 17h45, le cours du contrat WTI pour livraison juin perd 35,78% à 13,12 dollars, et celui concernant le pétrole Brent de la Mer du Nord abandonne 24,99% à 19,18 dollars. Pas besoin de faire référence à l'aberration historique d'un prix de vente négatif sur un contrat précis pour voir que l'ampleur de la baisse trahit un véritable chaos sur le marché pétrolier. Face à une baisse inédite de la demande et alors que l'offre reste largement surabondante, les raffineries, réservoirs, oléoducs et autres tankers débordent.

Dans ce contexte, l'Arabie Saoudite et les pays membres de l'Opep envisagent de réduire leur production avec effet immédiat, sans attendre le 1er mai comme le prévoyait l'accord historique signé la semaine dernière donc. "Nous ne pouvons pas ne rien faire face à ce bain de sang" a ainsi déclaré un officiel saoudien au Wall Street Journal. Dans le même temps, Donald Trump a annoncé, via Twitter, sa volonté de soutenir massivement le secteur du schiste durement touchés par les prix bas en mettant des fonds à leur disposition. "Je ne suis pas sûr que les Russes, les Saoudiens et l’OPEP, qui ont accepté de faire l’effort de réduire leur production pour rééquilibrer le marché apprécient beaucoup..." prévient Benjamin Louvet, gérant matières premières chez Ofi Asset Management. Pour rappel, les Etats-Unis n'avaient pas proposé de réduire leur production, arguant qu'elle allait diminuer d'elle-même à mesure que les producteurs devaient fermer leurs puits.

Wall Street dans le rouge vif

L'appétit pour le risque des investisseurs commence par ailleurs à être sérieusement diminué par le début de la saison des publications trimestrielles. Selon le consensus actuel, les bénéfices des sociétés de l'indice phare américain S&P 500 pourraient connaître leur plus forte contraction depuis 2009, soit une baisse de 14,5% en moyenne, d'après Factset. Sauf que la baisse constatée sur les premières publications tourne plutôt à plus de 30%... D'autant que, comme le souligne Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance. la semaine va continuer d'être "rythmée par les publications de poids lourds de la cote de part et d'autre de l'Atlantique" et ce "dans l'attente, jeudi, de la réunion des chefs d'Etats européens qui débattront d'un accord sur des émissions de dettes de la part de la Commission européenne pour financer la reconstruction post épidémie". Ce mardi, les résultats dévoilés par Coca-Cola, Lockheed et Philip Morris sont parvenus à dépasser les attentes des analystes, mais cela s'avère largement insuffisant pour rassurer les investisseurs, inquiets de la situation sur le marché pétrolier.

Après avoir déjà terminé dans le rouge (-2,44% pour le Dow Jones, -1,8% pour le Nasdaq), les principaux indices de Wall Street évoluent de nouveau nettement dans le rouge mardi matin, avec des pertes comprises entre 2,5% pour le Dow et 3,4% pour le Nasdaq. Suffisamment rare pour le souligner, les plus grosses pertes du jour (-5,9% pour IBM, -4,3% pour Microsoft, -3,5% pour Apple), alors que Netflix doit présenter ses résultats après Bourse.

Autre tache sombre sur un tableau déjà très noir, "des craintes au sujet de la santé du dirigeant nord-coréen Kim Jong" pèsent aussi sur les marchés, relève Michael Hewson, analyste de CMC Markets, Selon un média sud-coréen en ligne, Daily NK, essentiellement géré par des Nord-Coréens ayant fait défection, Kim Jong Un aurait été récemment opéré en urgence pour des problèmes cardio-vasculaires et serait actuellement en convalescence.

Nouvelle flambée de Sartorius

Du côté de la Bourse de Paris, les annonces du jour sont plutôt contrastées. PSA grappille 0,3% (seule hausse de l'indice phare) après avoir dévoilé des revenus en retrait mais supérieurs aux attentes au premier trimestre, tandis qu'hors de l'indice l'équipementier Plastic Omnium cède 1% malgré des revenus moins dégradés que redouté. FDJ s'adjuge 4,2%, parmi les plus fortes hausses du SRD, en dépit de l'annonce d'un dividende revu en baisse. Mais le vrai champion de la matinée est sans doute Sartorius Stedim Biotech, qui fabrique des matériels et des consommables indispensables à la production de médicaments : le groupe franco-allemand s'offre un nouveau sommet historique, avec une capitalisation de plus de 20 milliards d'euros (bien au-delà de certains valeurs du CAC 40). D'autres annonces, chez le promoteur AST Groupe ou DMS sont aussi bien accueillies.

En revanche, les données trimestrielles de Danone (-2,7%) ou la diminution du dividende de Carrefour (-3,5%) passent moins bien auprès des investisseurs. Les valeurs pétrolières, logiquement, figurent parmi les plus fortes baisses.

Sans s'effondrer aussi brutalement que les cours instantanés du brut, Total lâche 3,8%, CGG 6,5% et TechnipFMC 7,2%. Safran (-8,6%) et Airbus (-6,6%) sont sanctionnés presque aussi fortement, et Air France-KLM recule de 3,1% - alors que les secteurs pétrolier et aéronautique évoluent généralement en sens inverse.

Du côté des devises, le billet vert remporte les suffrages, et l'euro cède 0,13% à 1,0857 dollar peu après 18h.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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