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Renault : Après avoir perdu près de 25% l'an passé, Renault a-t-il les reins assez solides pour se relancer en Bourse en 2026?

Aujourd'hui à 12:00
Renault à la relance en 2026?

(BFM Bourse) - Le constructeur automobile a souffert en 2025, perdant notamment son charismatique directeur général, Luca de Meo. Pour cette année, les analystes sont divisés. Mais plusieurs jugent que la résilience du groupe au losange est dépréciée par le marché.

Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour Renault en Bourse. En 2024, le groupe au losange avait vu son action bondir de 27,5%, signant la sixième meilleure performance du CAC 40.

La société automobile avait alors défié la morosité ambiante sur son secteur. Avec Ferrari, Renault était le seul constructeur en Europe à ne pas avoir lancé d'avertissement sur résultats en 2024. La société récoltait alors les fruits de sa discipline sur les coûts et de ses lancements réussis de nouveaux modèles.

L'entreprise de Boulogne-Billancourt a déchanté en 2025. Son action a chuté de 24,7%, la quatrième plus forte baisse du CAC 40. Une baisse d'autant plus marquante que Renault n'a pas d'exposition directe aux États-Unis et donc aux droits de douanes américains. Or ce sujet a plombé plusieurs de ses rivaux européens, notamment Stellantis.

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Départ du pilote et avertissement sur résultats

Renault a essuyé plusieurs coups durs l'an passé. Son directeur général, Luca de Meo, grand artisan de son redressement depuis 2020, a quitté en juillet la société pour prendre la direction de Kering. Le dirigeant a été remplacé par un de ses anciens lieutenants, François Provost.

Renault a aussi émis en juillet un lourd avertissement sur résultats, en raison notamment de la faiblesse du marché des véhicules utilitaires en Europe. Le titre avait perdu 18,5% sur une seule séance, sa plus forte chute sur une journée depuis mars 2020 et l'éclatement de la pandémie.

La société s'est encore retrouvée sous pression après la publication de ses revenus du troisième trimestre, pourtant en ligne avec les attentes des analystes.

Les commentaires du directeur financier, Duncan Minto, avaient alors entraîné des inquiétudes sur une dégradation du "pricing" (l'environnement de prix) chez le groupe au losange.

"Nous pensons que le marché s'inquiète (à juste titre) des prix, mais la solide croissance des volumes et l'accent continu mis sur la réduction des coûts contribuent à soutenir la rentabilité", nuançait HSBC en novembre.

Des vents défavorables sur les marges?

Quid de 2026? Le constructeur automobile a-t-il les moyens de repartir du bon pied? Les analystes restent relativement divisés.

UBS se montre sceptique. La banque suisse a abaissé son conseil à "vendre" sur le groupe, le mois dernier. L'établissement helvétique estime que Renault subira une "normalisation" de sa rentabilité cette année, c'est-à-dire concrètement que ses marges baisseront. UBS table ainsi sur une marge opérationnelle de 5,1% pour le groupe en 2026 après 6% en 2025.

La faute à plusieurs éléments négatifs pour la rentabilité du constructeur automobile. UBS cite, en premier lieu, la montée en puissance des véhicules électriques dans la répartition des ventes, ce type de motorisation étant moins bien margée que les hybrides et thermiques. La banque suisse pointe plus particulièrement l'électrification de la gamme de Dacia, "la marque la plus rentable au sein de Renault Group", qui pourrait retrancher entre 50 points de base (0,5 point de pourcentage) et 200 points de base à la marge opérationnelle d'ici 2027.

L'augmentation des ventes hors Europe (Inde, Brésil, Turquie, Corée du Sud...), qui devrait constituer un des grands axes du futur plan stratégique, permettra de diversifier l'empreinte géographique du groupe. Mais UBS estime que cette internationalisation aura également un impact dilutif sur les marges. La banque chiffre cet impact entre 50 et 100 points de base d'ici à 2030.

Au-delà de ces deux exemples, l'établissement suisse pense que les prix de Renault s'effriteront cette année sous le poids de la pression concurrentielle. Ce alors que, selon UBS, les tarifs de la société sont toujours supérieurs d'environ 25% à leur niveau pré-Covid.

La banque s'attend à ce que le résultat opérationnel de la division automobile du groupe chute d'environ 20% en 2026, à environ 1,83 milliard d'euros, en raison d'un impact de plus de 770 millions dû à des effets défavorables sur les prix et le 'mix' (la répartition des ventes).

Une valorisation à la casse

Par ailleurs, Renault n'a pas forcément envoyé des signaux très rassurants ces derniers jours.

La semaine dernière Oddo BHF a organisé une conférence à laquelle a participé le groupe automobile. Le courtier a rapporté que la société avait livré un message "prudent" sur ses marges pour 2026, n'excluant pas que sa rentabilité opérationnelle passe sous la barre des 6% quand le consensus (la prévision moyenne des analystes) retient 6,2%.

Oddo BHF écrit que ces indications ont pu être "décevantes". Le bureau d'études note toutefois que la société se montre plus optimiste sur les revenus pour 2026, suggérant que le résultat opérationnel pourrait, in fine, ne pas être si éloigné des attentes.

Face à ces inquiétudes sur la rentabilité, Plusieurs bureaux d'études avancent que la valorisation du groupe s'avère attrayante. Peut-être trop pour être ignorée.

C'est le cas de Bank of America, passée à l'achat en décembre sur le constructeur automobile. "Il ne faut pas grand-chose pour être plus optimiste à l'égard de Renault. La valorisation est très bon marché", résume le groupe américain.

Le titre ne s'échange que 4,3 fois les bénéfices attendus au cours des 12 prochains mois, soit 20% de moins que pour Stellantis. Et, en retraitant la position de trésorerie et la participation dans Nissan, le marché accorde une valorisation négative au groupe (plus exactement à ses activités automobiles et de financement), pointe Bank of America.

L'établissement considère également que respecter l'objectif de marge opérationnelle pour 2025 (environ 6,5%) pourrait rassurer le marché lors de la publication de ses résultats annuels, le 19 février prochain.

"Les fondamentaux de Renault sont solides (un nouveau directeur général pragmatique, des produits de qualité, une forte attention portée aux coûts), mais le contexte externe est difficile, et la pression commerciale en Europe ne devrait pas s'améliorer en 2026/27, selon nous", décortique de son côté Barclays.

La banque britannique est toutefois à "surpondérer" sur le titre. Barclays apprécie le rendement élevé du groupe en matière de génération de trésorerie.

L'établissement pense, par ailleurs, que Renault sera un gagnant potentiel des mesures présentées en décembre dernier par la Commission européenne pour alléger la pression sur les constructeurs en matière d'émission de Co2.

La journée investisseurs comme catalyseur?

La Commission a notamment proposé de renoncer au 100% électrique en 2035, pour revenir à 90%, sous réserve de compensations via l'usage d'acier bas carbone ou de biocarburants.

Oddo BHF considère également que Renault pourrait constituer le "principal gagnant" du paquet de mesures soumis par Bruxelles, en raison de la forte européanisation de ses ventes (70% du total).

Citi, pour sa part, juge que le marché fait preuve d'un excès de pessimisme à l'égard du groupe. "Nous continuons de considérer que Renault est sous-évalué en raison d'une vision trop négative. Il est clair que le titre reste un indicateur de la menace concurrentielle chinoise, alors que (le groupe) a démontré une rentabilité et une résilience à son marché meilleures et plus durables ces dernières années", avance la banque américaine.

Même si 2026 pourrait être une année de légère baisse des résultats," nous pensons que la nouvelle direction de Renault continuera de surprendre positivement les investisseurs par sa résilience", insiste Citi, à l'achat sur le titre.

"Le nouveau directeur général, François Provost, semble avoir stabilisé la barque", abonde Bernstein. L'intermédiaire financier, qui est à "surperformance" sur le titre, rappelle que les versions électriques des modèles iconiques de Renault, R5 et R4, se 'vendent bien".

De plus, "le programme LEAP100 du groupe, qui réduit les délais de développement et de lancement à moins de deux ans, le place à l'avant-garde de ses concurrents historiques", ajoute Bernstein. Le bureau d'études invite par ailleurs à surveiller les lancements des nouveaux modèles Twingo et Dacia, cette année.

Plusieurs analystes estiment que la futur journée investisseurs (le "Capital Market Day") de Renault, qui doit être organisée d'ici à la fin du premier trimestre, pourrait constituer un catalyseur.

"Nous sommes convaincus que la trajectoire livrée lors du futur Capital Market Day devrait afficher une amélioration des marges après 2026, ce que nous considérons comme positif pour l''equity' story (l'histoire qu'une entreprise raconte au marché pour le convaincre, NDLR)", écrit Oddo BHF.

Bank of America évoque également cet évènement comme un futur catalyseur. La banque s'attend à ce que François Provost prévienne que la rentabilité reculera en 2026 mais se redressera ensuite les années suivantes. Dans la mesure où les attentes sur l'évènement sont, selon elle, faibles, le marché pourrait réagir positivement à de telles annonces.

"Nous pensons que la configuration pour Renault est orientée à la hausse: le simple fait de maintenir les marges stables en 2026 par rapport à 2025, ainsi qu'un Capital Market Day présenté avec confiance, pourraient suffire à faire grimper l'action en 2026, effaçant ainsi la perte de confiance dans le titre", juge, pour sa part, Bernstein.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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