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Genfit : Avant le verdict prochain sur la molécule de Genfit, l'enjeu pour le secteur a bien diminué

samedi 15 février 2020 à 07h30
Avant le verdict sur la molécule de Genfit, l'enjeu pour le secteur a bien diminué

(BFM Bourse) - Les résultats de la phase finale des essais de la molécule phare de la biotech française sont attendus avant la fin du premier trimestre. Une échéance longtemps redoutée par les acteurs du secteur, craignant qu'un échec ne coupe durablement l'appétit des investisseurs pour le secteur. Mais la stature boursière de Genfit a nettement diminué depuis cinq ans. Et de nombreux échecs cliniques dans sa spécialité, la NASH, ont largement préparé le terrain à une mauvaise nouvelle potentielle.

Il arrive à Goldman Sachs de se tromper, et pas seulement au sujet du pétrole. La banque d'investissement américaine avait spectaculairement fait fausse route en prédisant en 2008, au pic de la hausse des matières premières, un pétrole à 150-200 dollars le baril sous six mois à deux ans. Elle n'a guère été plus clairvoyante en annonçant en début d'année dernière que 2019 serait "l'année de la NASH" pour le secteur des biotechs. Les déceptions relatives aux projets de traitement de cette maladie silencieuse du foie, mise en avant en France par le journaliste Pierre Menès, se sont en effet accumulées l'an dernier.

L'engouement pour la NASH s'est essoufflé au gré des échecs cliniques de la concurrence

Et la valorisation des plus sérieux candidats -dont le lillois Genfit- à la mise sur le marché d'un traitement de cette "stéatohépatite non alcoolique", à laquelle il n'existe pas de réponse médicamenteuse alors qu'elle concerne un pourcentage important de la population, est tombée à un plancher de plusieurs années à l'automne (avant de rebondir quelque peu en fin d'année).

Paradoxalement, l'érosion de l'intérêt des investisseurs pour la NASH, et la prise de conscience de l'ampleur des obstacles avant de faire une réussite commerciale des projets en cours, est sans doute une bonne nouvelle pour le secteur français des biotechnologies.

À la faveur d'une envolée ahurissante entre 2012 et 2014 (le cours avait été multiplié plus de trente fois), la société co-fondée et dirigée à l'époque par Jean-François Mouney avait été la première biotech tricolore à passer la barre du milliard d'euros de capitalisation, en repositionnant sur la NASH (reconnue priorité sanitaire par l'agence américaine du médicament) une molécule initialement développée pour les maladies cardio-vasculaires, le GFT-505, baptisée depuis élafibranor.

Succès au Nasdaq malgré une déception majeure en 2015

En mars 2015, le cours avait perdu 44% en une séance à cause de l'échec d'un essai important, où le critère principal de mesure d'efficacité d'élafibranor n'avait pas été atteint de manière statistiquement significative. La firme établie à Loos, à deux pas du CHU de Lille, s'est efforcée de relativiser cette déception, mettant notamment en avant le fait que l'efficacité était apparue plus flagrante sur certains patients les plus atteints.

Malgré ce repli, Genfit a conservé une certaine attraction, à la faveur d'avancées parallèles de ses programmes (sur le développement de biomarqueurs de la maladie ou d'un essai de la molécule dans une maladie rare du foie) et, parfois, de rumeurs d'intérêt d'un laboratoire tel que Novartis.

Un cours de Bourse reflétant des attentes nettement moins ambitieuses depuis cinq ans

Si en cinq ans la capitalisation a fondu de plus de 70%, par rapport aux cimes foulées en 2015, l'entreprise a ainsi pu continuer à se financer, bouclant en particulier son IPO au marché de référence, le Nasdaq américain (levant 155,4 millions de dollars au total, avec l'exercice par les banques de leur option de surallocation) et en signant un accord rémunérateur avec un acteur chinois, Terns.

Toutefois, la litanie des échecs des derniers mois -notamment celui de Conatus et de CymaBay, ou encore l'abandon implicite du projet du géant Gilead dans ce domaine, a en effet obligé les investisseurs à réduire réduit leurs anticipations vis-à-vis du marché de la NASH. Et accru au contraire la prime de risque sur Genfit.

Un impact à relativiser en cas de mauvaise nouvelle

À quelques semaines de l'annonce des premiers résultats de la dernière phase clinique (phase 3), soit les analyses des biopsies du foie des 1.000 premiers patients après 72 semaines de traitement, l'enjeu reste déterminant pour l'avenir de Genfit. Mais le fait même que le titre a déjà purgé une bonne partie de son envolée suggère que les investisseurs passeront plus rapidement à autre chose en cas d'échec. Le verdict quel qu'il soit sur élafibranor ne sera pas l'ordalie redoutée à l'échelon du secteur biotechnologique tricolore.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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