(BFM Bourse) - Les récentes déclarations rassurantes du président de la banque centrale américaine, conjuguées à la la perspective d'un allègement de la politique zéro-Covid en Chine, sont désormais pleinement intégrées dans les cours d'un CAC 40 qui plafonne dans la construction de son rally débuté à la fin du mois de septembre. Tout l'enjeu reste l'anticipation par le marché de l'allure de la courbe des Fed Funds. Une ascension plus calme, mais potentiellement plus longue, avec un sommet plus haut qu'anticipé ? Les indices n'ont pas manqué la semaine dernière, avec en particulier des prix PCE plus cléments qu'anticipés, mais un rapport sur l'emploi américain montrant encore des signes de tensions.
Le traditionnel NFP (Non Farm Payrolls) a pris tout son sens après le ton étonnamment souple adopté par le patron de la Fed en milieu de semaine dernière et la publication d'une inflation (PCE) confirmation un ralentissement de la hausse des prix. Le rapport est de nature à tendre de nouveau l'ambiance, montrant des signes de tension persistantes. Car si le taux de chômage est ressorti à un niveau stable, à 3,7% de la population active, le nombre de créations de postes dans le secteur privé (hors agriculture) est resté haut, à 263 000 nouvelles unités, largement au-dessus de la cible; et surtout, la dynamique des salaires (+0,6% en rythme mensuel) ne montre aucune signe d'accalmie.
"L’économie mondiale a ralenti, mais est-ce suffisant pour calmer les pressions inflationnistes et notamment celles découlant du niveau des salaires ?" s'interroge Emmanuel Auboyneau, Gérant Associé Amplegest. "Ce n’est probablement pas le cas dans l’esprit de nos banquiers centraux, qui alternent entre discours plus conciliants et résolution à combattre la hausse des prix. Une pause dans la montée des taux est encore prématurée à ce stade."
Côté valeurs, Sanofi a reculé de 2% après avoir confirmé envisager une offre sur la biotech irlandaise Horizons Therapeutics, dont la capitalisation boursière approche les 23 milliards de dollars. Le groupe a précisé que toute offre, si elle devait avoir lieu, se ferait en numéraire. Aramis Group a chuté de son côté de 4,5% après avoir publié une perte pour l’ensemble de son exercice 2021-2022, clos en septembre, une première en 20 ans.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé en ordre dispersé, non loin de l'équilibre: +0,10% à 34 429 points pour le Dow Jones et -0,18% à 11 461 points pour le Nasdaq Composite. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a clôturé en très légère baisse, de 0,12% à 4 071 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,0560$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 80.30$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce lundi, une batterie de PMI en données finales pour le mois de novembre (données Zone Euro à 10h00) ainsi que l'ISM services américain à 16h00.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Les cours de l'indice phare parisien sont désormais en partie haute d'un range entre 6 550 points et 6 740 points, dans lequel, jusqu'à présent, se dessinait l'amorce d'une figure chartiste. Celle-ci ne se poursuivrait qu'en cas de décrue au sein du canal latéral. A l'inverse, un dépassement franc, sur gap non contesté par exemple, viendrait ouvrir la voie à une atteinte rapide des 6 900 points. Dans l'immédiat, une nouvelle respiration des cours sous les 6 740 points est le scénario privilégié, qu'est venu confirmer le contenu du rapport NFP vendredi.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 6898.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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