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CAC 40

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Cac 40 : Après un rebond initial, le CAC 40 perd à nouveau pied

jeudi 19 mars 2020 à 12h02

(BFM Bourse) - Comme chaque précédente tentative depuis ces derniers jours, le rebond du marché parisien suscité par les annonces de la BCE ne sert qu'à relancer aussitôt une vague de vente. Face aux incertitudes historiques, les investisseurs s'empressent de couper les positions dès qu'ils le peuvent.

Condamné à retomber ? Au lendemain d'une nouvelle lourde rechute des principaux indices européens, la BCE a décidé de prendre le taureau par les cornes, mercredi soir en lançant un programme supplémentaires de rachats de dette publique et privée de 750 milliards d'euros (s'ajoutant aux 120 milliards d'euros annoncés la semaine dernière). Dans un premier temps jeudi matin, l'annonce a permis au CAC 40 de regagner jusqu'à 3%. Mais une nouvelle fois, le rebond ne fait que fournir une occasion aux investisseurs pour réduire leurs positions, et l'indice phare repasse déjà dans le rouge à la mi-séance. Vers 12h10, le CAC 40 recule ainsi de 0,25% à 3.745,46 points.

"Whatever it takes" 2.0

"Les temps extraordinaires nécessitent une action extraordinaire", a tweeté la présidente de l'Institut de Francfort, Christine Lagarde. Elle a par ailleurs assuré qu'il n'y avait "pas de limites à notre engagement envers l'euro", suggérant que d'autres mesures sont encore susceptibles de suivre, et ce quitte à utiliser "le plein potentiel de nos outils".

En ajoutant aux mesures annoncées hier les rachats d'actifs repris en septembre 2019 à raison de 20 milliards d'euros par mois et l'enveloppe de 120 milliards d'euros débloquée le 12 mars comme première réponse à la crise sanitaire et celle de ce mercredi, les interventions de la BCE vont s'élever (pour l'instant) à 1.050 milliards d'euros sur les neuf mois restants de 2020, soit près de 117 milliards d'euros engagés par mois. Le calibre de l'artillerie déployée par l'institution monétaire européenne est ainsi encore supérieur à celle de la banque centrale américaine (Fed), qui a annoncé lundi l'achat de 500 milliards de dollars de bons du Trésor et de 200 milliards de dollars de titres hypothécaires, pour "soutenir le bon fonctionnement" de ces marchés "qui sont au cœur des flux de crédit aux ménages et aux entreprises".

Macron applaudit la BCE

Emmanuel Macron, qui avait estimé il y a six jours que le premier train de mesures de la BCE n'allait pas assez loin, a exprimé mercredi son "plein soutien aux mesures exceptionnelles" de la BCE. "À nous, Etats européens, d'être au rendez-vous par nos interventions budgétaires et une plus grande solidarité financière au sein de la zone euro", a-t-il ajouté.

Pour le stratégiste de Pictet Wealth Management spécialiste de la BCE Frédérik Ducrozet, la réponse de la BCE est "massive à tous les niveaux, taille, flexibilité, portée et engagement à "revoir les limites" de ses achats fixés à ce jour à 33% du stock de la dette par pays" indique-t-il. Juste après l'annonce de l'institution mercredi soir, le stratégiste semblait encore plus satisfait : "Cela valait la peine d'attendre. Décision historique de la BCE. Aucune limite dans le cadre du mandat. Aucune contrainte sur les mesures de crise budgétaire. Croyez-moi, cela pourrait suffire !" pour faire face aux répercussions économiques de la crise sanitaire, tweetait-il.

Mais du côté de Barclays, les analystes estiment qu'avec ce paquet, "la BCE s'en tient à son point de vue selon lequel le problème à résoudre est d'assurer la liquidité des marchés financiers et le crédit à l'économie, alors qu'une baisse des taux, attendue par certains acteurs du marché, n'a pas été jugée pertinente dans le contexte actuel".

Le rebond aussitôt vendu

Après une ouverture en timide rebond, le CAC a d'abord pris de la hauteur pour gagner jusqu'à 3% en matinée, après une nouvelle lourde perde de 5,94% mercredi. Avant de laisser filer ces gains une nouvelle fois éphémères...

Récemment massacré en Bourse, Unibail-Rodamco-Westfield reprend 7,6% à 12h10, en tête du CAC 40, après avoir affirmé disposer de 10,2 milliards d’euros de cash et de lignes de crédit non tirées, assurant ainsi disposer de liquidités suffisantes pour assurer ses besoins de financement. Airbus Group, laminé mercredi, remonte de 6,6%. Vivendi et Orange, dont l'activité apparaît en partie protégée de la crise, du moins à court terme, prennent respectivement 6,6% et 4,7%. Sodexo reprend 3,9% et Vinci 3,2%.

Parmi les valeurs qui ne parviennent toujours pas à rebondir, on trouve ArcelorMittal (-6,4%), Schneider (-6%) ou encore Axa (-5,5%).

Le pétrole se reprend en partie

Sur le marché pétrolier, au lendemain d'unee nouvelle journée noire qui a vu le baril de Brent tomber sous les 25 dollars pour la premièr fois depuis 2003, le rebond des cours apparaît se maintenir. Sans toutefois compenser les pertes de la veille (-15% pour le Brent, plus de 20% de repli pour le WTI), le baril de pétrole de la Mer du Nord reprend 5,35% à 26,21 dollars et le baril texan gagne 11,63% à 22,74 dollars.

Enfin, sur le Forex, la monnaie unique amplifie son recul face au billet vert (-1,18% à 1,0788 dollar).

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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