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Genfit : Avec Terns, Genfit signe l'un des plus gros accords de licence pour le marché chinois

mardi 25 juin 2019 à 12h19
Interview de Jean-Christophe Marcoux, directeur stratégie de Genfit

(BFM Bourse) - La biotech lilloise a signé un accord concédant les droits de sa molécule élafibranor sur le marché chinois élargi dans le cadre d'un accord allant jusqu'à 228 millions d'euros, dont un versement immédiat de 35 millions de dollars. Jean-Christophe Marcoux, membre du comité exécutif en charge de la stratégie de Genfit, revient pour BFM Bourse sur les modalités de l'accord et les perspectives qu'il ouvre à l'entreprise vis-à-vis d'un marché qui connaît une épidémie de troubles métaboliques.

BFM Bourse: Quel est votre sentiment à l'annonce du partenariat conclu entre Terns et Genfit?

Jean-Christophe Marcoux : C’est l’aboutissement de démarches menées depuis quelques années et surtout une superbe nouvelle pour Genfit, avec un accord qui se situe clairement comme l’un des plus importants jamais signés pour les droits relatifs à un seul produit sur le marché chinois, avec un montant très au-dessus de la moyenne [selon une étude de la banque d’investissement Torreya, les accords qui se sont multipliés en Chine l’an dernier représentaient en moyenne 95,6 millions de dollars, dont 10,9 millions d’upfront, NDLR].

BFM Bourse: Comment Genfit a-t-il fini par choisir Terns?

Jean-Christophe Marcoux: Nous avons d’abord été contactés il y a plusieurs années par de grosses pharmas chinoises mais celles-ci sont généralement peu innovantes, plutôt bureaucratiques et axées sur les génériques (ce qui découle de la façon dont s’est historiquement structuré le marché pharmaceutique chinois). Nos discussions n’avaient pas permis de lever nos doutes sur la capacité de nos interlocuteurs de l’époque à gérer l’innovation. Dans un second temps, nous avons mandaté une banque spécialisée en vue de rencontrer des acteurs plus pointus, mais nous sommes alors tombés dans l’autre extrême : c’est-à-dire des start-up lancées par des entrepreneurs chinois au parcours souvent international sur des projets prometteurs, mais encore au stade de l’amorçage, sans capacité à déployer le produit donc pour le coup trop en amont par rapport à nos besoins.

Nous avons alors recentré notre cahier des charges pour identifier un partenaire disposant à la fois d’une réelle culture de l’innovation, d’une capacité de développement de produit et d’un focus maladies métaboliques et la NASH [la "maladie du foie gras humain", NDLR] en particulier, ceci en plaçant d’emblée la barre assez haut sur le plan financier. Deux ou trois partenaires potentiels seulement pouvaient répondre à ces critères et le choix de Terns est rapidement apparu comme une évidence.

BFM Bourse: Terns Pharmaceuticals a été créée récemment et n'est pas encore coté, les actionnaires ne la connaissent pas forcément. Pouvez-vous la présenter davantage ?

Jean-Christophe Marcoux: Pour présenter cette société, rappelons qu’il s’agit de facto d’un spin-off d’Eli Lilly, ayant repris tous les actifs du groupe américain dans la NASH, financée par des fonds aussi réputés qu’Orbimed et Vivo entre autres. Si la création de Terns est effectivement récente, son équipe dirigeante bénéficie d’une expérience remarquable notamment chez Novartis et Gilead. En outre, la société dispose d’une assise idéale à la fois aux Etats-Unis, dans la région de la baie de San Francisco [l’un des principaux pôles américains de la biotech, avec la région de Boston, NDLR] et en Chine dans la région de Shanghai en particulier. Weidong Zhong, le PDG, est particulièrement bien connecté aux grands établissements hospitaliers et aux KOL [leaders d’opinion] qui jouent un rôle essentiel dans le déploiement du produit. Ces caractéristiques cochaient donc toutes les cases que nous cherchions, avec en outre une forte adéquation en termes de culture entrepreneuriale et médicale, et même sur le plan financier via Orbimed (qui était aussi l’un des principaux investisseurs lors de l’introduction de Genfit au Nasdaq). Cela nous rend très confiants sur notre capacité commune de progresser rapidement sur le marché chinois.

BFM Bourse: Comment envisagez-vous les prochaines étapes avec eux ?

Jean-Christophe Marcoux: Elafibranor devient de facto le produit le plus avancé du portefeuille de Terns et se positionne aussi, compte tenu des résultats obtenus en phase 2 [étape intermédiaire des essais cliniques, NDLR] dans la résolution de la NASH, comme la molécule de base dans de futures combinaisons. A l’heure actuelle la CFDA (Chinese FDA, l’agence réglementaire) connaît une mutation de son fonctionnement afin de faciliter le développement et l’approbation des molécules innovantes qu’elles aient été développées par des sociétés plutôt occidentales aujourd'hui et demain également chinoises.

C’est évidemment une dynamique intéressante dont nous voulons profiter, d’autant que parallèlement l’épidémie d’obésité et de diabète liée à l’occidentalisation du mode de vie de la classe moyenne chinoise représente un important besoin médical. Une étude parue l’an dernier dans Nature a ainsi montré qu’en seulement six années, la prévalence de la NAFLD [symptôme du foie gras précédant l’apparition de la NASH proprement dite, NDLR] a doublé !

C’est un phénomène qui s’observe surtout dans les grandes métropoles. On ne peut pas considérer le marché chinois comme un bloc de 1,4 milliard de personnes. En termes de déploiement commercial il faut donc cibler les grands hôpitaux des principales villes. Grâce à la proximité de Terns de ce marché nous sommes donc bien placés pour concentrer les ressources là où nous sommes susceptibles d’obtenir le plus grand retour sur investissement.

BFM Bourse: D'autres options qu'un accord de licence ont-elles été discutées ?

Jean-Christophe Marcoux: Nous voulions un deal simple à mettre en place (tout en étant suffisamment rémunérateur) pour avancer vite car le facteur temps est primordial. Rien n’empêche que la collaboration se renforce au fil du temps mais démarrer avec un accord de licence rapidement et efficacement faisait le plus de sens à ce stade. Maintenant les bases de la collaboration sont fortes et forment un terreau fertile. Nous avons hâte d’avancer avec les équipes de Terns et nous envisagerons au fur et à mesure les options les plus pertinentes pour créer de la valeur.

Propos recueillis par Guillaume Bayre - ©2019 BFM Bourse
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